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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 16:51

café"La France est occupée. 

 

 Les Français ont mis plus d’un an à émerger du trou. Mais on s’amusait quand même. Même dans les files d’attente, même dans les abris ! Chaque fois qu’on pouvait, on allait au cinoche au théâtre. Et on chantait ! Piaf, Chevalier, Trenet, Tino, Damia, Georgius, Jacques Pills, Alibert, et les nouveaux comme André Claveau et Georges Guétary nous aidaient à garder le moral. les jeunes, on était amoureux du "Fou chantant", de Django Reinhardt, et tous amoureux de Danielle Darrieux. On entendait à la radio et à tous les coins de rue à l’accordéon, Mon amant de Saint-Jean. Les quelques refrains cocardiers de 39 virèrent à la nostalgie : Douce France, Ca sent si bon la France, Ah que la France est belle !

 

Quant à notre Maurice national, il nous redonnait la pêche avec des chansons entraînantes comme Notre espoir. "Zim boum boum ta gada". Maurice donne l’exemple, il estime de son devoir de redonner du coeur à nos ventres vides. La Chanson du maçon a aussi été un grand succès.

 

Ah les Teutons (un des nombreux surnoms de l’occupant honni avec Schleus, Fridolins, Fritz, Doryphores etc...). Peu à peu, la parole est donné aux pelotons d’exécution. On fusille pour l’exemple, encore plus que pour faits de résistance un peu partout en France.

Comment s’y prendre sans se faire prendre ? Une minorité résistait et la masse a attendu des jours meilleurs. Comme toujours, comme partout. Les gens de ce pays avait déjà donné en 14-18 pour un bilan qu’ils avaient trouvé globalement discutable, c’est le moins qu’on puisse en dire. Le coup de la der des ders, une fois ça va, après...

 

"Radio Paris ment, Radio Paris ment / Radio Paris est All’mand" chantait à la BBC, sur l’air de La Cucaracha, Pierre Dac qui avait pu rallier la France libre. C’est pourquoi, dans pratiquement tous les foyers de France, le soir venu, nous avions l’oreille collée au poste pour nous désintoxiquer de ces radios menteuses : "Toum toum toum tunnnnnm ! Ici Londres ! Les Français parlent aux Français !"

Dans l’attente de bonnes nouvelles, petites ou grandes, une faible lueur d’espoir renaissait quand on tournait le bouton jusqu’à la bonne longueur d’onde, qu’on connaissait par coeur, en prenant bien soin d’étouffer le son et de remettre, après écoute, l’aiguille sur une autre station, car on savait qu’il y avait des sanctions si on enfreignait l’ordre d’interdiction. On écoutait aussi et surtout ces radios pour la musique. Pour le swing !

 

Je suis swing chanté par Johnny Hess et son "da dou da da da dada-dza dza etc...

Cela aussi les jeunes aimaient bien, comme pour la Tour Eiffel de Trenet qui partait en balade et le facteur qui s’envolait ; ça nous plaisait d’autant plus que les anciens étaient consternés. Déjà !

A côté de Trenet, Swing Troubadour, il y a Django reinhardt, Jean Sablon ; toutes les chansons d’Irène de Trébert, la femme de Raymond Legrand (le père de Michel), qui fera un film Mademoiselle swing. On voit même des types comme Andrex y aller de leur swinguette avec Bébert :

 

On ne danse plus la java

Chez Bébert le monte-en-l’air

On est swing de haut jusqu’en bas

Chez Bébert dit "les pieds-plats"...

 

Dans le succès, il récidivera avec il y a des zazous dans mon quartier.

 

Le swing n’a tout de même pas tout envahi et n’a pas empêché Tino de rester Tino avec son Chant du gardian, ni Piaf de chanter L'accordéoniste ; ni le public de continuer à écouter ses chanteurs préférés.

 

En juin 41, l’armée allemande se jette sur l’URSS. L’attaque de Hitler prend Staline au dépourvu et c’est encore la Blitzkrieg, la guerre éclair. Les Allemands franchissent le Dniepr, encerclent Léningrad, foncent jusqu’aux portes de Moscou. Pire qu’une Bérézina, c’est nous en juin 40 ! Aux actualités de cinéma, on voit des files de prisonniers russes à perte de vue. Nous, avec nos petits drapeaux piqués sur les cartes, on arrive tout juste à suivre cette avance fulgurante. On est tous catastrophés ; rien ne résiste donc à Hitler !

 

J’avais alors douze ans et ce sont des évènements dont je n’ai pas oublié le moindre détail ; je peux dire encore aujourd’hui où se trouvent Jitomir, Krementchoug, Krasnodar ; tout comme je peux montrer en Lybie : Benghazi, Bardia, Sollum, Tobrouk ; et bien sûr, Bir Hakeim, près d’El Alamein où quelques mois plus tard des troupes portant l’uniforme français participeront à une bataille, victorieusement.

 

 Il fallait entendre le général de Gaulle, en parler de Londres, lyrique, ému, plein de tremolos dans la voix. Nous, ici-bas, à Carmaux et ailleurs, nous redressions la tête. Un peu...

 

 Mais le souvenir le plus marquant de ma vie de mineur, c'est l'occupation, à partir de 1940. Les mines aussi étaient occupées, et on était obligé d'aller travailler pour les Allemands. Il ne fallait pas chômer, sinon, le lendemain, ils venaient chez vous pour vous ramasser ! La Kommandantur était sans arrêt sur notre dos. Mais les Allemands ne sont jamais descendus au fond, ils avaient peur, sûrement qu'ils ne seraient jamais remontés !

 

En janvier 41, l'occupant décide de prolonger d'une demi-heure l'horaire de travail. Des mouvements de contestation se sont alors déclenchés suivi d'une grève. Immédiatement, le bassin a été quadrillé par les soldats allemands. Au même moment, la Wehrmacht attaque l'URSS, le pacte Germano-Soviétique est rompu. Jusqu'alors discret les militants communistes ont multiplié les actes de sabotage et c'est au fond que la Résistance s'est organisée. Au fond, le porion se promenait avec son casque d'Anglais pour montrer qu'il n'aimait pas les Allemands ! En ville, j'en avais vu un qui portait une pancarte avec écrit dessus "Ami des juifs".

 

 Pendant la guerre, il n'y avait plus de café. Ce que l'on appelait café c'était du "chirloute", de l'avoine grillé, de l'orge, toutes sortes de cochonneries ! Il n'y avait pas de lait, pas de beurre. On avait droit à 450 grammes de pain, mais sur la fin, c'était du pain de maïs. J'avais tout le temps faim. Comme il n'y avait rien à bouffer, après les grèves, les allemands ont fini par nous donner une saucisse par semaine. C'était distribué à la mine, une saucisse à viande ou une saucisse à pâté. Ma mère la coupait en sept, au moins on avait mangé quelque chose. Je n'ai jamais laissé quelque chose dans mon assiette !

 

 On n'avait pas de chaussures non plus. On avait des espadrilles en corde, elles duraient huit jours. Quand un trouvait un pneu ou un morceau de caoutchouc, c'était toute une histoire, parce que les mineurs se fabriquaient des espadrilles avec ! On écoutait Londres entre voisins, on camouflait les radios, parce que normalement on était obligés d'amener nos postes à la mairie. Il fallait bien capter parce qu'il y avait le bruitage allemand dessus. On ne sortait plus le soir, à cause du couvre-feu. Si on sortait pendant la nuit, on était compté comme terroriste.

 

 A partir de 41, plus rien ne rentrait, il n'y avait plus de monnaie, c'était : "Donne-moi quoique t'as, je te donnerais quoique j'ai." On n'avait que 250 grammes de nourriture pour la journée. Il n'y avait plus rien pour s'habiller. Les jeunes filles n'avaient pas de bas, alors elles se faisaient du jus de chicorée pour se peindre les jambes couleur bas ; parfois même elles faisaient un trait pour imiter la couture ! Et les Allemands pillaient tout, ramassaient tout ce qui avait de la valeur.


 Je faisais parti de la résistance en 44. Tous les jeunes ont combattu dans l'ombre. De Gaulle avait demandé qu'il n'y ait plus d'actes de sabotages, parce que les Allemands faisaient d'autant plus de prisonniers après. Mais on continuait un peu, on dessinait des croix de Lorraine sur les berlines, ou l'étoile rouge des Soviétiques. Ou encore la faucille et le marteau. C'était tout ce qu'on pouvait faire, parce que le sabotage mettait en danger la vie des collègues.


Un jour, un Allemand a été abattu, j'étais le premier sur les lieux, ils disaient : "Ça ne fait rien, ça ne fait rien." Moi j'ai dit : "Ça fait un de moins !"

 

A la libération, on attaquait pour libérer tout ça. On a fait quelques prisonniers. Le 14 juillet, on a décidé de fêter ça en accrochant le drapeau. On s'est tous réunis, tous les résistants. Qu'est-ce qu'il pleuvait ce jour-là ! Le 24 août, il y a eu une alerte, Paris était libéré. Il y en a un qui a chanté La Marseillaise.

 Là, j'ai pleuré."

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Published by Régis IGLESIAS - dans Les souvenirs de ...

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin