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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 18:21
Les souvenirs de Gilles Jacob

"Les pas perdus. Extraits :

Je me souviens de "Souriez, vous êtes filmés !"

Je me souviens de : "Des pâtes, des pâtes, oui mais des Panzani."

Je me souviens de : "Ah ! Vous avez souri, ne dites pas non, vous avez souri !"

Je me souviens de la mer Mé-Mé-Mé-diterranée, ohé, ohé...

Je me souviens de  : " Y a pas marqué la Poste !"

Je me souviens de "22 v'là les flics"

Je me souviens d'Yvonne de Carlo qui aurait été la plus belle fille de monde si Rita Hayworth...

Je me souviens de l'eau de Botot, du Synthol, du bleu de méthylène, des inhalations à l'eucalyptus, de la Boldoflorine, je me souviens du mercurochrome, de la Spasmosédine, du Schoum, de l'Hepatoum, de l'huile Goménolée, des petites pilules Carter...

Je me souviens de la Jouvence de l'Abbé Soury.

Je me souviens que ma grand-mère serrait fort entre ses genoux le moulin à café qui devait broyer les grains et dont la manivelle souvent renâclait.

Je me souviens que Claude Laydu était plus connu pour Bonne nuit, les petits, que pour son rôle dans Le journal d'un curé de campagne.

Je me souviens de Ton thé t'a-t-il ôté ta toux ?

Je me souviens que des paysans m'avaient dit : "Et ta soeur, elle bat le beurre ?"

Moi qui venait de la ville, je répondais : "Est-ce que je te demande si ta grand-mère fait du vélo ?"

Je me souviens du chanteur Pierre Dudan et d'un de ses grands succès :

On prend l'café au lait au lit,

Avec des gâteaux, et des croissants chauds,

On prend l'café, au lait au lit,

C'que ça peut être bon, nom de nom  !

Je me souviens de : "Reviens Léon, j'ai les mêmes à la maison."

Je me souviens d'être allé écouter Montand à l'Empire, av de Wagram. Il chantait

Dans les plaines du Far West, quand vient la nuit,

Les cow-boys près du bivouac sont réunis.

Je me souviens de :

Un jeune homme venait de se pendre

Dans la forêt de Saint-Germain

Pour une jeune fille au cour tendre,

Qui avait refusé sa main...

Je me souviens que si j'avais voulu que ma mère s'inquiète moins de ce qui aurait pu nous arriver, je ne serai jamais sorti de la maison.

Je me souviens que, le jour de l'assassinat de JF Kennedy, les Américains pleuraient dans la rue.

Je me souviens de :

Encore un carreau de cassé,

V'là le vitrier qui passe...

Encore un carreau de cassé,

V'là le vitrier passé.

Je me souviens des deux tours du World Trade Center.

Je me souviens de : "Avec Sabena, vous y seriez déjà !"

Je me souviens de : "T'occupe pas du chapeau de la gamine !"

Je me souviens de : "File dans ta chambre !"

Je me souviens d'un soir d'hiver où ma mère me confie à une de ses amies. On mange pendant que mes parents sont au théâtre puis Ida s'allonge sur mon lit. Tu ne trouves pas qu'il fait chaud ? Puis elle caresse la joue et me dit : "Tu as la peau douce comme une fille."J'étais bien trop occupé à ne rien laisser paraître de mon trouble pour lui répondre.

Je me souviens de :

Mon père m'a donné un mari,

Mon Dieu, quel homme, quel petit homme !

Mon père m'a donné un mari,

Mon Dieu, quel homme, qu'il est petit !

Je me souviens de "Perrier, c'est fou !"

Je me souviens du Grand Echiquier, je me souviens de La Piste aux étoiles. Je me souviens de La Séquence du spectateur et des Dossiers de l'écran.

Je me souviens de :

Papa, maman, belle-maman, bébé,

Tous ont de belles chaussures,

Papa, maman, belle-maman, bébé,

Tous vont se chausser chez André-é-é !

Je me souviens de Lady Di et du tunnel du pont de l'Alma.

Je me souviens d'avoir joué au jeu des sept familles, au nain jaune, au jacquet, à la bataille, au mistigri, à la belote, au bridge, à la carpette, au gin rami, au 421...

Je me souviens d'un mot qui, entre nous, revenait tout le temps : "T'as pas intérêt !"

Je me souviens de "Loup y es-tu ?"

Je me souviens de : "Pouce ! Je joue plus..."

Je me souviens que Maurice Clavel avait quitté brusquement un plateau de télévision en s'écriant : "Messieurs les censeurs, bonsoir !"

Je me souviens de l'huile de foie de morue, de la Vitascorbine, des cocktails de sels minéraux, du Ginseng, des capsules d'Oméga 3, je me souviens des Rockstar Energy Drinks;

Je me souviens de : "Atout, ratatout et dix de der !"

Je me souviens du refrain de Mon ami la rose :

Pourtant j'étais très belle

Oui j'étais très belle

Des fleurs de ton jardin.

Je me souviens de Myriam Szabo sur les affiches de "J'enlève le haut". j'ai oublié comment s'en sortait le publicitaire pour "J'enlève le bas" quelques semaines plus tard.

Je me souviens qu'en 64 la présentatrice du JT Noëlle Noblecourt, a été virée pour avoir montré ses genoux à l'antenne.

 Un peu plus tard, quand mes parents revinrent, Ida avait laissé un message pour ma mère. Sur la lettre étaient tracés deux mots d'une grande écriture alanguie : mission accomplie.

Je me souviens de : "Qu'est-ce que t'as foutu pendant tout c'temps-là ?"

Je me souviens du temps où quand on disait : "Bonjour, ça va ?", on répondait : "On fait aller."

Je me souviens de Chapeau melon et bottes de cuir.

Je me souviens qu'il fallait moins de deux minutes à Sylvana Mangano pour qu'un homme tombe amoureux d'elle.

Je me souviens de Julio Iglesias et de Paolo Conte : "Chips, chips, du-du-du-du..."

Je me souviens de : "Votre argent m'intéresse."

Je me souviens du fin mot de l'histoire.

Je me souviens de Boby Lapointe :

El-le s'appelait Françoi-se,

Mais on l'appelait Framboi-se,

Une idée de l'adjudant,

Qu'en avait très peu pourtant,

Des idées...

Ah ! la la quelle avanie...

Avanie et Framboi-se

Sont les mamelles du destin.

Je me souviens de Françoise Dorléac.

Je me souviens du temps où, chez le coiffeur, on vous accueillait par ces mots : "C'est pour les cheveux ou pour la barbe ?"

Je me souviens de :

Je suis tombé par terre,

C'est la faute à Voltaire,

Le nez dans le ruisseau,

C'est la faute à Rousseau...

Je me souviens du temps où on disait les Ritals, les Rosbifs, les Ruskofs, les Amerloque, les Fridolins, les Polaks, les Japs, les Espingouins. Je me souviens qu'on disait "Parigot, tête de veau."

Je me souviens que le jour où Gainsbourg avait brûlé avec son briquet un billet de 500 francs à l'émission Sept sur sept, j'étais justement allé chercher de l'argent à la banque.

Je me souviens de "Vous payez comment ?"

Je me souviens que Barbara s'appelait Monique Andrée Serf. Dans Camille redouble, Yolande Moreau et Michel Vuillermoz chantent, de Barbara, Une petite cantate - Si, mi, la, ré, sol, do, fa - et nous sommes en larmes.

Je me souviens que le slogan de Bibendum était autrefois : "Le pneu Michelin boit l'obstacle."

Je me souviens des dimanches à la campagne. "Chéri, il faut y aller si tu veux éviter les bouchons."

Je me souviens qu'ils avaient des costards cintrés achetés chez Renoma et des Weston aux pieds. Dutronc chantait :

J'ai pas peur des petits minets

Qui mangent leur ronron au Drugstore.

Je me souviens de : "Mais ça c'était avant."

Je me souviens que je trépignais quand ma mère me demandait de ranger mes affaires : je ne me rendais pas compte que c'était le bon temps.

Coupez, merci, c'est tout pour aujourd'hui."

 

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12 décembre 2019 4 12 /12 /décembre /2019 17:05
Les suggestions de Jacques Attali

"Faire de sa vie un roman, il n'y a que ça de bon."

(Katia, Tolstoï, 1859)

 

LES FILMS

 

 Le dictateur de Chaplin, Citizen Kane d'Orson Welles, Les enfants du paradis de Carné, Le voleur de bicyclette de Vttorio De Sica, Mort à Venise de Luchino Visconti, Voyage au bout de l'enfer De Michael Cimino...

 La grande illusion de jean Renoir, Autant en emporte le vent de Victor Fleming, Casablanca de Michael Curtiz, Elle et Lui de Léo McCarey, 2001 L'Odyssée de l'espace, Le Parrain de Francis Ford Coppola, Annie Hall et Manhattan de Woody Allen, ET l'Extraterrestre et Duel de Steven Spielberg...

 La vie est belle de Frank Capra, Les sept samouraïs d'Akira Kurosawa, Certains l'aiment chauds de Billy Wilder ("Nobody is perfect"), Mon oncle de Jaques Tati, Lamort aux trousses d'Hitchcock, Les quatre cents coups et La nuit américaine de François Truffaut, Les Tontons flinguer de Georges laugher ("Il n'y a pas que de la pomme", "Ventilé façon puzzle"), Un homme et une femme de Claude Lelouch...

 Le guépard de Visconti, La grande vadrouille de Gérard Oury, Barry Lindon de Kubrick, Vol au dessus d'un nid de coucou de Milos Forman, Taxi Driver de Scorcese, La guerre des étoiles de Georges Lucas...

 Midnight Express d'Alan Parker, Elephant Man de david Lynch, Blade Runner de Ridley Scott, Le cercle des poètes disparus de Peter Weir, Quatre mariages et un enterrement de Mike Newell, Forest Gump de Robert Zemeckis, Pulp Fiction de Tarantino, Usual Suspects de Bryan Singer ...

 

LES ROMANS

 

L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche de Miguel de Cervantes ("Garde toujours dans ta main la main de l'enfant que tu as été"), Le Comte de Monte-Cristo et Les Trois mousquetaires d'Alexandre Dumas, Moby Dick d'Herman Melville...

 Madame Bovary et L'éducation sentimentale de Flaubert, Guerre et paix de Léon Tolstoï, Voyage au bout de la nuit de Céline, Cent abs de solitude de Gabriel Garcia Marquez, Belle du Seigneur d'Albert Cohen, Le rouge et le noir de Stendhal, A l'ombre des jeunes filles en fleur de Marcel Proust, La confusion des sentiments et Lettre d'une inconnue de Stefan Zweig...

 L'étranger de Camus, La dernière lettre de Vassili Grosslman ("Je suis sûre, Vitia, que cette lettre te parviendra, bien que je sois derrière la ligne de front et derrière les barbelés du ghetto juif. Je ne recevra pas ta réponse car je ne serai plus de ce monde."), La Modification de Michel Butor, Ne tuez pas sur l'oiseau moqueur d'Harper Lee, Le K de Dino Buzzati...

 L'Amant de Marguerite Duras ("Et puis il n'avait plus su quoi lui dire. Et puis il le lui avait dit que c'était comme avant, qu'il l'aimait encore, qu'il ne pourrait jamais cesser de l'aimer, qu'il l'aimerait jusqu'à sa mort."), Opération Shylock : une confession et Potnoy et son complexe de Philip Roth, Le Lys dans la vallée de Balzac ("Oui, la première femme que l'on rencontre avec les illusions de la jeunesse est quelque chose de saint et de sacré.")

 Les Aventures d'Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, Crime et châtiment de Dostoïevski, Le Tour du monde en 80 jours de Jules Verne, Le portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde, Effi Briest de Theodor Fontane,  Le procès de Franz Kafpa ("Comme un chien, dit-il, comme si la honte dût lui survivre.")

 Les Misérables et Le dernier jour d'un condamné de Victor Hugo, Dix petits nègres d'Agatha Christie, Le petit prince de Saint-Exupéry, Aurélien de Louis Aragon, La Peste de Camus, Lolita de Vladimir Nabokov, La promesse de l'aube de Romain Gary, De sang-froid de Truman Capote...

 L'Insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera ("On a tous tendance à voir dans la force un coupable et dans la faiblesse une innocente victime."), L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon... 

 

LA MUSIQUE

 

Jean-Sébastien Bach, Les variations Goldberg, Mozart, Ave verum, Beethoven, le 14ème Quatuor, Vincenzo Bellini "Casta Diva", The Beatles White Album...

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3 septembre 2019 2 03 /09 /septembre /2019 10:13
Ls souvenirs de Léa

"Le Diable en rit encore" de Régine Deforges.

A la TSF, on entend :

"Parisiens, réjouissez-vous ! Nous sommes venus vous donner la nouvelle de la délivrance... La division Leclerc entre dans Paris ! ... Elle va être dans quelques minutes à l'Hotel de Ville ! Ne quittez pas l'écoute...

Léa s'est levée et s'est approchée de Franck. Fougueusement, il l'enlace.

"Ici, Schaeffer, je suis dûment mandaté par le secrétaire général de l'information du Gouvernement provisoire de la République pour parler à messieurs les curés qui peuvent m'entendre et qui peuvent être avertis immédiatement. Je leur dis... de faire sonner immédiatement les cloches à toute volée pour annoncer l'entrée des Alliés dans Paris..."

Franck et Léa sont dans les bras l'un de l'autre, riant et pleurant. Ils se précipitent à la fenêtre. Sur toute la place Saint-Michel, les volets ont claqué, une à une les lumières s'allument ! Oublié le camouflage, oublié la défense passive ! L'heure est à la clarté et à la joie ! Sur la place, les gens accourent de toutes parts, se jettent dans les bras les uns des autres. Des radios poussées au maximum de leur puissance jaillit le Marseillaise, sur la place tous se sont immobilisés et repreenneent en coeur :

- Aux armes citoyens ! ...

Soudain, une première cloche, timide d'abord, s'enhardit dans les ciel où se couche, morose, le dernier jour de l'Occupation de Paris... celles de Saint-Séverin lui répondent puis celles de Saint-Julien-le-Pauvre, de Saint-Germain-des-Près, du Sacré-Coeur, de Saint-Etienne-du-Mont, de Saint-Germain-l'Auxerrois, de Saint-Sulpice, de Sainte-Geneviève, de Saint-Eustache et puis, c'est le gros bourdon de Notre-Dame qui se joint à elles, entrainant la ville dans une elle allégresse.

Devant l'Hotel de Ville, le speaker bouleversé déclame des verts de Victor-Hugo :

"Réveillez-vous ! assez de honte ;

Redevenez La grandee France !

Redevenez le grand Paris !"

 

Vers huit heures du matin, Laure entra ben coup de vent dans la chambre où dormait Léa.

- Ils arrivent ! Ils arrivent !

- Qui ?

- Les Leclerc ! Ils arrivent ! Ils sont portées d'Orléans ! Lève-toi, on y va...

 

 Il faisait un temps magnifique. Il y avait dans l'air comme une atmosphère de fête. 

 

Un mélodrame se jouait en haut des marches de l'église. Une feuille de papier blanc sur lequel coulait l'encre noire des mots : "ICI L'ON COIFFEE GRATIS".

 Sur la scène improvisée, les "coiffeur" surgissait armé de grands ciseaux de tailleur qu'il faisait tourner et claquer au dessus de sa tête avec des contorsions à la Maurice Chevalier chantant :

"Avez-vous vu le nouveau chapeau de Zozo,

C'est un chapeau un chapeau rigolo

Sur les devant on a mis une petite plume de paon

Sur le côté un amour d'perroquet"

La suite prochainement.

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30 août 2019 5 30 /08 /août /2019 10:48
Les souvenirs de Michel Fugain

"Des rires et une larme.

Ma première leçon de la vie ? Je pleurais et ma mère m'a filé un aller-retour avec un gant de toilette mouillé d'eau froide : "Tiens ! si tu le savais pas avant, maintenant tu sais pourquoi tu pleure !" Par la suite, j'ai veillé à ne pleurer qu'en sachant exactement pourquoi.

 A la maison, il y avait Ulla et Blitz, tous deux bergers allemands, et une dynastie de Piteau. Piteau I, PIteau 2 et PIteau III, les chats. La question était : Pourquoi Piteau ? Parce que "chat Piteau !" répondaient mes parents, fiers du jeu de mots. La guerre venait de se terminer, il n'y avait pas encore la télé et on riait encore de peu et de bon coeur.

En contrebas de la place, sous des marronniers, s'étalaient les jeux de boules où, le dimanche, les hommes venaient se mesurer à la lyonnaise et s'arsouiller au pastis. Lorsqu'une équipe était "fanny", on sortait la plaque émaillée sur laquelle figurait une pin-up au sourire provocant qui soulevait sa jupette et montrait ses fesses que les battus devaient embrasser. Nous, les gosses, on aimait bien voir les hommes "baiser Fanny".

​​​​​​​ C'est au parc d'à côté que j'ai fumé mes premières et dernières immondes cigarettes à l'eucalyptus. On se cachait beaucoup. Dans le foin, les greniers, les granges. Dans tout le village, on allait de planque de l'un en planque de l'autre. On n'avait pourtant pas grand chose à cacher, si ce n'étaient quelques jeux interdits avec les sauvageonnes que l'on connaissait depuis la maternelle.

​​​​​​​ Le 6 mars 1953, consternation générale. Joseph Staline vient de mourir. Un choc à la maison.

Près de chez nous, il y avait un bistrot qui avait peut-être un autre nom mais qui restait pour tous "chez Simone". Simone chez qui on entrait en étant  sûr d'avoir notre grenadine qui nous laissait des moustaches rouges sur les babines. Simone qui, telle la Madelon, apportait l'été des boissons fraîches  dans la salle d'attente de on papa pleine à craquer.

Notre génération est celle des Tricheurs. Nous avions dix-sept ans en 59 lorsque sortit le film de Marcel Carné. Dès lors, plus une boom ne s'est terminé sans son jeu de la vérité, dont la question finale était forcément : "Est-ce que tu veux coucher avec un tel ou une telle ? La bande originale du film était exclusivement composée de jazz. Du coup, nous écoutions du jazz. 

 On ne se lassait pas des chorus de Parker. Ascenseur pour l'échafaud était un de nos disques de chevet. NOs discothèques étaient faites de Miles Davis, Gillepsie, Coltrane, Parker, Thelonius Mon, Charlie Mingus, les Jazz Messengers, Art Blakey, Max Roach et out ce qui bopait.

L'arrivée du rock and roll et les yéyés ? On s'en foutait. Et puis on s'y est fait.

Toutes les occasions étaient bonnes pour aller chez les uns et les autres. Cela se passait en général l'après-midi. On dansait bops, slows et cha-chas. Gainsbourg chantait L'eau à la bouche et on transpirait sur Tequila.

 Nos rares escapades consistaient à descendre boire un verre en ville, et être, malheureusement, obligés d'écouter Pour une amourette de Leny Escudero, le tubes des juke-boxes de cet été-là.

 On se jetait sur la collection des Cahiers du cinéma avec avec Aznavour en fond sonore. On dévorait les articles sur Welles, Cocteau, Bresson, Trufaut, Godard, Chabrol en fumant des Celtiques, grosses cigarettes immondes très en vogue dans la Nouvelle Vague.

 Le 12 mai 1963, j'ai eu vingt et un ans. Je devenais majeur.

Fin novembre, le 23, Oswald et quelques autres ont choisi d'assassiner John Kennedy à Dallas. On l'a appris par la radio. Il n'y avait pas de télévision à la maison.

​​​​​​​La suite prochainement.

 

 

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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 23:24
L'Anchoïade de Fernandel

"La recette du jour ? L'anchoïade, concoctée par Fernandel. 

"Ingrédients :

Le panier de crudités (selon le marché) : 4 carottes, 2 endives, 1 céleri branche, 1 paquet de cébettes, 1 poivron, 6 champions de Paris, 1 betterave, 2 fenouils, 1 botte de radis, 2 artichauts, 1 choux fleur, 4 oeufs;

La sauce :

8 anchois au sel (de préférence ceux de Banyuls), 30 g de beurre, 1 dl d'huile d'arachide, 2 cuillères de crème fraîche épaisse, 6 gouilles d'air rose, poivre. 

La préparation ? Disponible sur demande.

Bon appétit.

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3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 18:45
Les souvenirs de Gérard Jugnot

"Je me souviens que je chantais au catéchisme : « j’ai reçu le lieu divan et mon coeur est plein de joie… » à la place de : « j’ai reçu le Dieu vivant. »

J’adorai mon grand-père. Il avait beaucoup d’optimisme et une foi immense dans ses rêves. Il y avait à l’époque une émission de radio diffusée sur Radio-Luxembourg, patronnée par l’apéritif Bartissol, et baptisée d’un très joli nom : « L’homme des voeux ».

Un comédien se promenait en France avec un micro caché, et racontait des fariboles à des passants; Si la personne le démasquait et lui disait « Vous êtes l’homme des voeux ! », il gagnait une petite somme d’argent.

Mais s’il avait dans son porte-monnaie des capsules de Bartissol, ses gains étaient multipliés d’autant.

Mon grand-père avait ainsi un porte-monnaie rempli de capsules. Hélas, il n’a jamais rencontré « L’homme des voeux ». Pourtant, il y croyait si fort. je le remercie car c’est peut-être lui qui m’a donné la force et l’envie de croire, moi aussi, à mes rêves.

Mon oncle était épicier. J'adorais l’entendre balancer les « Et avec ça, qu’est-ce que je vous sers ? » et les « C’est moi qui vous remercie ! » en passant par les inévitables « Ca pousse pas » ou « Laissez, je vais balayer… » quand un client faisait tomber de la monnaie sur le sol.

Dans ces années 60, le travail était rude et quand je dormais dans leur petit appartement, on réchauffait mon lit avec des briques brûlantes chauffées dans la cuisinière en bois et enveloppées dans un chiffon. J’avais aussi droit au seau hygiénique, tapissé d’eau de javel, qui vous rendait constipé en un rien de temps.

un week-end par mois, nous allions chez mes grands-parents. Evidemment, on rentrait le dimanche dans les bouchons et on ratait « LE » film du dimanche soir ! Ce film tant attendu que nous offrait à voir, en noir et blanc, une fois par semaine, notre poste de télévision Ducretet Thomson.

J’ai encore bien présent à l’esprit ces moments si gris où, coincé à l’arrière de la Peugeot 403, je regardais l’heure et les voitures roulant au pas en écoutant la radio qui égrenait « Le PUC bat Saint-Etienne 3 buts à 2 » ou Sochau fait match nul avec le stade de Reims ». Kopa ou Just Fontaine ne me faisaient pas rêver, ils me privaient de Jean Gabin, de De Funès, de Michèle Morgan, de Bourvil, de Mylène Demongeot ou de Jean Marais.

Je me souviens que nous allions à la fête foraine. J’aimais les tours de manège et d’auto-tamponneuses. Mon père adorait les loteries. On achetait des petits tickets enroulés très serrés et le plaisir était intense quand on les déroulait et qu’on découvrait parfois le lot gagné. On rapportait beaucoup de saloperies, des peluches ou des saucissons…

Je dois aussi de grands moments de bonheur au feux d’artifice. J’aurai pu rester des heures sur les épaules de mon père à tripoter sa courte chevelure au dos parue de Pétrole Hahn en regardant, dans le ciel, les fusées éclater et se consumer dans la nuit.

J’entends encore les « Ah !!! » les « Oh !!! », les « Ah la belle rouge ! » ou les « Oh la belle bleue ! » de la foule.

Le téléviseur commençait à jouer un rôle considérable pour moi et pour toute ma génération. La RTF ! Une seule chaîne, en noir et blanc, qui ne difusait que quelques heures par jour. Avec des interludes !

Je me souviens des speakerines, femmes-troncs, qui nous distillaient les programmes d’une manière plus ses que télé 7 jours.

Et ces panneaux ! « Veuillez nous excuser pour cette coupure du son indépendante de notre volonté »… C’était l’époque du « ça vient de chez eux » que lançait ma mère quand mon père tapait sur la télé pour faire réapparaître l’image, disparue dans la neige.

Au début des années 60, le nouveau franc remplaça l’ancien. Je chevauchais un Sole repent en mauve et tentait d’épater le monde en fumant de méchantes cigarettes : des Boyards maïs.

A l’école, c’était aussi la cascade des « avis de sanction », et là, ça rigolait moins quand il fallait les faire signer par les parents ou que ma pauvre mère était convoquée chez le censeur. Elle tombait des nues : « Je ne comprends pas, monsieur le censeur, il est si sage à la maison, on ne l’entend pas… »

Une époque formidable."

 

 

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2 mars 2019 6 02 /03 /mars /2019 18:37
Les souvenirs d'Arletty

"Je suis comme je suis ...

Elle pousse ses premiers cris au 33, rue de Paris à Courbevoie, rive gauche de la Seine. Née sous le signe du Taureau, terroir et concret, elle sera, n’en déplaise aux imaginatifs, plus fourmi que cigale. Econome.

En ces années de la in du XIXe siècle, Zola crie son « J’accuse ». L’impératrice Elisabeth d’Autriche vient d’être assassinée à Genève. L’affaire Dreyfus divise les Français.

Dans son berceau, le bébé pressent qu’elle ne va pas s’ennuyer dans ce monde où l’on s’engueule…

 

Puteaux est une Italie miniature à cette époque, envahi par des exilés qui ont fui la guerre civile. C’est en chantant O Sole Mio que vous vous imprégnez de la véhémence napolitaine…

1905. La fête à Neuilly s’étale sur plus de deux kilomètres. Tintamarre ronflant des orchestres, limonaires et manèges. Juchée sur les épaules de votre père, barbouillée de guimauve, suçotant un mirliton, vous êtes émerveillée par la foule, les cris, l’odeur des frites, de moules et de nougats.

Grand spectacle, fête provisoire, comme un décor de cinéma. Est puis, il y a la Goulue. Un personnage du siècle. Et Louise Weber qui fait fureur en reine du canacan. Blonde, grande, les cheveux sur le front, des rouflaquettes etc es risettes. un ruban noué dans le cou et soixante centimètres de froufrous et de dentelles qu’elle faisait virevolter.

Dans les journaux de l’époque on notait poliment qu’ « elle avait le feu aux fesses ! »

Les filles sont belles « au coin d’la rue là-bas ». Sous les réverbères, les racoleuses parfois en robe de soirée, tour de cou de lapin, attendent leur clientèle.

A la sortie des usines, entre midi et une heure et demie, on faisait cercle autour des gars qui venaient avec leur accordéon, leur mandoline, et on chantait des chansons. C’était comme ça la vie là-bas. Y avait pas de pauvres. Beaucoup de gaieté.

1912. Enlèvement de la Joconde. le célèbre tableau de Léonard de Vinci disparaît du Musée du Louvre. Mona Lisa se fait la malle. On la cherche partout.

Les journaux ne parlent que de ça. Dans la rue, nous les gosses, on chantait :

« On a retrouvé la Joconde,

Avec sa petite gorge ronde.

Elle était en Italie

en train de fauchera des macaronis. »

 

Et puis, il y a eu aussi la « bande à Bonnot », belle histoire de voleurs. Tout le monde les cherchait, même nous les mômes. Tout le monde les voyait partout.

Et puis ce fut l’été 1914. Un nom résonna partout : Sarajevo. la guerre commença. Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès est assassiné par un jeune de vingt-huit ans, Raoul Villain. A la Brasserie du Croissant,  rue Montmartre.

Le samedi et le dimanche, on dépensait plus que d’habitude. On appelait « faire sauter l’anse du panier ».

La suite ? Sacha Guitry triomphe au Palais-Royal, avec Yvonne Printemps. Et après 1561 jours de guerre, les canons ferment leur gueule. La colombe de la paix, traitresse, prend la relève de la « der des der »; elle amène dans son sillage la grippe espagnole. Bilan : des millions de morts en paix !

 

Aux tôtés d’une actrice anglaise et de Mirka, la danseuse des jolies Bergères, vous chantez des « gueuseries » du genre :

« C’est nous les petites bourelles

des tortures corporelles

Pour une bagatelle

On coup, on écartèle

on tenaille les mamelles

on retourne les prunelles

on pince les parties naturelles

C’est nous les p’tites bourelles. »

 

Il y a Clara Ward, princesse de Chimay, la première « femme nue » de l’histoire du music-hall. Il y a aussi Maud Loty, surnommée « la reine du théâtre en pyjama », parce qu’elle apparaît souvent en déshabillée. Elle a créé « Il m’a vu nue, toute nue », chanson que Mistinguett rendra célèbre.

C’est bon alors de prendre le temps de vivre dans  Paris, capitale des troquets.

Parmi les excentricités, une jeune noire américaine, plutôt d’aspect timide, arrive à Paris. Elle s’appelle Joséphine Baker. Vous : « Quand on arrive à Paris avec deux bananes, quelle réussite ! »

 

Sur l’air de « Y a d’la joie » qui venait tout juste de sortir, je chantais :

« Blum !

Mon petit coeur fait Blum ! »

 

J’ai joué dans « Le jour se lève », avec Carné (annagramme d’écran) et Jacques Prévert, le poète.

Puis dans Circonstances atténuantes de Jean Boyer. « Pas folle la guêpe » restera.

De Gaulle, futur général de la France libre, ayant aimé Marie-qu’à-d’ça, fredonne les paroles de Jean Boyer : « Elle était jeune et belle, comme de bien entendu… » Les soldats partiront au front cet air de Georges Van Parys à la bouche.

Pendant la guerre, les salles de cinéma deviennent des rouges pour les Parisiens, car elles sont bien chauffées. On y projette des productions de la Continental et de la Toi, firmes allemandes. C’est l’époque des bobards. On prétend que Goering est mort. Que de Gaulle est le fils naturel de Pétain…

Puis c’est « Les enfants du Paradis ». Ou je joue Garance, au sourire de Joconde, la demi-déesse au nom de fleur. Sa chanson est son hymne :

« Je suis comme je suis,

Je suis faites comme ça,

Quand j’ai envie de rire,

Oui, je ris aux éclats !

J’aime celui qui m’aime,

Est-ce ma faute à moi

Si ce n’est pas le même,

Qui m’aime chaque fois ? »

 

Un vent de panique souffle sur ces gens qui furent « très occupés »… et les autres ! Dans les bagarres, on ne fait pas toujours le détail. Georgel chante opportunément : « La vie commence demain ! »

J’ai été ensuite emprisonnée au dépôt. Il y avait la mère d’Edith Piaf. Du côté des hommes, Tino Rossi chantait Ave Maria à la messe dominicale.

Je me souviens d’Yvonne Printemps, elle avait un charme etc exceptionnel Sacha disait d’elle : "dons de Dieu de dons de Dieu ! "

Un mot enfin de Jacques Prévert :

« Elle est d’ailleurs

Comme la mer

ou comme une ville

Calme mouvementée lucide ingénue marrante…

Arletty

Elle est merveilleuse."

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 15:19
Trois sucettes à la menthe

"Un roman de Robert Sabatier (pour les lecteurs)

 

Les odeurs de la rue : gros savon, eau de Javel, cuisines grasses, lessives bouillonnantes. Pourquoi ce calme ? Pas de cris, de disputes, de TSF bruyantes. Fini cette musique discordante : tintamarres du travail artisanal, bassines d'eau jetées à la volée dans les rigoles, bavardages des commères, piaillements des enfants fessés, scènes de ménage, accordéon des musiciens errants...

 Au milieu, la Marie-Rose s'affirmant la mort parfumée des poux.

A côté de l'évier, la grosse bouteille de Javel La Croix, la boîte avec le slogan Persil blanchit par l'oxygène, un sachet de teinture Idéal-Boule, la poudre Vim, le Nab, la Saponite.

 Et un mot :

- Il ne faut jamais mettre le pain à l'envers. Ca fait pleurer la Sainte Vierge.

Une récitation affleura à sa mémoire. C'était une poésie de Théophile Gauthier apprise en classe :

"Tandis qu'à leurs oeuvres perverses,

Les hommes courent, haletants,

Mars qui rit malgré les averses

Prépare en secret le printemps.

"Faut que ça brille ! Pas trop de cirage et beaucoup d'huile de coude... Allez plus vite, Jean de la Lune, dit Blanche, et elle ajouta un dicton : Long à manger, long à travailler.

Il nettoya jusqu'aux semelles et aux talons. Il sifflotait Les Gars de la marine...

La TSF marchait en permanence et Olivier reconnaissait les programmes, les voix étudiées des speakers : Toscane, Radiolo ou le célèbre Jean Roy de Radio-Toulouse avec son généreux accent. Parfois l'emploi d'un appareil ménager suscitait des parasites et on se bouchait les oreilles.

L'oncle Henri écoutait une fois par semaine "Les vieux succès français" où l'époque 1900 apportait ses mélodies, ses chansons à voix, ses comiques troupiers, ses valses-hésitation. On passait de Dalbret  à Mercadier, de Polin à Mayol, d'Yvette Guilbert à Fragon.

 Les romances tremblaient de sentiment et on pouvait imaginer les gestes poignants des chanteurs "Ah ! Paul Desmet...", disait l'oncle en écoutant Envoi de fleurs ou Fermons nos rideaux.

Cela devenait viril avec Le père la victoire, grave avec La chanson des peupliers, attendri avec Petits enfants prenez garde aux flots bleus, folklorique avec Fleur de blé noir ou Ma vieille maison grise, comique avec L'Ami Bidasse ou La Caissière du Grand Café.

 De sa chambre, ce veinard de Marceau se mettaient à fredonner une antienne radiophonique de circonstance : "Dans son petit lit tout rose,

Bébé va s'endormir sans rancune

Car maman lui a donné sa dose

De bon vermifuge Lune !

 

Des phrases éparses dans ses livres résonnaient : Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira-t-à toi ! ou Par morbleu, ouvre donc, tavernier du diable ! Et des dialogues. A l'interrogation Où vas-tu Orsini ? Une voix altière répondait : A la tour de Nesle !

 A ces jeux de toute enfance, Olivier mettait une passion singulière. Il imitait encore Laurel et Hardy, Charlot, prenait la voix rocailleuse de Fréhel ou de Damia, devenait le beau Tino en chantant : Catali, Catali ou Vieni, Vieni, Vieni......

L'oncle se leva pour régler le cinédyne-secteur qui diffusait une scie publicitaire : KLG, oui-oui-oui, KLG, non-non-non, KLG, c'est bien la meilleure ! Il tourna le bouton, cela fit piiiiouittt et on entendit : Marie, tes foie gras, Marie, tes fois gras, Tes foies gras, Marie, sont splendides. Il ferma cette TSF bavarde et dit à l'intention de la tante Victoria qui lisait un numéro de L'Illustration plein de généraux et de gens du monde :

- C'est assommant à la fin. Cette publicité, on se demande jusqu'où elle ira.

Dans l'antichambre, Jami marchait au pas cadencé en chantant à tue-tête Dansons la Capucine.

A l'office, Blanche prenait un bain de pieds dans une bassine, ajoutant de temps en temps une poignée de Saltrates Rodell.

 Sur un carton, le gros père Lustucru des pâtes alimentaires avançait un ventre en forme d'oeuf quadrillé. Dans la cour, on entendait un peintre qui chantait :

Le pharmacien l'a dit à la bouchère

Et la bouchère l'a dit au cantonnier,

Le cantonnier l'a dit à Monsieur le maire...

 Olivier rangea ses chaussures et dit :

- Il chante faux et c'est bête !

Les cocktails à la mode ? Alexandra, Rose ou Side-Car.

Le kiosque à musique répondait par des flots-flons. ​​​​​​​Assis sur un banc, il lisait et pensait aux courses folles de la rue Labat, aux gendarmes et aux voleurs, aux cow-boys et aux Indiens, au Bol d'Or de la marche.

 Parfois une nounou offrait un sein rose et blanc à un bébé et des messieurs détournaient pudiquement le regard.

 A l'entrée des buttes, le marchand de glaces, penché sur son triporteur préparait des merveilles colorées, emprisonnant entre deux gouffres de la pistache, de la fraise, du café, de la noisette ou du chocolat. Le kiosque de marchand de jouets proposait un étalage de cerceaux à musique, de cordes à sauter, de ballons en baudruche, de balles-mousses, de poupées, de cerfs-volants, de sceaux à sable, des tambourins, des girouettes en mica au bout d'un bâtonnet. 

​​​​​​​ Il revit des galopades dans les rues, la fête foraine avec ses copains, les parties de billes, les farces, les virées avec Bougras, les discussions. Qui pouvait comprendre ?

 Jami, un livre de lecture à la main, ânonnait : Le... pe... mit... chat... a ... bu ... tout ... le ... lait.

Olivier fredonna la chanson de Milton : J'ai ma combine...

Au ciné, de jeudi à jeudi, les films se succédèrent : il y eut les rencontres avec Frankenstein et Fantômes, avec Tarzan et avec Topaze. Marguerite préférait La Folle Nuit, Le Lieutenant souriant ou Princesse à vos ordres, Olivier s'émerveillait avec Les Seigneurs de la jungle ou Baudu sauvé des eaux. ou A Nous la liberté.

​​​​​​​ Tout était intéressant : les dessins animés avec Mickey, les documentaires sur la nature et même les actualités annoncées par un coq s'égosillant.

​​​​​​​ Un jour Olivier chantait et il se souvenait que Ce n'est pas le chant d'un marin... était le film vu la veille. Une autre fois, il entonna :

"T'en fais pas, Bouboule.

Te casse pas la boule,

N'attrape pas d'ampoules.

 

Une réplique apprise :

Do ré mi fa sol la si do

Gratt'moi la puce que j'ai dans l'dos.

Une chanson de ducasse fut alors fredonné :

Allons veux-tu venir compère

A la Ducasse de Douai ?

Elle est jolie et si tant gaie

Que de Valenciennes à Tournai,

De Lille, d'Orchis et d'Arras,

Les plus pressés viennent à grands pas.

 Dans le souvenir d'Olivier, un curieux petit instrument devait rythmer ces heures mémorables. L'arrivée du yo-yo.

 Par la magie de ce disque évidé qui montait et descendait le long d'un cordonnet, tout Paris devenait une fête enfantine et l'on chantait :

Elle jouait du yo-yo

La petite Yéyette...

- Mayol, le vieux Mayol en représentation !

Mayol chanta :

"Cousine, cousine,

Tu es fraîche comme une praline.

Cousine, cousine,

Embrasse ton cousin germain.

 Ce fut un triomphe. Heureux, il retrouvait son souffle d'antan. Des spectateurs revivaient leur jeunesse et parfois des yeux se mouillaient. Il chanta ensuite des chansons grivoises : Les petites boniches et Ma doué, mon pé, mais les admirateurs réclamèrent Les Mains de femme et il fut bissé. Il quitta la scène sous les ovations et on annonça l'entracte.

Esther Lekain, Perchicot, Cora Madou, Dréan, Dalbret, Choof, Sergius, Georgel et les bons jeunes Fred Goin, Guy Berry, Max Tremor...

C'était le temps de Cécile Sorel qu'on appelait Célimène, Pierre Bertin, Marie Bell, Henri Rollan, Marguerite deval, Moreno, Dussane, Yvonne Printemps...

En sortant du café, il fredonna :

En amour il n'est pas de grade,

L'important c'est d'avoir vingt ans !

Puis pour se donner du courage, il chanta Pour être fort, faut faire du sport.

Sans oublier une version écolière de la Marseillaise :

"Allons enfants de la marmi-ite

La soupe aux choux est écumée !"

Plus tard, il chanta :

​​​​​​​"Un petit peu d'papier collant

​​​​​​​Pour qu'a tienne, pour que ça tienne,

Un petit peu de papier collant

​​​​​​​Pour qu'a tienne en attendant !

Un porto-flop maison et le tour est joué. On allume e bouton de la TSF pour se caler sur RadioL.-L où on donnait hospitalité au jazz.

Des phrases ça et là... Avec de bons restes on fait de bons repas ou bien un repas que les boches n'auront pas. 

Tous les Auvergnats

Y z'ont la barbe fine,

Tous les Auvergnats

Y z'ont du poil aux bras.

Ou :

Halte-là, qui vive ?

C'est Saponaire la bonne lessive, ha, ha !

Halte-là, qui vive ?

C'est saponaire que v'là !

 Et :

Elle finit au bout de la terre,

Notre Cane... Cane... Canetière !

Et...

Les vieux pyjamas

C'est pour mon papa.

Les dessous troublants

C'est pour ma Maman.

Et ...

Au petit bois, petit bois charmant

Quand on y va on est à l'aise...

Au petit bois, petit bois charmant

Quand on y va on est content.

Et :

C'est un vieux moulin Parmi les champs de lin

Qui jase au trémolo

De l'eau.

Le livret de classe ? Un 3 en Conduite, un 4 en Arithmétique, un 0 souligné de rouge pour la gymnastique, un 2 en instruction morale et civique, un 4 en solfège. Seuls un 8 en rédaction et un 7 en Histoire et Géographie sauvèrent du désastre.

La fin ? Des gens qui se suicidaient après avoir entendu la chanson fatidique Sombre Dimanche. Il sortit une boite de Valda, pensa à Bougras et les souvenirs de la Rue remontèrent à la surface.

Aujourd'hui, lecture libre !

Des illustrés avaient aussitôt jailli des cartables et des gibecières : Les Belles Images, Cri-Cri, L'Epatant, Le Petit Illustré, et des albums : Charlot, Les Pieds-Nickelés, Bibi Fricotain, Zig et Puce, Bicot président de club.La suite prochainement.

 La fin ? Boulevard de Strasbourg, l'oncle Henri entra dans une confiserie et acheta trois sucettes à la menthe, une pour chacun de ses enfants.

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 18:51
Nostalgie des choses perdues

"Un dictionnaire intime de PPDA, souvenirs choisis :

 

 En Province, on prenait systématiquement l'apéro à midi et à 19 heures. On faisait une pause. Les pensées vagabondaient. La convivialité n'était pas un vain mot. En feuilletant les revues d'époque, j'ai de nouveau en bouche le goût si particulier d'orange chimique du Tang.

  Des slogans me reviennent :

"Ricqlès, la menthe forte qui réconforte" ou "le glouglou qui fait glagla". Fini était "la plus chaude des boissons froides". Master Cocktail devient "L'équivalent apéritif de la poupée gonflable"...

 En amoureux de la Corse, le Mouss'or au goût de pommes et de caramel, me rappelle la fraîcheur en plein soleil, une ombre parfumée sur le palais.

 Dubonnet est qualifié de "Channel n°5 du gaullisme".

Je me souviens d'une publicité "Dubo, Bubon, Dubonnet".

Sans oublier le Picon bière, le Bitter campari, perroquet ou autre mauresque. Et le "fond de culotte".

Une Suze-Cassis.

 Je me souviens surtout du Byrrh. Je revois une publicité affichant une silhouette féminine de la Belle époque, choucroute rousse, robe verte et un verre du précieux breuvage aux lèvres. Une autre présentant un gargantuesque moustachu sifflant une bouteille cul sec. Inscrit en lettres rouges : "Tonique et hygiénique".

La douceur des choses.

 

Je me souviens des bonbons que j'achetais quand ma mère ou ma grand-mère me donnaient quelques pièces après une bonne note. 

Les Mistral-gagnant, Carensac, Mint'ho, "caramels à un franc", "carambar d'antan", Coco Boer, vrais roudoudous, le Zan (Un gamin aurait dit jadis : "Z'en veux, maman, donne-moi-z'en !", le slogan serait tombé dans la foulée : "Donne-moi Zan" !" 

 Bien vu.

Les automobiles ?

 Je me souviens de la Ford Mustang dans Un homme et une femme de Lelouch, de la 2CV conduite par Bourvil qui se désintègre après avoir été percutée par une Rolls au volant de laquelle peste un certain Léopold Saroyan, de la Renault 16 des Galettes de Pont-Aven, ou encore de la Maserati Ghibli pilotée par Maurice Ronet dans La Piscine. Et la DS.

 Je me souviens de la marque Igol qui s'affichait sur des cendriers et sur des silhouettes de pin-up des années 50. Je me souviens d'une sirène Dunlop, d'une BB vantant les pneus Continental, ou encore d'une miss Point Bleu, emblème des autoradios Blaupunkt.

 Le Cinzano, le Cherry Brandy Maurice Chevalier.

Le Teppaz faisait alors tourner le monde.

"Teppaz vous apporte la joie."

C'était le temps des surprises-parties, on écoutait Sheila, Françoise Hardy, Johnny et Sylvie Vartan.

 Aujourd'hui encore, tout le monde se souvient : Laisse mes mains sur tes hanches, La plus belle pour aller danser, La Passionna de Guy Marchand, Laisse tomber les filles de France Gall, Belles, belles, belles de Clo-Clo, Le jazz et la java de Nougaro, mais aussi Retiens-ta nuit, Je m'voyais déjà, Aline, Twist à Saint-Tropez, La Madrague, L'école est finie, Capri c'est fini, Et moi, et moi, et moi...

​​​​​​​ Des tubes qu'on écoutait dans les boums mais aussi dans les bars et les bistrots.

Il suffisait de glisser une pièce dans le juke-box.

Puis de danser un slow.

La suite prochainement.

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 15:29
Piaf

"Extrait du livre "Piaf : Un mythe français de Robert Belleret.

 

 Situé à mi-pente de Ménilmontant, l'immeuble du 72, rue de Belleville est un bâtiment un  peu défraîchi mais qui n'a rien de sordide ni de vétuste. En levant les yeux, on découvre une plaque scellée sur la façade : "Sur les marchés de cette maison naquit le 19 décembre 1915 dans le plus grand dénuement Edith Piaf dont la voix, plus tard, devait bouleverser le monde."

 

 L'histoire raconte que c'est pour calmer un spectateur mécontent qui en voulait pour son argent que son acrobate de père aurait un jour proposé qu'Edith, par compensation, chante une petite chanson. Elle dira avoir interprété le refrain de La Marseillaise, faute e connaitre un autre répertoire. 

 Aurait-elle été sevrée de comptines que tous les enfants connaissaient alors par la transmission orale des parents ou grands-parents ? Le Roi Dagobert, Frère Jacques, La Mère Michel, A la claire fontaine, Sur le pont d'Avignon, il pleut, il pleut, bergère...

La suite ? Edith dira avoir appris assez vite, à l'initiative de son père, plusieurs rengaines comme Nuits de Chine ou Voici mon coeur.

A l'époque, les chanteurs de rues et de cours pullulent et jusque dans les années 50 combien fûmes-nous à envelopper quelques pièces dans un bout de journal pour les lancer à l'artiste, plus ou moins doué, qui entonnait tous les classiques de la chanson française ? Les boeufs, Le Temps des Cerises, Quand Madelon, Nuits de ChineOn a pas tous les jours vingt ans, Sous les ponts de Paris... 

Ensuite, elle interprétera des chansons du répertoire de Damia : La Veuve, La suppliante, Les Naufragés... Mais aussi des succès moins sombres comme J'ai deux amours, créé par Joséphine Baker, La Mauvaise Prière, Sur la Riviera, créé par Fréhel, La Valse brune ou l'inusable Nuits de chine.

"J'habitais Barbès, Pigalle, Clichy, les rues de lumières, les rues de plaisir. J'ai eu froid, j'ai eu faim mais j'étais libre. Libre de ne pas me lever, de ne pas me coucher, de me saouler, de rêver, d'espérer..."

Edith racontera aussi son jeu de cache-cache avec les gardiens de la paix qu'on appelait alors "les hirondelles", patrouillant par deux, à bicyclette - et évoquera l'un d'eux qui accepta de fermer les yeux si, avant de changer de secteur, elle lui chantait J'ai l'cafard, l'un des grands succès de Damia et Fréhel.

 Elle fut engagée par Leplée à laissé après avoir chanté des ritournelles "qui allaient des âpres refrains de Damia aux mélodies douceâtres de Tino Rossi" moyennant quarante francs par jour, avec trois chansons fleurant bon la rue et la misère : Nini peu d'chien, La Valse brune et surtout Les Mômes de la cloche, créé par Mistinguett.

"C'est nous les mômes, les mômes de la cloche.

Clochards qui s'en vont sans un sou en poche.

C'est nous les paumés, les purées d'paumés.

Qui sommes aimées un soir, n'importe où...

A l'invitation pressante de Leplée, Marcel Bleustein-Blanchet, propriétaire de Radio-Cité, lancé un mois plus tôt, vient l'écouter au Gerny's et, convaincu et étonné, envoie sur place son directeur de programmes, Jacques Canetti qui propose à Piaf de venir participer dès le lendemain à l'émission.

La suite prochainement.​​​​​​​

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Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin