"Aujourd'hui, L'Equipe du matin m'a re-contacté pour une interview exclusive. Morceaux choisis :
"Quel est le joueur le plus fort que vous avez vu joué ?
- Zizou, évidemment. C’était une symphonie. Après il y a Cantona. Quand il voulait, c’était un génie, par contre quand il ne voulait pas… Je n’oublie pas non plus Magic Waddle et Thierry Henry « Titi » et Killian bien sûr, contre l’Argentine, il m’a fait rêver. C'était Sonic.
« Un autre joueur qui vous a marqué ?
- Raynald Pédros. Avec les potes on avait un jeu à la con : on tirait au sort le nom d’un joueur avant le match et chaque fois que le commentateur citait son nom, on devait boire un coup. Ce jour-là, Pédros a du toucher 150 ballons. Résultat : j’ai fini la tête dans les chiottes…
« Votre premier souvenir marquant ?
- France / Portugal 1984. Demi-finale de l’Euro joué dans un Stade Vélodrome en effervescence. J’ai neuf ans, mais je m’en souviens comme si c’était hier. A la dernière seconde, Tigana déborde et centre pour Platoche… Vous connaissez la suite.
"Le joueur le plus méchant que vous avez vu joué ?
- Harald Schumacher. Séville 1982. Sans commentaire.
"Le meilleur souvenir ?
- Finale de l’Euro 2000, on est au Sporting-Bar, l’Italie mène 1/0 et c’est le temps additionnel. Fréjaldo me dit : « Redge, allume ton camescope pour filmer la victoire des Ritals… »
J’entends alors la voix de Thierry Roland : « Dégagement de Barthez, Trezeguet, Wiltord et But !!! ! ». Je revois Francis - Guido - rebouchonner la bouteille de Champagne…
« Votre pire souvenir ?
- Bari. J’ai trouvé la défaite de l’OM très cruelle. J’ai pleuré toute la nuit. Il y a aussi la main de Vata. Je ne l’ai pas vu. Problème de télé. Et quand les voisins du dessus ont hurlé j’ai cru que l’OM avait marqué. J’avais oublié qu’ils étaient Portugais…
Et je ne parle même pas de France/Bulgarie. Si un jour, je croise Kostadinov, je lui pète la tronche…
« Et Le PSG ?
- J’avoue qu’un jour - au café des Platanes et après une bonne douzaine de demi-fraise -, j’ai crié de joie quand Kombouaré leur a offert la victoire contre le Réal de Zamorano - l’hélicoptère - parce que c’était mérité.
« Un souvenir improbable ?
- J’étais à Auch avec une blonde - qui avait de gros nichons mais qui avait aussi ses règles - quand un pote m’a appelé pour me dire : « Rejoins-nous au café « Le France », il y a Bordeaux / Milan, c’est un match de dingue. » Foutu pour foutu, j’y suis allé. Quel match !
« Un souvenir familial ?
- 1986. Un samedi soir, on est à la maison avec ma mère et mon frère quand mon père débarque : « Dépêchez-vous, on part en week-end à la mer au Grau d’Agde. Du coup, on a suivi le match France / Brésil à la radio. Le pénalty raté de Socrates, le but de Platini…
Arrivé sur place, on a couru dans un bistrot suivre les pénos. J’entend encore la voix de Thierry Roland : « Luis Fernandez qui s’élance, allez mon petit bonhomme… »
« Et dans un stade ?
- OM / Leipzig avec mon frère et Olive au Vélodrome. Inoubliable.
"Dans un bistrot ?
- La remontada au pub « Le Brady’s » de Marseille. Un pote qui supporte le PSG s’est barré après le but de Cavani persuadé que c’était plié. En partant, il nous a lancé : « On se retrouve en quart de finale… » On ne l’a plus jamais revu.
"Le moment le plus stressant ?
- Quart de finale de la coupe du monde 98 à la plage du Prado devant un écran géant. Séance de pénalty contre l'Italie. Avec les copains et les copines, on était bras dessus, bras dessous. A la fin, je crois que la terre a tremblé.
"Un regret ?
- La disparition de Thierry Gilardi. J’adorais ce mec. Je me souviens que sa femme a dit à propos de lui :
« C’est un soleil, il nous distribuait ses rayons. Aujourd’hui, je n’ai plus de soleil mais ma Maman m’a dit un truc très juste :
« Maintenant, c’est une étoile alors une étoile c’est plus loin, c’est plus froid mais ça brille et ça brille même la nuit..." et Thierry ne me quittera jamais parce qu’il a toujours été mon guide… *
* Propos recueillis par Dario, ancien international Portugais, actuellement au chômage partiel.
Bonne journée à tous et restez chez vous.

