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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 15:46

Depeche"Tonton, tu n'es pas un peu jaloux ?

 

- Pas du tout. Ce n'est pas parce que je lis les mails et les sms de ma gonzesse qu'il faut tout de suite en tirer des conclusions hâtives. J'ai confiance en elle et je ne suis pas jaloux pour un sou. Mais la confiance n'exclut pas le contrôle, un point c'est tout.

 

- Tout de même. Ta femme m'a dit qu'elle t'avait surpris en train de fouiller son sac...

 

- Je cherchais un Carambar ! Tu ne peux pas juger mon garçon. Sans vouloir t'offenser, tu es encore très jeune et tu t'y connais autant en femmes que moi dans l'art de confectionner des choux à la crème.

 

- Tu étais comme ça au début ?

 

- Avant de la connaître, non. Tout a commencé le jour où je l'ai rencontré. Quel buste, Jésus, Marie, Joseph, quel buste ! Cette femme c'est pas une paire de nichons, c'était deux caravelles ! Des doigts de violoniste. Ue marquise. J'ai craqué. Au bout de deux minutes, je ne pensais plus qu'à la sauter. Une obsession.

 Le lendemain, j'arrivais au travail porté par les ailes de Cupidon, tout sourire en sifflotant des airs du boléro. Je pourrais encore décrire le parfum qu'elle portait ce soir-là. Lavande, mais en plus doux. Comme un petit pain tout frais sorti du four. Elle embaumait comme la princesse des contes. Elle a eu un de ses sourires en coin quand elle m'a vu, tu vois ce que je veux dire. Je me suis borné à additionner deux et deux, c'était évident qu'elle était sous le charme. Ensuite, j'ai passer deux jours à marcher sur des nuages. 

 On ne sait pas ce que c'est la vie avant d'en avoir déshabillé une pour la première fois. Bouton après bouton, comme si vous peliez une patate bien chaude par une nuit d'hiver. Aaaaah... ! Tu es blanc comme une cuisse de bonne soeur mon petit. Tout va bien ?

 

- Tu parles de ta femme quand même. Et avec l'âge, est-ce que... 

 

- (il coupe) Fais attention à ce que tu dis, avoir des petits-enfants ne signifie pas forcément qu'on est vieux, ça veut juste dire qu'on est marié à une grand-mère.

 Tel que tu me vois là je ne suis pas dans ma meilleure forme mais il y eut un temps où, question présentation et vigueur, je me posais-là. Et je plais toujours. Pas plus tard que hier après-midi au concours de belote, il y en avait une qui me faisait de l'oeil avec des yeux qui crient braguette. Et quelle fille, dis-donc. Pas du genre à passer inaperçue dans la rue. Et bien élevée avec ça. J'ai vu tout de suite qu'elle était allée dans les bons collèges. Mais quand même, elle avait quelque chose de coquin dans le regard... Tu sais mon petit, si mon coeur n'était pas pris, il y a longtemps qu'elle serait passé à la casserole...

 

- Tu recherches des diplômés maintenant ?

 

- Tais-toi, la seule mention d'un titre universitaire m'a toujours filé de l'urticaire. Ça n'empêche pas que hier avec la petite, ça aurait fait des étincelles, oui, des étincelles, comme dans la nuit de la Saint-Jean. Tu sais que j'en sais plus que toi sur les femmes et sur le monde. Comme nous l'enseigne Freud, la femme désire l'opposé de ce qu'elle pense ou déclare, ce qui, à bien y regarder, n'est pas si terrible, car l'homme, comme nous l'enseigne monsieur de la Palice, obéit, au contraire, aux injonctions de son appareil génital ou digestif.

 

- Tu veux dire qu'un baiser n'a pas forcément...

 

- Je te rappelle que tu t'adresses à un professionnel de la séduction, et le baiser c'est bon pour les amateurs et les dilettantes en pantoufles. La femme se laisse conquiert petit à petit. Tout est affaire de psychologie, comme dans une bonne passe de torero.

 

- Dis plutôt qu'elle t'a envoyé promener la jeunette...

 

- On n'envoie pas promener ton Tonton. Le problème, c'est que l'homme, pour en revenir à Freud et utiliser une métaphore, fonctionne comme une ampoule électrique : il s'allume d'un coup et refroidit aussi vite. La femme, elle - c'est scientifiquement prouvé -, s'échauffe comme une casserole, tu comprends ? Peu à peu, à feu lent, comme la bonne fricassée. Mais quand elle est enfin chaude, personne ne peut plus l'arrêter. Comme les hauts-fourneaux de Biscaye. Moi, à ton âge, j'étais toujours d'attaque, matin midi et soir. Et qu'est-ce que tu fais avec ton amoureuse ? Vous mettez les casseroles sur le feu ?

 

- Tu sais que l'acte d'amour sans être marié est un pêché Tonton...

 

- Arrête tes conneries, ta nana est un volcan au bord de l'éruption, avec une libido de magma en fusion et un coeur de sainte.  Au fond, je suis un gentleman comme on n'en fait plus, moi avec la jeunette, je n'en ai pas profité et me suis contenté d'un baiser sur la joue. Je ne suis pas pressée, tu comprends ?

 Les bonnes choses se font toujours attendre. Il y a des rustres qui s'imaginent que s'ils mettent la main au cul d'une femme et qu'elle en proteste pas, l'affaire est dans le sac. Ce sont des ignares. Le coeur de la femme est un labyrinthe de subtilités qui défie l'esprit grossier du mâle à l'affût. 

 Si tu veux vraiment posséder une femme, il te faut d'abord penser comme elle, et la première chose à faire est de conquérir son âme. Le reste, le réduit douillet et chaud qui te fait perdre les sens et la vertu, t'est donné de surcroît. Ne te fies jamais à celles qui se laissent faire dès la première fois. Moins encore à celles qui ont besoin de l'approbation du curé. Le bon bifteck, si tu me permets cette métaphore bouchère, se situe entre les deux. Bien sûr, si l'occasion se présente, inutile de faire la fine bouche et profites-en. Dans le cochon tout est bon. Mais si c'est sérieux alors rappelles-toi cette règle d'or.

 

- Tonton tu es un poète.

 

- Non, je suis comme Ortega y Gasset, un pragmatique, car la poésie ment, même si elle le fait joliment, et ce que j'affirme est plus vrai que le pain à la tomate. Comme disait le maître, montrez-moi un don Juan et je vous prouverai que c'est un pédé déguisé.

 Les femmes sont plus intelligentes que nous, ou en tout cas plus sincères avec elles-mêmes quand il s'agit de savoir ce qu'elles veulent. Ça n'a rien à voir avec ce qu'elles vous disent. Vous affrontez une énigme de la nature. La femme, c'est Babel et labyrinthe. Si vous la laissez réfléchir. Vous l'avez perdu. Si vous la laissez réfléchir, vous êtes perdu. N'oublie jamais ça : coeur chaud, tête froide. L'a b c du séducteur. Ce qui compte pour moi, c'est la permanence, la pérennité. Je te prends à témoin : je continuerai de faire de ma femme une femme, sinon honnête, car elle l'est déjà, du moins heureuse.

 

- Prends bien soin d'elle Tonton. Ta chérie n'est n'est pas si forte que ça.

 

- Tu crois que je ne m'en rends pas compte ? Allons donc, c'est comme si elle portait sur le front la médaille des veuves de guerre.

Puisque je te dis que j'en connais un bout, sur les vacheries de la vie : et cette femme, je la comblerai de bonheur jusqu'au bout, même si ça doit être la dernière chose que je ferai en ce monde. Tu es trop jeune mais tu verras qu'avec le temps, ce qui compte, ce n'est pas ce qu'on a, mais ce à quoi on renonce.

 Avec ma nana, nous avons eu une discussion. C'est une vraie mère poule, tu le sais. Elle ne le dit pas mais elle est heureuse avec moi. Et moi, cette femme, je l'aime plus que les abricots au sirop. Et puis, à mon âge, on commence à voir clairement les choses, ou alors on reste définitivement idiot.

 Cette vie vaut la peine d'être vécue pour trois ou quatre raisons, sinon autant aller planter des choux. J'ai fait beaucoup de bêtises, et je sais désormais que tout ce que je veux, c'est rendre ma nana heureuse et mourir un jour dans ses bras. Je veux redevenir un homme respectable, tu comprends. Pas pour moi parce que l'humanité me donne le cafard, mais pour elle. Parce qu'elle croit en ce genre de choses, les feuilletons à la radio, les curés, la respectabilité et la Vierge de Lourdes. Elle est comme ça et je l'aime ainsi. Et c'est pour ça que je veux qu'elle puisse se sentir fière de moi. Je veux qu'elle pense : mon chouchou est un homme qui en a, comme Cary Grant, Hemingway, Jaurès ou Manolete.

 

- Dis-lui des mots d'amour, ça ne mange pas de pain et ça fait toujours plaisir.

 

- Je n'arrête pas de lui dire des mots d'amour mais elle est sourde comme un pot !

 

- Sois un peu plus romantique avec elle.

 

- Romantique ? Jamais de la vie. L'homme est un animal social, et ce qui prime en lui c'est le copinage, le népotisme, le piston et le commérage comme mesure intrinsèque du comportement éthique. C'est purement biologique. Romantique... Bientôt tu vas finir par me donner la colique. Quel plouc tu fais parfois mon petit.

 

- Tu dis ça parce que tu as fait l'armée et que...

 

- Le service militaire ne sert qu'à découvrir le pourcentage de lèches-bottes qui sévissent ici-bas. Et cela ne demande pas plus de deux semaines, pas besoin de deux ans comme avant. Armée, Mariage, Église et Banque : Voilà les quatre cavaliers de l'apocalypse. Oui, tu peux rire.

 

- Sérieusement Tonton, c'est pas dur de vieillir ?

 

- M'en parle pas. Pour toi mourir c'est qu'on te vole ton avenir. Pour moi c'est qu'on me vole mon passé. Maintenant que je suis vieux, lorsque je parcours un cimetière, j'ai l'impression de visiter des appartements. C'est terrible.

 

- Je dois y aller Tonton.

 

- Tiens prends ça, tu offriras des fleurs à ta chérie. Après, tu verras c'est du gâteau et elle ne te prendra pas le bourrichon et tu n'auras même pas besoin d'appuyer sur sa tête. Reviens-nous voir de temps en temps mais je te préviens : à huit heures et demie, moi, je suis au lit.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Ma Mamie m'a dit

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin