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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 00:01

Depeche"Profession musicien.

 

 Je me souviens de Maurice Chevalier qui me disait : "Vous êtes comme moi, du côté du soleil". Ce n’est pas un hasard si je la chante depuis quarante-cinq ans, cette "belle vie".

 

Un autre souvenir.

Ma mère tenait les cordons de la bourse et gérait l’affaire. Connaissant mon père par coeur, elle évitait de le laisser seul et appréciait peu que d’autres femmes lui tournent autour. Sens des réalités ? Jalousie ? Un peu des deux, sans doute. Mais surtout passion de Maman pour cet homme ; et l’on sait que toute passion est possessive...

Le 29 janvier 1933, Maman qui ne désirait rien plus qu’un enfant, réussit à vaincre les difficultés de la nature. Je vins au monde à sept de mois de grossesse. Emoi général. Papa se souvient avoir entendu l’accoucheur prévenir : "Je vais tenter de sauver la mère." Heureusement tout le monde survécut. On me baptisa Sacha en souvenir d’un frère de Papa mort peu de temps après sa venue en France.

 

 A cette époque de l’avant-guerre Tout va très bien Madame la Marquise, Ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine, Les chemises de l’archiduchesse étaient sur toutes les lèvres.

Je me souviens des soldats américains qui arboraient un air décontracté et jovial. En particulier les grands Noirs. Ils distribuaient des cigarettes, du chewing-gum et des capotes dont on m’expliquait l’usage de façon assez vague. "Zig Zig" disaient les soldats quand ils voulaient coucher avec une fille, c’est à dire souvent. C’était le code. Peu de filles refusaient. 

 

Je tournais avec Tonton Raymond qui avait repris l’idée de son adolescence en  créant l’orchestre des Collégiens et Henri Salvador qui chantait le célèbre Petit souper aux chandelles. qui opérait des ravages dans les coeurs féminins. Je préfère très vite la musique de Dizzy Gillespie, Lionel Hampton, Miles Davis, Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald, Lester Young, sans oublier le plus grand de tous, Charlie Parker. 

 

Jeune, j’ai travaillé en Angleterre et aux Etats-Unis. Je détestais autant Londres que j’avais adoré New-York. Je ne ficherai plus jamais les pieds dans ce foutu pays, jurais-je tout seul. Et pourtant... J’apprendrais plus tard que la vie distribue les cartes à sa seule guise : cette Amérique du nord qui m’a fait tout découvrir, où je me suis senti si bien, tellement chez moi, devenu chanteur je ne suis jamais parvenu à l’apprivoiser. J’ai toujours fait figure d’intrus. Trois petits tours et puis s’en va. Au contraire le Londres haï de ma jeunesse allait voir s’épanouir quelque vingt ans plus tard une seconde carrière commencée avec la version anglaise de Toute la pluie tombe sur moi entre autres. Ne jamais rien prévoir, ne jamais rien anticiper : ce précepte, valable pour toute vie, est encore plus vrai lorsqu’il s’agit d’une carrière artistique.

 

Juliette Gréco ?

 

 Il me reste de beaux souvenirs. Aucune amertume. Nul regret. J’ai peu de mérite. Ma mémoire ne retient que les belles choses, comme si une amnésie l’empêchait de revoir les sales moments, les petites trahisons, les mensonges commodes. Et puis, je comprends les êtres que nous étions alors. Nous goûtions à la liberté ; c’était grisant, mais chaque ivresse a son prix. Je ne suis d’ailleurs pas certain que la note a été aussi lourde que les bienfaits retirés. Nous étions jeunes, nous suivions nos désirs et étions convaincus que l’instant a plus de force que la durée. Surtout nous n’organisons pas nos vies. Les choses allaient leur train, nous tentions de les suivre. Je ne regrette pas cette légèreté. Elle n’avait rien de superficiel. Le début de notre aventure a été merveilleux, un vrai conte de fée. Je l’ai aimée comme on peut aimer à vingt-trois ans une bonne fée qui fait irruption dans votre vie, avec désir, enthousiasme et un brin d’inconscience.

 

Jeanne Moreau ?

 

 La jeunesse cicatrise vite, sans doute pour mieux se préparer à de nouvelles blessures. Un jour j’enchaînais les morceaux, tête dans les cordes comme pour mieux oublier mes soucis et lorsque j’ai relevé la tête, une superbe brune était là et m’a jeté un regard assassin. Le tout avant de sortir, sans un mot, au bras d’un type avec lequel elle avait l’air de s’ennuyer sec. "C’est Jeanne Moreau", m’a glissé le barman. J’ai trouvé son numéro (grâce à tonton Raymond) que je formais aussitôt sur mon cadran. Elle m’accueillit par cette phrase : "J’attendais votre appel." Dans la vie, il y a des femmes à qui tout est dû, et les autres. Il est clair que Jeanne appartient à la première catégorie.

Je lui dois des moments merveilleux. Comment le dire autrement, les premiers moments d’une passion sont toujours merveilleux. J’ai craqué dès le premier soir. Il y avait de quoi. Jeanne était une sorte de tornade, l’amoureuse dont tout jeune homme rêve.

Mais on était trop différents. On s’est revu plus tard, j’étais plus sûr de moi mais l’histoire ne se répète jamais, surtout quand elle devient qu’une aventure. Le bonheur avait laissé place au plaisir. Tout cela n’avait pas grand sens. Nous nous sommes quittés, cette fois-ci sans fâcherie ni douleur quelques mois plus tard. Avions-nous fait le détour vers le passé de trop ? C’est possible. N’empêche que notre histoire valait bel et bien ce détour et que, de ces moments-là, comme des autres, je ne regrette rien.

 

Brigitte Bardot ?

 

On parle - on se connaît à peine - et elle me demande où je vais en vacances. Je lui dis : "A Saint-Tropez." "C’est drôle. Je viens d’acheter une maison là-bas. Passez me voir." Fin de l’acte un. L’été arrive, je descends à Saint-Tropez, j’ai téléphoné à Brigitte pour une journaliste qui voulait la rencontrer et nous nous sommes retrouvés à la Madrague. Ensuite, Brigitte m’a proposé de l’accompagner pour dîner à l’hôtel de la Ponche. J’ai accepté. Puis nous sommes allé boire un verre. Puis j’ai reconduit Brigitte chez elle.

 Et j’y suis resté.

 

 A partir d’un moment, notre couple fut en survie et les déceptions s’enchaînèrent selon la logique inéluctable qui prélude à toute rupture. Je ne relaterai pas la fin de l’histoire, elle fut aussi triste qu’elle avait été belle. Comme tant d’autres, nous connûmes la litanie des séparations qui s'effilochent avec les déceptions qui mettent à bas les ultimes espoirs. Moi qui suit peu sujet aux emportements, je me surpris un jour à casser du verre tandis que Jacques Charrier - son nouveau Jules -, s’enfermait dans la salle de bains de Brigitte parce qu’il craignait mes réactions violentes. J’ai repris mes trois chemises, mes deux pantalons, mon agenda dont les pages avaient été couvertes part Brigitte de déclarations d’amour enflammées et j’ai quitté les lieux.

 

 Un jour a un enterrement d’un ami commun, Brigitte visiblement émue s’est avancée vers moi. "Parlons-nous, Sacha, voyons-nous, c’est dommage..." J’ai pensé avec tristesse que nous étions parvenus à l’âge où seuls les morts sont capable de nous réunir.

 Les morts et les animaux. Un jour elle a sollicité ma participation pour une manifestation en leur faveur et, ce jour-là, quelque chose est passé entre nous, rapide, diffus. Dans l’oeil de Brigitte j’ai aperçu cette petite flamme caractéristique de la beauté et de la tendresse... Loin, très loin ; presque évanouie - comme notre dolce vita à la française, ce mélange de passion et de harcèlement journalistique que nous avions vécu -, mais pas totalement éteinte. Du moins en souvenir.

 

Francine ?

 

Dans ces années-là ma vie sentimentale connaissait des hauts et des bas. Jusqu’au jour où j’ai décidé sur un coup de tête de partir pour Megeve. Trois jours de ski intensif m’ont suffi non pour devenir un bon skieur, mais pour descendre n’importe quelle piste. Et c’est au détour d’une d’elles que Francine m’apparut, superbe, couettes et regard vert, négociant des virages d’une élégance telle que j’en fus ébloui. Nous nous sommes croisés à nouveau dans la station, revus, avons pris un verre, dîné ensemble, dansé même, nous nous sommes plu, embrassés, juré de ne ne plus nous quitter, et la suite. Dès le premier soir, j’ai pensé qu’elle serait la mère de mes enfants. L’avenir allait me donner raison.

 

Scoubidou ?

 

 Il nous manquait une chanson. Une chanteuse américaine de renom, Nancy Holloway interpréta un soir ce qui était alors en train de devenir un tube de Peggy Lee aux Etats-Unis, une histoire de fille qui vend des pommes, des pêches et des cerises... On s’est dit : "C’est ça qu’il nous faut". On s’y est collé tout de suite. Très vite, l’enthousiasme nous gagne. Nous tenons la dernière chanson du tour de chant, c’est sûr. Cette impression se confirme le lendemain avec les musiciens, les rythme est bon, les paroles de Maurice collent parfaitement. Pourtant, il manque quelque chose. Je suggère que les musiciens ponctuent les paroles par un accompagnement parlé, à l’américaine, du style "scoo be do be do, ah". Essai ; c’est mieux. Les musiciens s’amusent comme des fous. Soudain Maurice se lève de sa chaise : "j’ai trouvé. Les "scoo be do", ce n’est pas un accompagnement, c’est une partie du texte. Essaie, Sacha, tu vends des pommes, des poires et des scoubidous". Ça marche tout de suite du tonnerre. Soulagement. Quand on  l’a chanté quelques jours plus tard, tout de suite le miracle s’est produit. Un délire a saisi la salle. Puis, s’est devenu un raz-de-marée.

Un triomphe. Du jamais vu. Très vite, la mode des scoubidous gagna la France et le moindre porte-clés, la plus petite chenille accrochée aux rétroviseurs de voiture se transformèrent en tortillon de plastique. Ce gadget allait devenir une sorte d’objet culte des années soixante. Une sorte de porte bonheur, en somme.

 

Rideau.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Les souvenirs de ...

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin