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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 03:04

imagesCA45GT0L"La folle histoire de Georges Guynemer.

 

- Foutez-moi ce petit con-là à la porte !

Cette réplique mémorable a été prononcée, le jeudi 10 juin 1915, par le capitaine Brocard, chef de l’espadrille M.S.3 à l’intention d’un jeune pilote fort inconnu, arrivé la veille et qui se nommait Georges Guynemer.

Il n’est pas grand, Guynemer : pas plus de 1,70 mètre, mais comme il est maigre ! Une sorte de "fil de fer monté en graine". 

Si le capitaine Brocard, fou de colère, l’appelle "petit con", c’est parce qu’il a "cassé" deux avions en une seule journée. Par chance, un pilote qui traîne par là prend la défense du blanc-bec. Un pilote qui  s’appelle Védrines et qui dispose d’un pedigree propre à le faire prendre au sérieux. En effet, il a remporté deux courses réputées et il insiste : les deux avions sont parfaitement réparables et quand le « petit con » aura surmonté sa nervosité, on pourra en faire quelqu’un.

Difficile, même quand on est capitaine, de résister à un Védrines. Brocard grommelle dans sa moustache quelques onomatopées que personne n’entend mais que tout le monde comprend : on va garder Guynemer. Provisoirement.

Pour les pilotes de la M.S.3 - qui deviendra bientôt la fameuse escadrille des Cigognes - ce Guynemer-là l’a échappé belle. Or il revenait de bien plus loin encore.


Sept mois plus tôt, le capitaine Bernard-Thierry, commandant l'école des pilotes à l’aérodrome de Pont-Long, près de Pau, a vu entrer dans son bureau un monsieur de grande allure, arborant une moustache agressive et escorté d’un adolescent blafard, transparent à force de maigreur. Le monsieur s’est présenté comme étant Paul Guynemer, "ancien" officier. Bernard-Thierry a tout de suite senti que, derrière lui, il y avait "beaucoup d’argent et quelques châteaux". Déjà le père s’explique. Poli, correct mais sachant ce qu’il veut, il expose que son fils - le gringalet n’a pas ouvert la bouche - a fait de bonnes études, qu’il a préparé Polytechnique mais que sa santé délicate l’a empêché d’y entrer.

Le capitaine se demande où ce M. Guynemer veut en venir. il a d’autres chats à fouetter que d’écouter des confidences sur les études secondaires d’un fils souffreteux. Tout se résume en peu de mots : ce fils veut se battre. Au premier jour de la guerre il a déclaré à son père : je m’engage. Le père a répondu : je t’envie. ils étaient comme ça, les grands bourgeois de 14. Mais le fait est que personne n’en veux du petit. Georges a été pesé : un peu plus de 40 kg pour 1,70 m. On a tâté ses muscles : inexistants. Comment marcherait-il quarante km par jour ? Comment porterait-il son sac et le fusil ? Ajourné pour faiblesse de constitution. M. Guynemer parle toujours : son fils a pris cela comme une insulte. Il ne s’en est pas remis.

 

Une lourde erreur du service de santé, assure le père avec force. Le petit est beaucoup plus robuste qu’il n’y paraît. Il est de première force au fleuret, bon joueur de tennis et il rêve d’aviation. Quand ce père loquace demande d’accorder à son fils l’honneur de s’engager en qualité d’élève pilote, l’officier répond par une fin de non-recevoir : que ce jeune homme fasse ses classes et l’on verra. Pour la première fois, le père abandonne sa superbe. Tristement, il confie que son fils s’est présenté dans cinq ou six bureaux de recrutement et que partout il a été refusé.

Rien à faire, conclut le capitaine. Il se lève pour signifier à ses visiteurs que l’entretien est terminé : "Or, ayant accompagné ces messieurs jusqu’à la porte de l’école, je m’aperçus que le petit Georges pleurait." C’est à ce moment très précis que Bernard-Thierry a craqué. Il a regagné son bureau, il s’est plongé dans ses papiers et puis, brusquement, il s’est levé pour appeler son planton : 

- Saute sur ton bureau, va me chercher les deux messieurs qui sortent d’ici. Ramène-les moi !

Les voici de retour dans le bureau. du coup, il ne pleure plus, le garçon. Il observe le capitaine avec une attention extrême. On dirait qu’il le transperce du regard. Un quart d’heure plus tôt, Bernard-Thierry ne voyait en lui qu’une mauviette. Maintenant, il ressent l’impression d’être confronté à de l’énergie à l’état pur. il s’étonnerait moins s’il savait qu’un jour, le même garçon, qualifié de plus petit de la classe, a giflé un professeur !

- Avez-vous des notions de mécanique ?

Le père répond : C'est bien simple, son fils sait tout faire. Tant de détermination achève de convaincre Bernard-Thierry. Il signe même dans la foulée un certificat d’aptitude professionnelle. Plus tard, il jurera que ce fut là le seul faux de sa vie. Nous le croyons sur parole. A mesure que progresse l’escalade, Bernard Thierry sent le trouble s’accroître en lui. Encore faut-il que tout cela ait au moins l’air vrai ! Le capitaine conseille donc au petit, avant de se présenter, d’aller acheter une salopette de mécano et de se salir un peu. Voilà comment Georges Guynemer, l’après-midi du même jour, entre comme élève mécanicien dans l’aviation française.

Le 26 janvier 1915, la sonnerie du téléphone retentit dans le bureau du capitaine Bernard-Thierry. Le général Hirschauer lui annonce qu’il va recevoir une nouvelle fournée de cent élèves pilotes. Tout à coup, une idée folle traverse l’esprit de Bernard-Thierry. Il demande alors au général s’il ne pourrait pas ajouter à la liste un 101ème... Oui, un sujet d’élite qu’il garantit sur facture. Il en est sûr, archisûr. Le général accepte. Il demande simplement au capitaine de lui faire connaître le nom du 101ème.

- Guynemer Georges, mon général. 

- Au bout du fil, un silence. Le capitaine comprend que le général est en train d’inscrire Guynemer en queue de sa liste. Une question pour la forme :

- Il est bien dans le service armé, votre Guynemer ?

Ici, Bernard-Thierry s’entend répondre, la gorge serrée, comme s’il se jetait à l’eau :

- Oui, mon général, naturellement.

A peine a-t-il raccroché que Bernard-Thierry se prend la tête à deux mains. Le général Hirschauer a ajouté : "Vous m’enverrez son dossier." Or il n’existe pas de dossier. Il décide donc de ne rien envoyer.

Pendant des mois, avec une remarquable constance, l’administration réclame le dossier de Guynemer. Toutes les quatre ou cinq semaines, une nouvelle lettre : "Suite à notre demande de telle date, nous prions l’autorité militaire de l’Ecole de Pau de bien vouloir faire suivre le dossier de l’élève pilote Guynemer Georges." A quoi Bernard-Thierry répond avec la même régularité que le dossier a déjà été envoyé et qu’il a dû se perdre. L’administration s’est fatiguée la première. Un beau jour, on n’a plus rien réclamé.


Le premier carnet de vol de Georges Guynemer contient à la première page cette simple mention :

Mercredi 27 janvier : corvée de neige.

Ce carnet de cinquante feuillets se termine le 28 juillet 1916 par le procès-verbal de la 11ème victoire de Guynemer : un avion allemand abattu sur la Somme.

En effet, en l’air, on le sent comme dans son élément. Il s’amuse.

Prenons-en conscience : la guerre aérienne n’a pas commencé. Allemands et Français ne se provoquent pas. On s’observe. Il arrive même qu’on se salue. Tout cela n’est pas du goût de Guynemer. Il veut en découdre.

Brocard qui s’est fait descendre - et qui s’en est tiré - n’en dort plus : il a juré de rendre coup pour coup. Le 3 juillet, il atterrit, saute à terre et fou de joie, hurle : "J’en ai eu un." L’escadrille toute entière rêve de réitérer un tel exploit. Guynemer le premier.

Le 19 juillet 1915, un lundi, Charles Guerder dort à poings fermés quand il se sent secoué comme un sac de vieilles pommes. Il a du mal à ouvrir les yeux. Il reconnaît Guynemer penché vers lui et qui lui crie : "Debout, lève-toi, viens comme tu es !"

Un peu plus tard, l’artillerie allemande les prend pour cible. Ce n’est pas là l’important. Guynemer découvre en dessous de lui, volant tranquillement vers le sud, un autre avion allemand. Il ne ressent pas la moindre hésitation : la proie tant attendue, tant espérée, est enfin à sa portée.

Il le laisse passer, l’Aviatik, "sournoisement", écrira-t-il. Et puis, il fait demi-tour, s’engage dans un piqué plein gaz.  A 50 m de l’Allemand, Guynemer fait un signe à Guerder qui,  aussitôt, lâche sa ravale, puis une seconde, puis une troisième, puis une quatrième. Le boche a été atteint mais il réplique ! finalement, à la 115 ème cartouche, le pilote ennemi est atteint.  "J’ai eu l’émotion bien douce, dira Guynemer, de le voir s’effondrer dans le fond du fuselage. L’observateur boche a levé les bras au ciel dans un geste de désespoir et l’Aviatik a piqué du nez et s’est enfoncé dans la brume, en flammes. Il est tombé entre les tranchées."

L’émotion bien douce. Un peu gênante, la formule. On pouvait espérer de sa part un peu de compassion pour ses adversaires qui n’ont pas plus que lui manqué de courage. Ne nous leurrons pas : ce n’es pas le genre de Guynemer. Jules Roy qui l’a compris mieux que personne nous dévoile sa vraie nature : Guynemer est un tueur. Chaque fois qu’il abattra un appareil ennemi, il criera sa joie. Souvent il atterrira pour voir de près ses victimes et, devant les cadavres, sourira cruellement. Ses lettres à sa famille contiennent des phrases qui nous glacent tant elles sont impitoyables.

Un tueur ? Si l’on veut désigner un guerrier sans complexe, il faut admettre le mot. Après tout, une guerre est faite pour être gagnée. Et la seule alternative est : tuer ou être tué. La survie est la condition de la victoire. Et Guynemer  ressent la rage de la victoire.

Pour s’en convaincre, n’oublions pas le dialogue historique entre Guynemer et Guerder, le lendemain ou le surlendemain de l’affaire :

- Dis-donc Guerder, c’est bien avec le zinc de Bonnard qu’on a descendu notre premier Fritz ?

- Oui. Et Bonnard, parce qu’il s’appelle Charles, l’a toujours appelé Vieux Charles.

- Alors, pour celui-là et tous ceux qui viendront après, ce sera la même chose :  Vieux Charles.

Après tout s’enchaîne. Le second ? "Ca s’est passé au dessus de la forêt d’Ourscamp. Il y avait une heure et demi que je le guettais... J’ai constaté avec joie qu’il tombait en vrille."

Trois jours plus tard, il abat un L.V.G allemand et note : "Le passager tombe à Bus. Le pilote à Tilloloy." Le jour où il recevra la Légion d’honneur, il esquissera un "mince sourire".

 

Le 1er juillet s’engage la bataille de la somme. Rude partie. Son carnet de vol enregistre sa neuvième, dixième et onzième victoire. Un jour c’est l’as des as allemand, Ernst Udet, qu’il rencontre. Udet d’en est toujours souvenu. Il a vu le Spad français fonçer sur lui. Il a viré à gauche.  L’autre aussi. Sur le fuselage du Français, Udet a distingué le mot Vieux... Il a compris : Guynemer.  Une longue traque commence entre les deux hommes. "Peu à peu, je m’aperçois qu’il m’est supérieur. Ce n’est pas seulement la machine qui est meilleure, l’homme qui pilote est aussi plus fort que moi. J’ai essayé tous les moyens : tonneaux, glissades latérales. Rapide comme l’éclair, il devine chacun de mes mouvements et la riposte est là, elle aussi, comme l’éclair. Ma mitrailleuse s’est alors enrayée. J’ai lâché un moment le manche et je martèle ma mitrailleuse des deux poings. Guynemer m’a vu. Il sait que la proie est à sa merci. De nouveau il vient raser ma tête. C’est alors que se produit une chose inouïe : il étend le bras et me fait signe, un tout petit signe de la main, puis il plonge et disparaît..."

Epargner un adversaire ? Un de ces boches tant haïs ? Voilà qui ne ressemble guère à Guynemer. Pourtant, il l’a fait. Peut-être parce que cet ennemi était seul, qu’il s’était bien battu, aussi bien que lui. Parce qu’il l’a senti son égal. Il ne s’est pas trompé : Udet finira la guerre auréolé de 62 victoires, second des as allemands derrière Richthofen.

La gloire de Guynemer grandit de mois en mois, sa photographie s’étale dans les magazines avec des légendes époustouflantes, ses exploits ont déjà pris figure de légende - et aucun jupon ne se profile à l’horizon, Guynemer serait-il mort puceau ?

Heureusement, Jules Roy est passé par là. Il nous a rassurés. Il y a eu des femmes dans la courte vie de Guynemer : une charmante Mme de Cornois, à Valenciennes, une Marie-Louise à Breille-Sec. mais l’aventure de sa vie, la vraie, c’est à Paris qu’il l’a vécue.

 

En ce temps-là, la capitale toute entière vibre pour les aviateurs. Dès qu’ils apparaissent dans leurs uniformes si reconnaissables, on s’empresse, on leur fait la fête, on les acclame. Les caissières de cinéma refusent leur argent. Montmartre leur appartient et le café de la Paix, et le Fouquet’s, et Maxim’s. pour eux, le meilleur champagne, les plus longs cigares et les plus jolies filles. elles sont bien rarees, celles qui ont le courage de leur résister. Ce soir-là, en compagnie d’un copain, Guynemer est allé au théâtre. Une chance, parce que justement de bien jolies filles évoluent sur la scène. Quand, on baisse le rideau, les aviateurs décident de ne pas en rester là, se glissent dans les coulisses, font passer leurs cartes de visite aux deux comédiennes qu’ils ont repérées. celle qu’à choisi Guynemer est blonde, avec des yeux immenses, un petit nez retroussé de l’effet le plus coquin et une voix aux modulations exquises. Elle s’appelle Yvonne Printemps.

Quand l’ouvreuse lui passe la carte de Guynemer, Yvonne sursaute : Sous-lieutenant Georges Guynemer. Il était donc dans la salle ! Il est venu l’applaudir ! Il veut la voir ! Elle le fait entrer à l’instant et, toute bête pour une fois, ne sait que dire. un regard à vous faire entrer sous terre ou à vous expédier au ciel. Elle le trouve beau. Et tranquille, et heureux. il faut qu’elle se secoue, Yvonne, pour s’exclamer avec cette gouaille qui accroît d’autant son charme.

- Dites donc avec tout ça, où est-ce qu’on va ?

C’est chez Maxim’s qu’on est allé. Plus tard elle s’est demandé de quoi ils avaient bien pu parler ce soir-là. impossible de s’en souvenir. Deux ou trois fois, elle l’a fait rire. Mais qu’est-ce qu’il l’attendrissait ce petit Guynemer ! Comme elle se sentait bien avec lui ! Quand il a réclamé l’addition, le maître d’hôtel est accouru :

- Il n’ y a pas d’addition pour vous, mon lieutenant ! Guynemer a grommelé quelque chose qui devait ressembler à un merci. Il s’est levé brusquement, a entraîné Yvonne.  Au matin, le lit où ils se sont retrouvés était devenu un champ de bataille. Une étrange liaison commence. Sur l’uniforme de Guynemer, Yvonne découvre toujours un galon de plus : sous-lieutenant Guytemer... Lieutenant Guytemer... Capitaine Guytemer. Capitaine à vingt-deux ans !

Elle en est toquée du petit Guytemer. L’ennui, c’est ce Sacha Guitry qui commence à faire une cour sérieuse à celle qu’il appelle Vonvon. Sacha ne déplaît pas à Yvonne. Coucher avec le talent, voilà ce qui est nouveau pour elle. Et pas désagréable. Elle a conscience d’avoir jusque -là mal administré sa carrière, d’avoir joué n’importe quoi. Sacha, acclamé par le public, porté aux nues par la critique, écrit déjà pour elle des rôles sur-mesure ! Mais rien n’y fait : quand le téléphone sonne, quand elle entend la voix de Guynemer, elle court au rendez-vous. Certes, elle deviendra Madamee Sacha Guitry, mais elle n’oubliera jamais son petit aviateur.

 

Impossible de raconter une à une toutes les victoires de Guynemer. Il est tombé sept fois. sept fois il s’en est tiré. Comment oublié ce combat au cours duquel il a foudroyé trois Fokker en cinq minutes et, son avion touché, a réussi à se poser en catastrophe dans nos lignes ? L’avion s’est à peu près retourné, le train écrasé, l’empennage dressé à trois mètres du sol. Et lui, Guynemer, vivant !

Imaginez les poilus qui ont aperçus ça au fond de leurs tranchées. On s’élance pour voir de près l’aviateur. Quelqu’un hurle : c’est Guynemer ! Quoi ? Guynemer ? Le vrai ? On se rue sur lui. On veut le voir, le toucher mais il souffre. C’est à peine s’il peut tenir debout. On a prévenu le général commandant la division. Il accourt.

- C’est vrai que vous êtes Guynemer ?

Le général fait rassembler ses troupes. Il veut que le héros les passe en revue avec lui. Il obéit. tout se brouille devant ses yeux. Il n’ira pas jusqu’au bout, il est est sûr, mais voilà que des rangs de tous ces poilus s’élève le chant de la Marseillaise. Alors, lui, Guynemer, oublie tout. il lâche le bras du général, affermit son pas et achève de passer les troupes en revue comme s’il était à l’exercice.

Le 28 juillet 1917, il remporte sa cinquantième victoire homologuée mais, écrit-il à son père, "si on avait tout compté, ce serait le double".

L’aube du 11 septembre 1917, le soleil l’emporte sur le brouillard. Belle journée pour voler.  A 8 h 25, Guynemer décolle. Il ne reviendra pas. Toute la journée l’escadrille le recherchera. En vain.

Le 27 septembre, la Gazette des Ardennes, journal allemand imprimé en français, publiera un récit qui dissipera le mystère : le 11 du même mois, à 10 h du matin, heure française, un aviateur s’est écrasé dans les lignes allemandes. Un sous-officier allemand s’est rendu avec deux hommes à l’endroit de la chute. Le pilote portait sur lui une carte d’identité dont le journal reproduit la photographie. Celle du capitaine Georges Guynemer.

On a su plus tard que le pilote qui l’avait abattu s’appelait Wissemann. La mort avit été causée par une balle dans la tête. qu’est devenu le cadavre de Guynemer ? Impossible de le savoir. 

La conclusion du communiqué ne manquera pas d’allure : "Les aviateurs allemands regrettent de n’avoir pu rendre honneurs aux vaillant adversaire." Nul n’a porté en terre les restes de Georges Guynemer, homme du ciel. 

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Published by Régis IGLESIAS - dans Ces années-là
14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 20:34

imagesCAH66LG3"Vingt et un jours plus tôt, une bombe semblable à celle que portait l'Enola Gay avait été expérimentée dans le désert du Nouveau-Mexique. Ce jour-là, le 16 juillet 1945, sur une distance de quatre cents kilomètres à la ronde, un éclair avait embrasé les cieux.

Aux dires des témoins, il éblouissait "comme plusieurs soleils réunis". Une gigantesque sphère de feu s'était élevée jusqu'à 8 000 mètres. La terre avait tremblé. Dans tout le sud-ouest des Etats-Unis, on avait entendu l'explosion et beaucoup s'étaient étonnés de voir le soleil se lever plus tôt que d'ordinaire. Une aveugle s'était écriée soudain : "Je vois !"

Une nouvelle ère avait commencé.


Flash back :

Dans les années 1920 et 1930, de jeunes savants cherchent éperdument et passionnément le secret de la matière. C'est Enrico Fermi qui ouvre la voie à de nouvelles applications, ce qui lui vaut, en 1938, le prix Nobel de physique. L'année suivante, il part pour l'Amérique : sa femme, Laura, est juive. Il a peur pour elle.

Les persécutions hitlériennes vont d'ailleurs éloigner d'Europe plusieurs savants atomistes. Juste retour des choses : si Hitler n'avait pas voulu imposer son absurde doctrine raciale, peut-être aurait-il disposé de la bombe atomique avant les Américains. Parmi ces exilés aux Etats-Unis, un physicien Hongrois du nom de Léo Szilard ne peut que susciter un intérêt particulier : il sait que cette bombe peut tout changer. Pour être entendu de Roosevelt, il songe à Einstein. Sa gloire est à son zénith. Même l'homme de la rue a entendu parler de la théorie de la relativité. Ils vont écrire une lettre pour convaincre le président.

C'est Alexander Sachs qui va donner cette lettre à Roosevelt quand il estimera que l'heure est venue. Sera-t-il ébranlé ? Sachs, qui connaît bien le passé et mieux encore son Franklin, lui conte alors une anecdote significative. Pendant des années, Napoléon a rêvé d'envahir l'Angleterre. Il n'y est jamais parvenu. Toujours les vents se sont révélés contraires. Un jeune inventeur du nom de Fulton est venu lui proposer de construire pour lui des navires à vapeur. Toute une flotte. L'empereur pourrait traverser la manche au jour qu'il choisirait. L'Angleterre une fois écrasée, il serait maître du monde. Napoléon a éconduit Fulton. L'affaire lui paraissait peu sérieuse. Il n'avait pas de tmps à perdre. C'est ainsi que, jamais, jamais il ne fut maître du monde.

Derrière ses lorgnons, les yeux de Roosevelt étincellent. Pensif, il aspire une bouffée de son long fume-cigarette. Il se fait apporter une bouteille de fine Napoléon, trinque avec Sachs puis donne l'ordre d'agir immédiatement. Tout va donc commencer ce jour-là. L'énorme machine américaine va se mettre en marche. Au bout du chemin, éclatera la bombe d'Hiroshima.

Einstein dira : "Si j'avais su, je n'aurai jamais signé cette lettre."

Le nom de l'entreprise : projet Manhattan. Son chef : le général Groves. L'effort est si considérable que le premier complexe industriel réalisé à Oak Ridge fait de la ville, en quelques mois, le cinquième du Tennessee.

Le soir de Noël 44, Groves déclare que les progrès sont tels que, très probablement le 1er août 1945, on pourra disposer d'une bombe. Du moins, il l'espère.

Si l'on se réfère au précédent de Napoléon refusant l'offre de Fulton, on peut dire que Hitler a purement et simplement réédité la même erreur. Roosevelt l'a évitée.

La guerre s'achève en Europe avant que la bombe soit prête. Désormais, c'est au Pacifique que les Etats-Unis vont consacrer tous leurs efforts. L'état-major élabore des plans d'attaque sans tenir compte de l'arme atomique, puisque les plus grands chefs militaires - même Eisenhower, même Mac Arthur - en ignorent l'existence. On prévoit de débarquer au Japon en deux étapes et en se référant à ce qu'à coûté en vies humaines la reconquête du pacifique, l'état-major estime que les pertes américaines, lors du premier débarquement, s'élèveront à un chiffre intermédiaire entre 30 000 et 40 000 hommes. 

Mais l'imprévisible est advenu : les savants ne veulent plus lancer la bombe. Léo Szilard lui-même a émis, le premier, les plus expresses réserves. Il voulait en 39 que les Etats-Unis disposent de la bombe avant Hitler. On y est parvenu. Le paradoxe est que, pour vaincre Hitler, on n'a pas besoin de la bombe. Ne reste que le Japon qui ne la possède pas. Il s'est expliqué plus tard : "Le monde entier savait déjà, et les Japonais eux-mêmes, que le Japon n'avait aucune chance de gagner la guerre. Il fallait donc penser à la paix et laisser les bombes de côté. Un bombardement au Japon ne se justifiait en aucune façon."

Le 1er juin 1945, le comité nommé par Truman qui a pris la relève dépose ses premières conclusions. Il recommande de lancer la bombe au plus tôt sur le Japon. ceci sans prévenir les Japonais de sa nature.

Les savants s'élèvent contre l'emploi de la bombe. Ils préconisent que "la nouvelle arme soit présentée dans un désert en présence des délégués de toutes les nations." Des Japonais seraient invités. On créerait ainsi une atmosphère extrêmement favorable à un accord international. l'Amérique s'adresserait au monde : "Voyez l'arme que nous possédons. pourtant nous ne nous en servons pas. Nous sommes disposés à ne pas l'utiliser dans l'avenir, à condition que les autres nations adhèrent à notre proposition et que l'on sente un contrôle international sérieux..."

Le document destiné au président Truman ne lui est jamais parvenu.


Le journaliste William L. Laurence, seul observateur officiel du projet Manhattan est persuadé que si Truman, s'il l'avait lu, ne l'aurait pas compris : "A cette époque-là, il était impensable de ne pas faire usage d'une arme qui mettrait fin à la guerre et nul ne voulait se résigner à perdre au moins 500 000 hommes, sans compter au minimum 2 millions de vies japonaises. C'était un argument qu'aucun chef d'Etat ne pouvait négliger."

pendant de longs jours, les savants continuent à se battre contre l'utilisation de la bombe. Ils frappent à toutes les portes. En vain. Le comité Stimson a tranché. Truman a entériné ses propositions. Il n'est plus au pouvoir de personne d'empêcher l'inéluctable.

Le 16 juillet donc, la première bombe atomique expérimentale explose dans le désert du Nouveau-Mexique. Au moment où s'est déchaînée la terrifiante explosion, un passage d'un livre sacré de l'Inde atraversé l'esprit d'Oppenheimer :

Si le rayonnement de milliers de soleils

Irradiait dans l'instant le ciel

dans toute sa splendeur apparaîtrait le Tout-Puissant...

Je suis la mort,

La fin de tous les temps.

Winston Churchill a déclaré, lui, qu'il s'agissait de la colère de Dieu.

Après cette expérimentation, on dispose de deux bombes : l'une à l'uranium, Little Boy, l'autre au plutonium, Fat Man. On utilisera la première. Si le Japon refuse de capituler, on utilisera la seconde.

On choisit Paul W. Tibbets Jr, ving-neuf ans, brun de cheveux, grand fumeur de pipe et surtout modèle d'équilibre pour larguer la bombe. Quand il fut convoqué à Colorado Springs et qu'il s'entendit révéler le secret de sa désignation, il ressentit, confiera-t-il, l'impression "qu'on venait de l'arracher à une planète pour l'introduire dans une autre".

Le 5 août, après le service religieux auquel il assiste avec ses hommes, Tibbets s'avise que son appareil ne porte pas de nom. Tibbets fait plus qu'aimer sa mère, il la vénère. se souvenant de son nom de jeune fille, il décide de baptiser l'appareil Enola Gay.

Le 6 août, l'Enola Gay s'élance sur la piste. Il prend peu à peu de la vitesse mais le B-29 est lourd, trop lourd. Trempés de sueur, Tibbets voit s'approcher à toute vitesse l'extrémité de la piste. ON ROULE À 80 m/seconde. On ne décolle toujours pas ! Le co-pilote Lewis n'a jamais oublié ce qu'il a pensé alors : "Nous n'y arriverons pas. Nous devrions déjà être en l'air. Il ne reste plus assez de piste."

De toutes ses forces, il tire le manche à balai en arrière. A quelques mètres de l'extrémité de la piste, le nez de l'appareil se lève enfin. On décolle.


A Hiroshima, les habitants qui s'éveillent prévoient une journée caniculaire. Depuis quelques jours les japonais ne comprennent pas pourquoi Hiroshima est éviter par les bombes. certains vont jusqu'à raconter que la mère de Truman se trouve dans la ville. Ce qui est bien sûr faux. Ils ne sauront que plus tard que c'est parce que la ville était intacte que la ville a été choisie.

Dans cette ville, on manque de tout. On s'attend au débarquement américain. Sans cesse, la radio exhorte les Japonais à se prépare pour, le moment venu, rejeter l'envahisseur à la mer. Avec quelles armes résistera-t-on ? Avec quelles munitions ? La plupart des hommes ne sont armés que de bâtons.

A 7 h 09, heure locale, les sirènes retentissent. On a repéré un avion. Ceux qui lèvent la tête peuvent reconnaître un avion météo. Ce n'est pas dangereux, un avion météo. Nul ne s'inquiète. comment sauraient-ils qu'il s'agit du Straight Flush du major Eatherly ? Et que cet avion-là devrait les inquiéter bien plus que n'importe quel avion de combat ? Il est là pour donner le feu vert...

A 8 heures, l'Enola Gay arrive sur place, il a tenu son horaire. A l'heure fixée, la bombe a été amorcée. Le moment est venu. A l'adresse de Ferebbee, Tibbets lance :

- A vous de jouer maintenant.

Tom Ferebee rive son oeil au collimateur. A 9 h 14, en plein dans la mire, le milieu d'un pont se détache : c'est l'objectif qui lui a été désigné sur photo. Il hurle :

- Je le tiens !

La bombe est larguée. Tous les hommes de l'Enola Gay, comme on le leur a prescrit, baissent sur leurs yeux d'épaisses lunettes noires. Soudain, l'équipage tout entier est aveuglé. Bob Lewis se croit atteint de cécité. La bombe vient d'éclater. Elle a déchaîné une température de 100 millions de degrés. Déjà, un nuage qui ressemble à un champignon commence à s'élever. Hiroshima est devenu un immense brasier.

Bob Lewis serre les poings et murmure :

- Mon Dieu, qu'avons-nous fait ?

Cette phrase est celle qui figure au journal de bord.


Hiroshima n'est plus. Les premiers, ceux qui se trouvaient directement en dessous de la projection sur le sol de l'explosion, ont été désintégrés. Plus de traces de choses ni de gens. Si l'on s'éloigne du "point zéro", ce sont des cadavres calcinés que l'on découvre.. les hommes, les femmes, les enfants, se sont embrasés, d'un seul coup.

100 000 morts, 40 000 blessés. Officiellement.

Sans doute beaucoup plus.

Quand le major Eatherly a su ce qui était arrivé à Hiroshima, il s'est tu. Pendant plusieurs jours, il a refusé d'adresser la parole à quiconque. Pourtant il n'a pas largué la bombe. mais il a conseillé à l'Enola Gay de la larguer. Cette idée-là, il ne peut la supporter.

Or le responsable, c'était Truman. Il déclara dans ses mémoires qu'il se devait d'ordonner que l'on utilisât la bombe. Il l'avait fait. Il le disait. Rien de plus.

Plus tard, interrogé par des journalistes qui lui demandèrent à brûle-pourpoint quel était l'évènement de sa vie qu'il regrettait le plus, Truman répondit sans hésiter :

- Je regrette de ne pas m'être marié plus tôt.

Apparemment, il n'avait pas pensé à la bombe.

Claude Eatherly, lui ne s'en ai jamais remis. Après plusieurs dépressions, un divorce et une tentative de suicide, il va se rendre en pèlerinage à Hiroshima. Les Japonais l'accueillent comme un frère retrouvé. Les militants du désarmement se reconnaissent en lui. En 1952, il participe à une manifestation monstre contre l'arme atomique. Jusqu'au bout, il clamera qu'il faut renoncer à l'atome en tant que moyen de destruction. Jusqu'en ce mois de juillet 1958 où, à 59 ans, il mourra d'un cancer.

Au-delà de sa propre mort, Claude Eatherly a voulu militer encore. A sa demande, son corps fut brûlé. Comme tant d'autres corps l'avaient été, treize ans plus tôt.


A Hiroshima. 

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Published by Régis IGLESIAS - dans Ces années-là
14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 11:55

imagesCAZ12DN5"L'homme s'avance, inspecte longuement la cellule. La plupart du temps, les occupants n'ont droit qu'à un regard dédaigneux. La porte se referme, l'exploration continue. De temps à autre un sourire éclaire le visage du visiteur. Il s'adresse à un assassin, à un voleur ou à un escroc : comment le directeur l'oublierait-il ?

- Libérez-le, dit l'homme.

Le capitaine Radecke se contente d'approuverer. 27 détenus vont ainsi quitter la prison. A chacun d'eux, l'homme aux cheveux noirs a dit simplement : 

- T'es libre.

Il s'appelle Henri Lafont. Ce jour-là, il commence à recruter les effectifs qui, au service des Allemands, composeront ce que l'on a appelé la Gestapo française. A ces individus en marge, le service de l'Allemagne nazie va fournir l'occasion d'une revanche acquise au mépris de tous les principes moraux existants. Au prix de toutes les abjections.

 

Tout a commencé quand les Allemands ont mis en place des bureaux d'achat chargés de négocier tout ce qui se révélera disponible sur le marché français. Le raisonnement de Lafont est simple :

- Ça, c'est un bon coup à ne pas rater. Moi, je vais leur acheter n'importe quoi, tout ce qu'ils veulent, les Fritz.

Plus tard, il affirmera qu'il aurait pu tout aussi bien, à cette époque, rejoindre un réseau de Résistance.

- Et qu'est-ce que je serais devenu maintenant ? Et bien, tout simplement un héros ! Et je n'aurais pas fait de cadeaux aux Fritz. J'aurais fonçé comme un dingue, comme un forcené, à fond. Seulement, voilà, en juillet et en août 1940, des résistants, je n'en ai pas connu, pas vu la couleur. Je ne savais même pas ce que c'était. Ca tient à rien la vie et le destin d'un homme : un truc comme rien, un petit hasard. Une histoire d'aiguillage. Ou alors, c'est la fatalité, et là je n'y peux rien. Mais à l'époque, j'avais simplement envie de ne pas crever, de vivre.

Mué en grossiste, il parcourt l'Ile-de-France, la Normandie : il achète du blé, du maïs, du beurre - par tonnes -, du bétail et même des fourrures. Les Allemands apprécient. Voilà un homme.

Son raisonnement est simple : si les employeurs allemands le lâchaient, il serait un homme fini. Pour éviter une telle éventualité, une solution, une seule : les compromettre si complètement qu'il leur deviendra impossible de se passer de lui. Lafont va donc s'appliquer à mêler à son "entreprise" tous les chefs allemands qui l'utiliseront. Il leur verse des commissions considérables et leur offre des "cadeaux" dont il gardera soigneusement la trace. Ainsi va croître sa puissance. Il en arrivera à dicter ses ordres à ceux qui, dans la hiérarchie nazie en France, occupe des postes clés. L'ex-petit truand va faire trembler des lieutenants de Hitler.  

Mais Lafont a besoin d'hommes de confiances qui sont prêts à tout. Il va aller les trouver en prison. A ces détenus, Lafont s'est montré explicite : au services des Allemands, il y a du fric à gagner. Beaucoup. Ce n'est pas le patriotisme qui étouffe ces truands. Ils ne demandent qu'à se mettre "au travail". A chacun de ses hommes, il a lancé :

- Tu m'appelleras Patron.

Mais Lafont dépasse les bornes et se retrouve dans le collimateur des Allemands. Il va alors dénicher Lambrecht, un des chefs de la résistance antinazie qui se cache dans le Sud-Ouest. Aucune haine ne l'anime à l'égard de cet homme qu'il ne connaît pas. Pour Lafont, il n'y aura jamais de guerre idéologique. Il avance des pions sur un échiquier, rien de plus. Lambrecht en est un. La vie de Lambrecht contre - pour lui - la fortune et la puissance ? Il trouve ce donnant donnant parfaitement équilibré. D'ailleurs est-ce que cela compte la vie humaine ?

 

Il se précipite à Bordeaux. Quelques nuits de beuverie dans les bars de la ville lui permettent de nouer des contacts. Un policier ivre mort lâche le morceau : Lambrecht se cache à Toulouse. Il livre même l'adresse. Cadeau. Il retourne à Paris. Le ressentiment des Allemands n'est pas éteint, mais la perspective de capturer Lambrecht efface tout. Il obtient des armes, des uniformes allemands, des Ausweiss et beaucoup d'argent. Il a posé ses conditions : aucun Allemand n'interviendra. Il veut réussir l'affaire avec ses hommes et personne d'autre.

 

Qui sont à cette époque les hommes de Lafont ? Il s'agit de Robert dit "le Fantassin", de Hyrbes dit "la Rigole" - deux figures notoires du milieu - et d'Estebéteguy, un tueur surnommé "Adrien la main froide". On loue une voiture, on file sur Toulouse. A l'adresse indiquée, on trouve Lambrecht en train de se raser. On l'assomme, on le ligote, on s'empare de ses documents, on le jette dans le coffre de la voiture et on le dépose au siège de la Gestapo. Maintenant, il faut que Lambrecht parle. "Laissez-moi faire", dit Lafont aux Allemands. Il va conduire l'interrogatoire... Il va durer deux jours et deux nuits. Lafont ne s'accorde pas une minute de repos, pas un instant de sommeil. A la fin, ses propres bras lui refusent tout service, ses hommes doivent le relayer. réduit à l'état de loque sanglante, Lambrecht craque. Il donne tous les détails qu'on attendait de lui. Grâce à ses aveux, les services allemands arrêteront plus de six cents personnes. Six cents ! Une "réussite" totale.

 

Cette réussite sera fêtée au One-two-two, "maison" parisienne célèbre. dans cette capitale qui, en octobre 1940, meurt littéralement de faim, le colonel Reile offre à "Monsieur Henri" ainsi qu'il l'appelle - le nom lui restera - un dîner somptueux.

Galvanisé, Monsieur Henri jette son dévolu sur un appartement de l'avenue Pierre-1er-de Serbie. Très vite, les locaux se révèlent trop exigus. Quand Lafont prend pour quartier général un hôtel particulier, 93, rue Lauriston, il ne cache pas que les vastes sous-sols ont été pour beaucoup dans son choix. On pourra y recevoir des prisonniers et les "interroger" sans que leurs cris ameutent le quartier.

En même temps, il recrute. Autour de lui, travaillent désormais Paulo du Helder dit "la Gamberge", Charles Cazauba, secoué de tics, Miclar qui se spécialisera dans les dénonciations de juifs, Riri l'Américain, proxénète connu - et le pire de tous : Abel danos dit "le Danois", "le Sanguinaire", "le Mammouth", "le Gros", "Gros Bill", "Bel Abel". Il mérite tous ses surnoms. En 1936, l'attaque du train de Marseille-Blancarde lui a permis de rafler 100 kg d'or. Danos est "un tueur à froid, dira l'inspecteur Chenevier. Danos avait le crime dans le sang".

D'autres encore : Armand le fou, huit condamnations, interdit de séjour, meurtrier d'un de ses amis, le proxénète Raymond Richard et sa "régulière" Simone Verhes qui, en mai 1944, provoqueront à eux deux, en une seule journée, l'arrestation de soixante résistants. s'y ajoutent Gaston Lorraine et Charles Forêt, tenanciers de maison close, Feu-Feu, dit "le Riton", sept condamnations, surtout respecté dans le milieu depuis l'attaque du fourgon postal de la rue de Maubeuge, Jo le corse, un tueur à gages, Adolphe Cornet dit "Frédo la terreur du Gnouff" qui, rue Lauriston, va se spécialiser dans les interrogatoires électriques, ce qu'il appelle la "magnéto à effacer le sourire". Et d'autres, bien d'autres.

C'est entouré de ces membres éminents de l'aristocratie du crime que Lafont va pendre la crémaillère. Sur une longue table jonchée d'orchidées, les crus des grandes années voisinent avec les champagnes millésimés. Toute la soirée défile des plats exquis. A table, à la place d'honneur, il y a même le conseiller criminel Boemelburg, l'un des hommes qui ont reçu pour mission de transposer dans les faits les théories prêchées par Hitler. Boemelburg doit concourir à la création de ce Grand Reich allemand qui doit vivre mille ans. Aux yeux des nazis français, du fait même qu'il va au bout de ses principes, il est respectable et doit être respecté.

C'est à ce moment là qu'arrive Bonny. Les Allemands l'ont trouvé dans la misère. Prêt à tout. C'est un organisateur. Il sait tenir des dossiers, toutes choses dont Lafont - qui sait à peine lire et écrire - est incapable. Du patron, il deviendra le complément indispensable. C'est grâce à lui que Lafont a pu glisser dans la paume des Allemands un rouage précis, huilé, ciselé, qu'il n'y a plus qu'à enchâsser dans la machine policière qui broie le coeur de la patrie.

Contre les réseaux de résistance, l'efficacité du Service va se révéler redoutable. Daniel Hirbes dénonce le groupe "Résistance-fer". Après s'être infiltré dans l'organisation, Bernard tertre porte des coups sérieux aux maquisards de "Libération vengeance". lafont élimine personnellement le réseau "défense de la France" auquel appartient Geneviève de Gaulle. Le 26 juillet 1943, Bonny arrête lui-même la nièce du général.

On a affirmé que Lafont était l'inventeur du supplice de la baignoire. Le certain est que la bande utilise abondamment cette méthode née de l'occupation. très simple : on attache les mains du "client" dans le dos par des menottes. On remplit une baignoire d'eau glacée. On plonge sous l'eau la tête de celui dont il faut tirer les aveux. lorsque le supplicié cesse de se débattre, prouvant par là qu'il a tteint la suffocation complète, on le ramène à la surface en le tirant brusquement par les cheveux. Si, ayant repris souffle, il refuse encore de parler, on le replonge dans l'eau.

 

Parfois certaines maîtresses de Lafont assistent aux interrogatoires. Il advient qu'elles mettent la main à la pâte, brûlant par exemple avec une cigarette la pointe des seins d'autres femmes arrêtées. pour obtenir des aveux toutes les méthodes sont bonnes. Jacques Delarue en énumère un certain nombre. Tantôt, le "terroriste", doit s'agenouiller tandis que l'un des hommes de Lafont monte sur ses épaules, tantôt on le suspend par les bras ramenés en arrière, à moins que l'on préfère le frapper à coup de pied, de poing, de nerf de boeuf. le résultat est le même : la perte de conscience. Pour réveiller le "client", on lui jette un sceau d'eau en pleine figure. "On limait les dents, on arrachait les ongles, on brûlait avec une cigarette et parfois même avec une lampe à souder. On pratiquait aussi le supplice de l'électricité. On entaillait la plante des pieds au rasoir, et on obligeait ensuite le blessé à marcher sur du sel. Des morceaux de coton imbibés d'essence étaient placés entre les doigts de pieds et enflammés."

Lutter contre la résistance, la décapiter si possible, mais n'oublier jamais de se remplir les poches : tel était le programme du Service.

A son procès, on prouvera que Lafont a sauvé la vie de résistants, de Juifs. Un coup de téléphone aux Allemands suffit : "ici Lafont, faites libérer M. X..." On libérait M. X... pour ces interventions, il demande de l'argent, parfois beaucoup. dans d'autres cas : "Envoyez-moi des fleurs." Jouir de la gratitude de gens qu'il n'aurait pas même osé aborder dix ans plus tôt est un plaisir qu'il savoure. Il se plaît à recruter ses maîtresses dans l'aristocratie. La comtesse Natacha Kolnikov est sa grande passion de l'année 41. Lui succèdent Geneviève de P..., puis la marquise d'A... dont le règne sera plus long et qui l'initiera aux joies de l'équitation. Il monte Séville, tandis que la marquise monte Belle Cocotte. Une fois par semaine, il offre un plantureux repas aux clochards : souvenir du temps où il était dans la rue ?

A mesure que croît l'audace des réseaux de résistance, le service durcit son action et augmente ses effectifs. A la fin de l'occupation, on estime à 34 000 hommes, le nombre d'agents de la Gestapo française. Chiffre effarant, accablant, les Allemands ont atteint leur but : gangrener la société française.

 

Pour la résistance, Lafont est devenu l'ennemi public numéro 1, l'homme à abattre. Plusieurs fois on tente de l'assassiner. Il est trop bien protégé. On lui propose alors une rencontre. Il accepte. Le 17 août 43, un homme se présente à lui :

-Lieutenant-colonel Ricard.

L'homme de l'ombre va droit au but : Lafont a joué la mauvaise carte, la défaite allemande est certaine, il a commis des crimes mais on sait qu'il a aussi sauvé des Français. Il est temps encore. On connaît ses qualités d'organisateur. pourquoi ne les mettrait-il pas au service de la Résistance ?

Lafont a semblé d'abord attentif, puis ému. En définitive, il refuse. il saisit la bouteille de champagne, boit au goulot.

- Colonel Ricard, ne me demandez pas d'être habillé de beaux sentiments. Pourquoi irais-je me déguiser chez vous ?Aimez-vous les femmes colonel ? Moi je les aime blondes, brunes, rousses, châtain clair, lisses, potelées, minces ; je les aime parfumées, maquillées, sages, démentes, douces, agressives. Je les ai toutes, jusqu'à satiété, jusqu'au doux écoeurement. Avez-vous autant de femmes à m'offrir ?

Il lève sa bouteille de champagne, boit encore :

- Aimez-vous l'argent, colonel Ricard ? Moi j'aime le posséder, le pétrir de mes mains, le jeter par les fenêtres... Aimez-vous la puissance, la gloire, colonel Ricard ?... Moi, j'aime dominer, humilier, vaincre, faire courber les têtes, voir des hommes ramper devant moi, m'implorer, me supplier, demander grâce, devenir fourbes, lâches, serviles, répugnants de bassesse.

Il a reposé la bouteille sur la table. il regarde bien en face le résistant. Les yeux dans les yeux :

- Vous ne me donnerez jamais, comme je le veux, autant de femmes, autant d'argent, autant de puissance. Et vous voulez que j'abandonne tout cela, que je me lance dans l'aventure, que je revienne à une vie d'errance, de clandestinité, de danger ? Non.

Après le débarquement, les rats quittent le navire : plusieurs de ses complices l'abandonnent. l'un deux, Estebéteguy, dit "Adrien le basque", croit trouver une filière pour passer en Amérique du Sud et finira dans la chaudière du docteur Pétiot. On retrouvera le cadavre de Ménard dans la banlieue de New-York : assassiné. Herbert sera exécuté d'une rafale de mitraillette dans une boîte de Mexico. Du fabuleux butin de Lafont, d'autres ont profité qui auront pignon sur rue. Lafont sera dénoncé et n'opposera aucune résistance.

Lors du procès, il ne se départira pas d'un grand calme qui ressemble à de la dignité. Il assumera toute la responsabilité. pour Lafont comme pour Bonny et plusieurs de leurs lieutenants, le même verdict : la mort.

Le 26 décembre 1944, Lafont et Bonny marchent vers le peloton d'exécution. Lafont refuse le secours de l'aumônier. A l'adresse de Maître Floriot, il lance :

- On devrait moderniser et, plutôt qu'un curé, vous envoyer, par exemple, une belle nana, histoire de garder de la vie un bon souvenir !

I rajoutera : Vous savez, je ne regrette rien. Quatre années au milieu des orchidées, des dahlias et des Bentley, ça paye, non ? J'ai vécu dix fois plus vite, c'est tout.

Il est de la première fournée. jusqu'au dernier moment, il tire sur sa cigarette. il se laisse attacher au peloton d'exécution mais refuse qu'on lui bande les yeux :

- Je veux boire jusqu'au dernier rayon de soleil.

 

A 9 h 50, les balles le frappent en plein visage. Le long du poteau blanc, il glisse vers le sol.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Ces années-là
11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 17:48

journal"Il était une fois...

 

 Le roi se mourait. Tous ses chevaliers étaient autour de lui. Les médecins s’avouaient impuissants. On envoya alors les chevaliers aux quatre coins du monde pour chercher un remède qui permettrait de sauver leur souverain. Ils allèrent partout et rencontrèrent tous les guérisseurs. En vain.


 Ils encoururent mille dangers, ils affrontèrent mille combats. Presque tous perdirent la vie et les survivants, défaits, désespérés, revenaient les mains vides. Perceval fut de retour le dernier. Lui non plus n’avait rien trouvé, mais il s’agenouilla au chevet du roi et lui dit du fond de son âme la seule parole qui restait en lui : "Je t’aime." Et le roi guérit aussitôt.


 Moralité : La chose la plus importante, c'est l'amour.

 

 

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Published by Régis IGLESIAS - dans Ma Mamie m'a dit
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 17:38

lisette"Il était une fois...

 

 Un homme marchait dans le désert, en haillons, couvert de vermine. Le roi, magnifique dans son équipage, le vit passer en si triste état qu’il s’en inquiéta et l’interpella.


- Mais que fais-tu ainsi, accoutré de la sorte ? Ou vas-tu donc ?

- A la recherche d’un trésor, répondit l’homme.

- Quel trésor ?

- Il n’y en a pas de plus considérable, sinon je ne ne serais pas en train de marcher dans cet état.

- En es-tu sûr ?

- Oui.

- Es-tu sur le point de le trouver.

- Oui.

- Alors j’abandonne tout et je te suis. Mais prends garde, si tu m’as trompé je te ferai coupé la tête !

 

 L’homme se tait. Alors le roi le rejoint et tous deux prennent la route. Ils marchent, ils marchent, ils marchent, par tous les temps. Au fil des jours, le roi prend un air aussi misérable que celui de son compagnon de route. A bout de force et de patience, il finit par s’arrêter et lui dit :

 

- Marraud ! Tu m’as trompé. Ou est le trésor ?

- Excuse-moi. Il y a longtemps que je l’ai trouvé.

- Mais où es-il ? Quel est-il donc ?

- Il est là. C’est toi !

 

Fin de l'histoire.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Ma Mamie m'a dit
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 17:00

images[1]

"L
'entraînement est un art relationnel.


Entraîner et former, cela signifie d'abord conseiller.

Plus la sphère d'influence d'un dirigeant ou d'un cadre supérieur s'accroît, plus les occasions directes de former les autres diminuent, tandis que d'autres compétences, comme l'aptitude à la direction, deviennent plus importantes.

Pourtant : "Un chef d'entreprise est avant tout un formateur, explique Harry Levinson, un pionnier du conseil en psychologie. Les gens d'aujourd'hui doivent être sûrs qu'ils vont acquérir de nouvelles compétences dans le poste quils occupent, sinon ils ne restent pas."

Une solide capacité d'entraîneur ou de formateur chez un patron améliore les performances de ses collaborateurs, accroît leur loyauté et leur satisfaction au travail, les aide à obtenir promotions et augmentations de salaire et limite la rotation du personnel.

Une relation ouverte et confiante est la base du succès de l'entraîneur sur le terrain. L'essentiel de leur travail consiste à essayer de stimuler les performances de leurs protégés, à leur donner des tuyaux pour progresser.

La clé du succès de ces entraîneurs ? Les meilleurs d'entre eux montrent un authentique intérêt personnel, une compréhension empathique pour ceux qu'ils guident. La confiance est cruciale : quand l'entraîneur n'inspire pas la confiance, on ne tient pas compte de ses conseils. Même rejet quand il est froid et impersonnel ou que la relation semble trop unilatérale ou intéressée.

Les dirigeants qui sont respectueux, fiables et empathiques sont les meilleurs entraîneurs.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Coaching
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 15:48

photo-3 0349"Générique de fin.



 Padovano est à la veille de la retraite.

Après avoir passé les quatre derniers mois comme gardien suppléant à Fleury-Mérogis, l'administration pénitentiaire accéléré son départ.


 Il faut préciser que, par trois fois, il dut être délivré, ayant été enfermé avec ses propres clefs dans sa propre chambre par des détenus placés sous sa surveillance, et dont aucun n'a jamais été rattrapé. Il attend ce jour avec impatience, ayant décidé de se consacrer désormais à la bonne marche de jardins d'enfants.

 En prévision de son rendez-vous avec Minoudot, Esther Douglas porte une eau de toilette imperceptiblement poivrée. Un truc à tomber raide.

 Et enfin, ce tour d'horizon rapide serait incomplet s'il ne comprenait pas également André Toursalino dit "Toursow". Sa piste fut la plus difficile à suivre et son sort n'a pu être établi avec certitude. Il y a cependant toutes les raisons de penser qu'il est actuellement installé au Marina Cubana Beach où il a pris ses habitudes dont celle d'interpréter tous les soirs au karaoké Benny Hill et Starsky et Hutch. 

 Quitte à passer pour un retrosexuel, Gérard Pelletier a décidé de faire le grand saut avec Françoise Herbelin, son amour d'enfance. Même si ce n'est pas couru d'avance.

 Il reste évidemment les deux personnages principaux. Il est difficile de ne pas en parler. Qu'il vous suffise de savoir qu'ils sont toujours très riches, très célèbres, très amoureux donc très beaux, très heureux, et qu'en plus ils sont en très bonne santé.

 C'est, pour certains, très agaçant. Il existe, en effet, une certaine catégorie de gens que les happy ends irritent. Ce sont pour la plupart des aigris, des gens pour qui le bonheur des autres est toujours insupportable.

 Tant pis pour eux, cette histoire finit bien. Ce n'est pas si fréquent qu'on le croit.

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Published by Régis IGLESIAS - dans FaceBlog
9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 18:35

05nnss8k"Une danse intime.

 

 

 Coït vient du latin coitus, lui-même issu de coite, "aller ensemble".



 En principe lors d’un rapport sexuel, les deux partenaires doivent donc s’entendre.

 

 Le coït est en quelque sorte une danse intime. Dans la plupart des cas malheureusement, l’un des partenaires impose sa position, son rythme : pour l’homme, le plus souvent par inhibition, par peur de perdre son érection ; pour la femme, par peur de s’abandonner mais aussi par besoin d’emprise.


 Il est donc nécessaire de communiquer sur ce qu’on aime et sur ce qu’on aime un peu moins.

 

Ensuite, pour éviter de lasser, il est bon de varier les plaisirs.

Ricardo Letellier en parlerait mieux que moi.

 

 Les positions donc mais aussi les mouvements de va-et-vient peuvent modifier considérablement les sensations. Par exemple, en donnant quelques coup de reins lents puis un rapide, on surprend sa partenaire, qui peut alors se lâcher. 
 

 Un dernier point : pour améliorer la qualité du coït, il est nécessaire de libérer son bassin. Cette partie du corps contient nos besoins fondamentaux – certes nos besoins de nourriture, mais également nos besoins spirituels. Le ventre démesuré du Boudha en est le meilleur exemple. Quant aux besoins sexuels, ne parle-t-on pas du ventre pour désigner le sexe féminin ?

 

 C’est également dans le bassin que se trouve notre centre de gravité. Les sumos le savent bien puisqu’ils se positionnent toujours de manière à caler leur bassin entre leurs pieds, faisant ainsi preuve d’une stabilité incroyable. Vérifiez quelle est votre assise. Est-ce que vous tenez l’équilibre dans cette position ?

 

 Autre exercice : assis en tailleur le plus confortablement possible, visualisez un fil qui passerait de l’anus au nombril et sentez cette force qui est en vous, cette énergie qui vous appartient. Ensuite, vous pourrez la transmettre et l’échanger avec votre partenaire au moment du coït.

 

Rideau.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Sexe
9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 17:14

securedownload-1--copie-13.jpg"Détail.

 

 Contrairement à Nadine Dimitriani, sa femme, Angelo a toujours préféré les petits détails du quotidien au paysage d'ensemble. Il nous dresse un tableau sans complaisance des protagonistes de l'histoire :

Helene Mc Pherson a laissé tomber Gilbert Lapentti
pour convoler avec Gérard Pelletier. Elle est actuellement en rut.

Minoudot raconte à Moulinot la blague de Jojo.

André Toursalino et Manuel Ferreira viennent de prendre la carte du parti.

Jean-Daniel Lescargoura dévore L'oracle della Luna.

Gigi se masturbe en regardant James Bond.

Delmer Toursalino pense toujours à Josy chaque fois qu'il se brosse les dents. Une fois par mois environ.

Lara Delmas est assise sur Dédé (son canapé Vuitton) et regarde Gérard (son écran plasma 16/9).

Padovano fait une pirouette inversée sur son bureau en fredonnant le générique du Capitaine Flam. 

Josiane Berthelot prépare une blanuette de veau. 

Pascaline Moulinot apprend à tricoter en prévision d'un heureux évènement.

Après avoir culbuter son ex tour à tour dans une 4L, une BM, une Twingo et une Coccinelle, Lombard est en train de la prendre nue dans la Simca 1000. 

De corvée de vaisselle, Angelo laisse la place à Franck Durieux, l'amant de sa femme,  qui va poursuivre pour nous l'investigation.

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Published by Régis IGLESIAS - dans FaceBlog
6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 22:55

CPA-Pyrex-Poulbot"C’est la fin d’une longue et chaude journée...

 

 Une journée à Disneyworld, le car bondé de parents et d’enfants qui doit les ramener à leur hôtel démarre. Le trajet dure environ vingt minutes. Les enfants sont surexcités et grincheux, et les parents aussi. L’ambiance est passablement accablante.

 

 Soudain, au-dessus du bourdonnement chaotique des enfants et des parents, on entend la voix du chauffeur qui entonne Sous la mer, la chanson tirée du dessin animé La Petite Sirène. Tout le monde se calme peu à peu et écoute.

 

 Puis une petite fille reprend le refrain, suivi par d’autres enfants. A la fin du trajet tout le monde chante Le Cercle de la vie, la chanson tirée du Roi Lion. Cet accablant voyage en car est devenu la fin paisible et mélodieuse d’une journée merveilleuse et le souvenir le pus fort de ce voyage.

 

 Ce chauffeur savait exactement ce qu’il faisait. Comme tous les chauffeurs, il est formé par les responsables de Disney à instaurer une atmosphère détendue dans ce genre de situation.

 

 Nous déclenchons  tous continuellement les états émotionnels des autres exactement comme ils déclenchent les nôtres. Le sourire est d’ailleurs le signal émotionnel le plus contagieux de tous, il possède le pouvoir presque irrésistible de faire sourire les autres en retour.

 

 Comme le dit Howard Friedman, psy à l’université de Californie : "La communication éloquente, passionnée, inspirée combine l’impact des expressions faciales, vocales gestuelles et des mouvements du corps."

 

 Ses recherches ont montré que ceux qui possèdent cette éloquence peuvent émouvoir et inspirer les autres, captiver leur imagination.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Communication

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin