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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 16:29

Almanach"Le bonheur était dans le pré.

 

Nous sommes tous marqués par ce "quelque part" où nous avons vu le jour, nous en gardons toute la vie une trace ineffaçable. Brassens lui-même, d'ailleurs, dans la Supplique pour être enterré à la plage de sète, a cédé à ce sentiment commun en demandant :

"Que vers le sol natal mon corps soit ramené

Juste au bord de la mer, à deux pas des flots bleus".

 Aujourd'hui encore, quand je rencontre quelqu'un pour la première fois, je ne résiste pas à l'envie de lui demander : "D'où êtes-vous ?" Ce n'est pas une curiosité gratuite. En connaissant son terroir d'origine, je sais que je vais d'emblée apprendre quelque chose sur lui. Autant, sinon plus, qu'en découvrant son signe du zodiaque...

 Il y a des qualités et des défauts, des traits de caractère qui tiennent au pays d'où l'on vient, qui semblent inscrits dans les gènes, tout comme il en est qui dépendent de l'heure et de la date de la naissance.

 Et si je connais, en plus, la commune dont on me donne le nom, alors là, je peux épater la galerie : "Ah oui, c'est là que se trouve le château du marquis de Sade !" ou bien "C'est la capitale de la camomille !". Plus le village est petit et ignoré, plus mon interlocuteur me regarde avec admiration !

 Mais je sais aussi que j'ai marqué un point, dans ma relation avec lui. Il est subitement touché par cette évocation de son village natal, parce que, comme tout Français, il lui est resté attaché. Un climat de sympathie, de complicité s'est créé entre nous.

 Mon père est arrivé dans la commune où je suis né après avoir accepté, faute de mieux, un emploi d'"homme de peine" chez Agache. il allait ensuite devenir "employé aux écritures".

 Je me souviens d'une photo où on le voit dans la cour de l'usine, jouant aux cartes avec ses collègues, pendant les fameuses grèves de 36 qui durèrent trois semaines et qui permirent au personnel d'obtenir - outre les congés payés et la semaine de quarante heures - la suppression des amendes et le relèvement de l'âge du travail à quatorze ans. 

 J'ai toujours pensé qu'on dû forcer mon père à débrayer car ce n'était pas dans sa nature. D'une exactitude rigoureuse, il avait un respect religieux pour le travail et la hiérarchie. quand il a obtenu sa médaille du travail, au bout de vingt-cinq années d'assiduité, il l'a fêtée comme une légion d'honneur.

 J'étais le sixième enfant de la famille. Avant moi, ma mère avait mis successivement au monde cinq filles en cinq ans ! Tout en rendant grâce au ciel pour cette heureuse fécondité, mes parents se désespéraient néanmoins d'avoir un jour un  garçon.

 Leur désir était si fort qu'après la naissance de sa cinquième fille, ma mère, très croyante, avait fait un voeu : "Si vous me donnez un fils, mon Dieu, il sera pour vous. J'en ferai un prêtre."

 Exaucée, elle me prépara donc à cette "vocation" dès mon plus jeune âge.

 Dans notre maison, la cuisine était la seule pièce chauffée, l'hiver, grâce à l'imposante cuisinière émaillée, avec sa "chaussette" remplie d'un mélange de café et de chicorée.

 Tout contre, mon père avait son fauteuil, où il venait s'asseoir en rentrant du jardin, pour lire le journal, tandis qu'un des enfants lui apportait rituellement ses pantoufles.

 Le samedi, on dressait un paravent autour de l'évier pour que chacun, à tour de rôle, puisse faire sa "grande toilette"...

 En pension, je me souviens d'un ravitaillement - occupation oblige - rationné. Purées de pois cassés, rutabagas, lait battu aux flocons d'avoine, biscuits vitaminés... c'était l'essentiel de notre ordinaire.

 Je me souviens qu'alors que Radio-Luxembourg diffusait de la "réclame" à coup de slogans et de ritournelles tapageuses, Europe n°1 avait inauguré la publicité en douceur. Elle avait également inventé le journalisme parlé : au lieu des bulletins d'information de la RTF lus par des "speakers" à la voix empesée, on entendait des journalistes dire avec naturel les nouvelles qu'ils avaient  eux-même rédigées, racontées avec émotion les évènements qu'ils avaient vécus. Nous n'étions plus des "chers-z-auditeurs" mais des amis.

 J'étais très attiré, à l'époque, par le monde du spectacle, les coulisses du cinéma, les vedettes qui faisaient la une de Cinémonde et les starlettes qui se contentaient des pages intérieures.

 Depuis mes années d'étudiant, je rêvais d'approcher Martine Carol, dont les ravissantes apparitions dans Caroline Chérie, Un caprice de Caroline, Lucrèce Borgia m'avaient vivement impressionné. J'espérai que mon statut de reporter parisien me donnerait enfin l'occasion de réaliser mon voeu.

 La belle et fragile comédienne mit trop rapidement fin à sa carrière et à son existence, malheureusement, pour que j'ai le temps de lui déclarer mon admiration, mais en 56, un autre "sex-symbol" accédait à la gloire, grâce au film Et Dieu créa la femme : Brigitte Bardot.

 Mon plus beau souvenir de "fan" reste mon unique rencontre avec Edith Piaf. Le repas terminé, elle nous invita à monter au premier étage de chez Maxim's, où se trouvait un piano, pour nous faire découvrir l'une des chansons de son nouveau tour. "Elle a été écrite par un jeune garçon plein de talent, Georges Moustaki, sur une musique de mon amie Marguerite Monnot", annonça-t-elle.

 Marguerite Monnot s'installa au piano et joua les premières notes de Milord. Edith se mit à chanter, le regard dirigé vers moi, s'amusant de ma timidité :

"Allez, venez, Milord, vous avez l'air d'un môme,

Laissez-vous faire, Milord, venez dans mon royaume..."

 Assis par terre, en demi-cercle autour d'elle, nous l'écoutions bouleversés, conscients d'assister à la naissance d'une chanson immortelle. Aujourd'hui encore, chaque fois que j'entends "Milord", j'en ai des frissons.

 

"Je vous écoutais en trayant mes vaches."

 

 Il arrive souvent qu'on me dise : "Bonjour M. le Maire a été longtemps un signal, pour moi. Quand j'entendais l'indicatif de début (ou de fin) de l'émission, je savais que c'était l'heure de me lever, ou de partir au lycée, ou de donner le biberon..."

 Cet indicatif musical commençait par une sonnerie de clochers villageoises et se poursuivait, dans les premiers temps du moins, par une ritournelle publicitaire qui ne collait pas du tout avec le style jeune et "dans le vent" de la station mais qui avait été exigée par le client, la société Butagaz.

 Sur la musique du film L'Auberge du septième Bonheur, l'un des succès de l'année 59, et sur des paroles de Jean Peigné, et sur des paroles de jean Peigné, elle proclamait allègrement :

"Butagaz, Propagaz,

Le bonheur sous chaque toit,

Un, deux, trois, hop là,

La flamme la voilà,

Butagaz et Propagaz !"

 

 Je me souviens d'une drôle d'épidémie baptisée la "moulite". Toute la France chantait et nous réclamait "La pêche aux moules", une chanson enfantine que nous avions bêtement interprétée, un dimanche, en démarrant l'émission.

Dès que l'un de nous sortait dans la rue ou entrait dans un lieu public, il y avait toujours quelqu'un pour entonner "La pêche aux moules" en nous lançant un clin d'œil complice.


Au bout de quelques semaines, nous en eûmes assez de rabâcher la même rengaine. Martin nous dit : "Il faut trouver une autre chanson, dans le même style, pour nous renouveler. Qui a une idée ?" C'est Desproges qui proposa "Mam´zelle Angèle", une comptine qu'il avait apprise dans son enfance...


"Je frappe au numéro un
Je d'mande Mamnzelle Angèle
La concierge me répond :
Mais quel métier fait-elle ?
Elle fait des pantalons,
Des jupes et des jupons
Et des gilets en flanelle,


Elle fait des pantalons,
Des jupes et des jupons,
Et des bonnets de coton !
Ah ah ah !
Je ne connais pas
Ce genre de métier
Allez voir à côté !"


Je frappe au numéro deux...


La fin ? Elle tombe comme un refrain :

"Le bonheur est dans le pré

Cours-y vite, cours-y vite,
Le bonheur est dans le pré,
Cours-y vite, il va filer."

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Published by Régis IGLESIAS - dans Les souvenirs de ...

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin