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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 11:25

63645c78"Les meubles Levitan.

 

 "A la radio, on entend de plus en plus, de plus en plus fort, le Duce et le Führer, surtout ce dernier, avec ses cris hystériques qui ont jalonné toute mon enfance et la plus grande partie de mon adolescence, comme celles de tous les gens de ma génération.

 Nous les petits, on ne réalise que vaguement ; quand les fascistes envahissent l’Ethiopie, on chante avec l’accent toulousain évidemment :

 

 As-tu vu l’Négusse

Sur la route de Djibouti

Qui secouait les puces de Mussolini.

 

Plus tard, pendant la guerre d‘Espagne, ce sera, sur l’air d’Avec les pompom, avec les pompiers :

 

On n’a jamais vu ça Hitler en Pyjama

Mussolini, Mussolini, en chemise de nuit...

Je me souviens aussi de ...

"En parlant un peu de vélo

Tonin Magne et René Vietto... 

 

 Ah René Vietto ! Un héros, un preux !

Car le tour c’était la légende quotidienne et là au moins, on ne comptait pas les morts après l’attaque ! Lors d’un tour de France mémorable entre tous, Vietto roulait tout seul vers une victoire certaine dans les Pyrénées, et il a remonté un col à l’envers - à l’envers vous vous rendez compte ! - pour porter sa roue à son leader Antonin Magne accidenté. Un héros, vous dis-je...  

On chantait, on sifflait dans la rue, à la maison, au boulot ; sans aller chercher bien loin en ce qui concerne les paroles.

 Le doux Caboulot de Francis Carco qu’Yves Montand mettra à son répertoire dans les années 60, et les textes à l’eau de rose ou les farces à l’artillerie lourde, comme le Lycée Papillon d’Un Georgius à la verve débridée :

 

"Vercingétorix, née sous Louis-Philip-pe

Battit les chinois un soir à Ronc’vaux

C’est lui qui lança la mode des sli-p(e)s

Et pour cette raison mourut sur l’échafaud

On est pas des imbéciles

On a mêm’ de l’instruction

Au lycée Papa au lycée papa

Au lycée Papillon

 

 Papa n’avait pas eu le loisir de décrocher le si convoité, si mérité certificat d’études, mais, dans les très nombreuses lettres que j’ai gardées, rares sont les fautes d’orthographe, en tout cas pas un seul accord de participe défaillant ! 

 Les quartiers des grandes villes et leurs proches banlieues vivent de la même façon et au même rythme.

 Moyennant un petit supplément, le boulanger, le laitier, envoient leurs commis livrer porte à porte, surtout pour les femmes qui restent coincées à surveiller leur marmaille ; la carriole à cheval du marchand de pains de glace passe pour les "nantis qui ont une glacière ; pour le réfrigérateur, ce sera pour plus tard, dans 30 ans.

 Il faut avoir l’oeil pour ne pas laisser se gâter la nourriture achetée pratiquement au jour le jour, en marchandant ferme avec la marchande des quatre saisons.

 

 J’ai gardé en mémoire les cris distincts des petits artisans ambulants : Les  "Gué-é-eill'!" (chiffons, ferraille), "Vitriiiier !!!", "Rémou-ou-leur", et la vieille du passage qui faisait son petit loto personnel où l’on pouvait gagner jusqu’à une bourriche d’huîtres de Marennes ou une oie. 

 C’était le temps de la promiscuité avec les "murs" qui laissaient passer tous les bruits et les odeurs aussi. Une salle de bains ? personne, je dis bien personne n’en possède l’ombre d’une à deux kilomètres à la ronde.

 

 Cependant, si l’on excepte la période de l’Occupation où tout le monde s’est gelé et à dansé devant le buffet, je n’ai eu ni faim, ni froid, veillé, surveillé, cajolé par des parents désireux d’éviter à leur enfant la cruelle jeunesse qui fut la leur. 

 Ce n’était pas un quartier pour chienchien ou matou à sa mémère, mais tout le voisinage avait ses chats qui vivaient leur vie dans les jardinets et sur les toits. Ça nous envahissait de puces, mais c’était efficace contre les souris et même les gros bras qui pullulaient dans ce coin, si peu salubre qu’on a fini par le raser.

 

Ces Bibi, Pépin et autres Moustic ont été les grands amis de toute mon enfance.

On parlait d’eux  comme s’ils étaient des membres de nos familles - ce qu’ils étaient !

 

Aujourd’hui, c’est Zizou qui tient la vedette. En bon chat qui se respecte quand il n’est pas d’humeur à être caressé ; à d’autres moments, quand je lis, il vient un peu pétrir ma poitrine et ronronner à son aise.

 Alors j’ai dix ans...

 

 Les enfants avaient la rue pour seul terrain de jeux, hiver comme été.

Ils ne s’en plaignaient pas, au contraire ; et ce n’était pas deux voitures à gazogène par jour qui pouvaient perturber la pleine possession de leur territoire.

C’est là que se déroulaient toute sorte de luttes, que se formaient et se défaisaient tous les clans à coup de bataille rangées, de duels singuliers, de bouderies, de complots, de rivalités, d’alliances éternelles qui pouvaient durer jusqu’à deux semaines.

 C'est là qu'on devenait tour à tour gendarme, cow-boy, espion, indien, corsaire, grenadier de la garde, champion de tout un tas de trucs.

 C’est là qu’on devenait tour à tour gendarme, cow-boy, espion, indien, corsaire, grenadier de la garde, champion de tout un tas de trucs ; c’est là qu’on oubliait de ne pas abîmer nos chaussures en shootant dans n’importe quoi et qu’on déchirait nos vêtements, avec pour tarif quelques baffes des parents en plus des gnons récoltés au combat. 

 

 Les filles jouaient à la marelle, à l’institutrice, à la poupée, aux osselets, et aussi à un jeu de devinettes, "les métiers", dont je suppose qu’il avait cours partout : on dit la première et la dernière lettre et on mime les activités du métier à trouver. Celui sortait le plus souvent, c’était O - E, oto-rhino-laryngologiste ; ça faisait beaucoup d’effet...

  Les premières fois. Les garçons jouaient aux billes (les berles). Et à un autre jeu qui consistait à faire parcourir le long des trottoirs, par pichenettes, une boîte de cachous vide.

 

 Les parents de Jacky Laprade ou de René Rodriguez acceptaient de fermer leurs volets un bon moment pour qu’on joue à la pelote contre le mur de leur maison à un étage, à condition que ce soit avec une balle propre pour ne pas salir le mur.

 Les tournois étaient très suivis et c’était une bonne occasion d’épater les filles, sans faire nos intéressants à dire des grossièretés pour montrer qu’on était de la vraie graine d’hommes. 

 Ce n’est pas la fortune chez les Iglesias, il s’en faut de beaucoup, mais les fins de mois deviennent un peu moins difficiles ; sans faire de folies, on peut - enfin ! - se payer cet objet tant convoité, ce petit meuble magique qui prendra de plus en plus de place, dont on ne pourra plus se passer et qui se met à trôner jusque dans les foyers les plus modestes : le poste de TSF

 Par la radio un nouveau style va se dessiner. Le ton change.

On peut sussurer, roucouler, comme Lucienne Boyer, "Parlez-moi d'amour, redites-moi des choses tendres" ; ou comme Jean Lumière avec son articulation et sa voix travaillée. 

 

 Passsent aussi à la radio : Saint-Granier, Johnny Hess, Lys Gauty, Suzy Solidor, Marie Dubas, Damia, Reda Caire, Guy Berry, Fred Adison et son orchestre.

Et Fernandel.

 Avec la radio, la chanson entre dans les appartements.

Les habitudes sont bouleversées. On se met à reconnaître la voix des gens célèbres jusqu’au fin fond du pays... Les commerçants l’utilisent pour faire de la "réclame" comme la Brillantine Roja :

 

La brillantine

La meilleur‘ la plus fine

Mais oui c’est la

Brillantine Roja ! (sur l’air de Quand un vicomte) 

 

Ou bien Levitan :

 

Bien l’bonjour m’sieur Levitan

Vous avez des meubles garantis longtemps.

 

Pour les amateurs : Les souvenirs de Marcel Amont ; Les tendres années de Marcel Amont ;  La libération de Marcel Amont

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Published by Régis IGLESIAS - dans Les souvenirs de ...

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin