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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 23:00

a2cccb04"Un récit - éblouissant ! - d'Annette Muller. Morceaux choisis :

 

"Le dimanche, c'était jour de fête.

Il y avait dans la maison une odeur chaude de gâteau au chocolat et à la canelle qu'on prenait avec le café au lait ou le Banania.

 Ma mère installait devant le poêle une grande baignoire de zinc où nous plongions deux par deux. Elle nous savonnait vigoureusement avec du savon de Bébé Cadum en nous chantant Ramona tandis que mon père nous enveloppait dans des serviettes tièdes.

 Après le bain mon père s'asseyait sur le canapé pour le cérémonial habituel de la famille.

Nous l'entourions tous quatre, accroché à son dos, son cou ou assis sur ses genoux.

 

 Plus tard, maman nous emmena aux douches municipales. Nous traversions la place où parfois tournoyaient les manèges, countournions la fontaine où coulait un mince filet d'eau.

Nous entrions à cinq dans la cabine fumante. Ma mère, en maillot de bain, nous frictionnait en fredonnant, sans tenir compte de nos protestations.

 De partout fusaient les chants joyeux et sifflements repris de cabine en cabine.

C'est dans les douches municipales qu'on apprenait la dernière rengaine en vogue.

Les cheveux mouillés, frais, rouges et propres, on rentrait à la maison revêtir nos habits du dimanche.

Je me souviens aussi des batailles de pelochons avec mes frères. Je me souviens aussi qu'on jouait au nain jaune.


Le dimanche après-midi, mes parents faisaient la sieste.

Nous restions à jouer dehors, rue de l'Avenir. tous les gosses du quartier venait s'y retrouver. Nous passions de longs moments assis sur le trottoir, à enfiler des perles minuscules pour en faire des colliers. On faisait aussi des avions et des cerfs-volants en papier.

 La rue de l'avenir était bruyante et animée. Nous y dessinnions des marelles, et les boites rondes et plates de pastilles vides qu'on poussait du pied résonnaient sur les gros pavés.


 On entendait souvent le cri du vitrier "Vitrier ! Vitrier !" qui portait des carreaux sur son dos, ou du "Marchand d'habits... chiffons !" traînant sa carriole autour de laquelle se pressaient les ménagères, ou encore du remouleur actionnant rapidement sa roue sous les couteaux et les gros ciseaux du tailleur que nous lui apportions.

 Mais ce que nous préférions, c'était les chanteurs des rues, hommes à l'aspect triste, femmes au corps flasque, aux vêtements usés et sales, qui chantaient des complaintes lugubres devant les fenêtres fermées.

 Peu à peu, les fenêtres s'ouvraient et les piécettes pleuvaient sur le trottoir, aussitôt ramassées et enfouies au fond des larges poches.

"Merci, msieur-dames", disaient les chanteurs des rues quand la récolte était bonne, et ils s'en allaient tandis que les enfants reprenaient la complainte d'une voix claironnante.

 

 Mon premier souvenir est très lointain. Nous habitions à Paris. Le jour du déménagement, j'avais enfermé mon frère Michel dans le tiroir du bas de l'armoire. On avait mis longtemps à le retrouver. J'espérais qu'ainsi caché, on l'oublierait. Je désirais surtout son biberon.

 Outre le bibeon de Michel, je jalousais aussi son landau. Le soir, je m'endormais m'imaginant couchée dans la poussette d'enfant et ma mère me berçant.

 

 J'aimais tendrement mon père. Etre sur ses genoux, dans ses bras. M'asseoir sur ses épaules quand nous nous promenions. Je ne voulais jamais le quitter. Même quand il allait aux cabinets, je le suppliais de me laisser entrer avec lui, avec mon petit pot.

 

 Le soir, ma mère se couchait un moment avec nous dans le lit de mes frères aînés. deux à la tête, trois au pied du lit. Elle nous racontait des histoires.

 Je l'admirais.

 Je revenais du marché avec elle, trottinant pour aller à son pas. J'aimais parcourir la ville avec elle, en serrant fortement sa main dans la mienne.

 Nous passions par la rue de Ménilmontant toujours pleine de monde. Sur le bord du trottoir, assises, on voyait des femmes, leurs gros seins nus sortis du corsage, donner à têter à des bébés goulus.

 Ma mère était belle, les cheveux noirs bouclés, le corps épanoui, la poitrine généreuse. Coquette, elle appréciait les robes élégantes, les bijoux. Mes camarades d'école avaient remarqué : "Comment se fait-il qu'avec une mère si belle, toi tu sois si moche !"

 J'étais, en effet, chétive et pâle.


Je ne mangeais pas assez. Et ma mère qui essayait de glisser la cuillère entre les dents serrées. "Tu verras, plus tard, tu auras faim, et tu regretteras. 

 Elle disait souvent "plus tard tu regretteras".

Elle arrivait même à me convaincre d'avaler une cuillerée quotidienne d'huile de foie de morue au goût et à l'odeur infects.

Avant de m'endormir, mes frères, s'amusant de ma crédulité, évoquaient des histoires horribles de fantômes qui allaient hanter mon sommeil.

 J'avais terriblement peur de l'orage. Mais un jour, ma mère m'enveloppa dans ses bras et m'obligea à regarder par la fenêtre, me montrant des éclairs étincelants qui traversaient le ciel. "Regarde commec 'est beau", disait-elle, da sa voix tendre et rassurante.

 

 Chaque semaine, portant un grand sa de linge, elle allait au lavoir. J'aimais l'accompagner. Les femmes s'interpellaient en étalant les chemises et les serviettes sur les planches à laver, brossant et tapant à grands coups, faisant sortir du linge une mousse crasseuse et savonneuse qui s'égouttait dans le bac où je trempais mes mains.

 Deux étages au dessous de nous habitait Berthe. Elle m'invitait parfois dans le logement aux meubles luisants, à l'odeur de cire. 

 

 Un dimanche de printemps, en famille, nous avons été déjeuner à la campagne.

Nous étions attablés à la terrasse du restaurant, couverte de feuillages et de glycines.

 Les rires jaillissaient de toute part. Quelqu'un s'exclama désignant ma mère : "Eh ! elle n'a pas peur de vider son verre !"

 Dans le brouhaha, je voyais mon frère dont la tête arrivait à peine au niveau de la table, attraper les verres à liqueur vides pour en explorer le fond d'une langue pointue et farfouilleuse.

 Puis nous partîmes jouer avec une grande fille à lunettes. Elle nous emmena jusqu'à un bouquet d'arbres où subitement, d'un ton autoritaire, elle exigea que, devant elle, nous baissions nos culottes. rouges et honteux mais n'osant désobéir, nous montrâmes à la fille impérieuse, moi mon pipké enfantin et Simon sa petite quéquette.


 Chaque soir de Noël, maman déposait un martinet aux fines lanières de cuir devant la cheminée et, au matin, il s'était envolé, subtilisé pendant la nuit par les mains habilent de mes frères.

 Ils étaient fameux les matins de Noël. Les chaussures regorgeaient de bonbons et de jouets. Nos friandises en main, nous nous mettions tous dans le grand lit de mes frères où les parents venaient nous rejoindre. Nous étalions nos trésors devant nous et procédions au tradittionnel échange de crottes de chocolat et des bonbons.

 Je me souviens que j'avais eu une poupée haute comme moi fermant les yeux et coiffée d'anglaises brunes. Je l'avais déjà appelée Marie-Claire. ma belle-poupée, que j'ai voulu plus tard emmener au Vel d'Hiv' et que les inspecteurs m'ont arrachée des bras.

 

 Quelquefois, j'accompagnais mes parents chez eux pour écouter la T.S.F. Je restais fascinée devant le gros poste que je croyais habité par des personnages minuscules.

 Le samedi soir, mes parents allaient au cinéma. Avant de sortir, ils nous faisaient toutes sortes de recommandations : "Soyez sages, ne faites pas de bruit."

 A peine la porte de la maison était-elle refermée qu'on ouvrait la fenêtre pour ameuter de nos cris les locataires. Certains se montraient, agitant de leur fenêtre un doigt menaçant. Enchanté nous redoublions de rires, encourageant Michel l'intrépide à soulever sa chemise de nuit pour exposer aux yeux du monde son derrière nu, rond et blanc. 

 "Qui veut voir mon cul !" criait-il joyeusement. 

 Les lendemains de cinéma, mes parents nous racontait le film vu la veille. Nous revivions avec elle chaque image. Maman imitait la voix des acteurs, ses yeux se mouillaient aux passages tristes. Elle nous fredonnait les mélodies qui lui avaient particulièrement plu.

 Elle chantait tout le temps.

J'entendais tôt le matin sa voix claire, roulant les r. J'aimais surtout quand elle chantait Yiddiche Mame.

 Quand elle ne travaillait pas, ma mère apprenait à monter à bicyclette. Elle déambulait sur la place du village, tombant, remontant sur son vélo, encouragée par les cris et les rires des villageois.

 J'étais gênée, je pensais qu'ils se moquaient d'elle. Mais ma mère, très à l'aise, regrimpait sur sa bicyclette, répondant aux rires et quolibets par des plaisanteries avec son fort accent où roulaient les r. ma mère ne parraissait jamais gênée. Quand elle avait décidé de faire quelque chose, elle le faisait toujours, à sa façon joyeuse et exubérante.

 Cette année-là, après une punition injuste de ma mère, j'ai voulu me tuer. J'avais entendu dire que lorsque la circulation du sang s'arrêtait, on mourait, aussi j'ai enroulé autour de mon poignet un élastique qui me fit enfler démesurément la main.

 Satisfaite, j'ai laissé traîner ostensiblement ma main sous les yeux de ma mère qui, s'apercevant de l'enflure, coupa l'élastique avant de me flanquer une paire de gifles qui me laissa les joues aussi cuisantes que le poignet.


 

 En 1939, à la déclaration de guerre, j'avais si ans. La place gambetta était remplie de monde. Une longue queue s'était formée devant la porte du bâtiment communal. Un à un, ls gens lisaient une affichette apposée sur la façade, soupiraient, s'exclamaient : "C'est la guerre ! C'est la guerre !" 

 Tout parraissait grave et solennel.

 On nous fit essayer des masques à gaz avec des gros tuyau qui donnaient aux gens un aspect effrayant. Je ne voulais pas y enfouir mon visage. J'étouffais là-dedans.

 

 Mon frère Jean m'a ensuite appris à écrire mon nom. Je ne me lassais pas de l'inscrire à la craie sur les murs des maisons. Après l'avoir été de mon père, j'étais maintenant amoureuse de mon frère. J'avais décidé que nous marierons plus tard, que nous nous quitterions jamais. "Mais non" m'a dit maman, à qui je confiais mes projets, "il est interdit de se marier entre frère et soeur".

 Ce fut mon premier chagrin d'amour.

 

 Dans la nuit de Noël 1939, Michel m'apprit que le père Noël n'existait pas. Il avait épié les parents pendant la nuit et les avait vu préparer les cadeaux et m'a réveillée doucement pour observer la scène.

 Michel, c'était la satisfaction de la famille. "Ce petit", soupiraient les gens à ma mère épanouie, "il ira loin !"

 Quand les boches sont arrivés, ils marchaient en cadence, chantant d'une voix vibrante. Ils allaient vers les enfants, nous caressaient les cheveux, offrant du chocolat, des biscuits, des bonbons. Nous leur courions après, heureux de leur venu au village. Ils avaient organisé des distributions de soupe et de victuailles, et on voyait la population du village, casserole à la main, faire la queue devant la caserne allemande.

 Un souvenir : Henri avait parié avec les gosses du village qu'il chiperait un missel et pisserait dans la travée, pendant la messe. Il l'avait fait, agenouillé gravement sur le prie-Dieu. Après cet exploit, il devint, parmi les enfants de saint-Bié, un héros admiré.


 A la sortie de l'école, les enfants venaient s'agglutiner contre la vitrine de la mercerie-confiserie où trônaient les bocaux remplis de réglisses, boules de gomme et bonbons multicolores. Nous guettions le veinard, muni de quelques sous, qui allait quitter la boutique et qu'on assaillait aussitôt.

 La rue Olivier-Métra était en pente. L'hiver, nous allions à l'école en faisant des glissades sur le trottoir gelé.

L'été nous dévissions les plaques d'eau des caniveaux, aspergeant à grands cris les gens qui passaient. Nous avions un un point de ralliement dans un immeuble en démolition où nous nous cachions parmi les pierres.

 Henri avait formé une bande dont il était le chef incontesté. On l'admirait pour sa force. j'étais la seule fille, mais Henri avait imposé ma présence. Nous courrions après les camions d'ordures, nous accrochant en grappe à la benne, lançant à la ronde "Au cul, les camions !" poursuivis par les flots de gosses du quartier.

Ou bien nous parcourions les rues, appuyant sur les sonnettes des concierges.

 Quand un garçon de la bande me bousculait, j'allais me plaindre à mon frère : "Henri, il m'a embêtée." Henri regardait l'autre de ses petits yeux vifs et noirs, collait son épaule contre celle du garçon, sifflant entre ses dents : "Tu vas laisser ma soeur tranquille, premier et derneir avertissement !" Le garçon, vaincu, abandonnait la lutte.


 Je me souviens que le jour de la fête des mères, nous avions préparé fièvreusement en classe des dessins et des poèmes. Je me souviens aussi que j'allais pour la première fois au cinéma voir Les trois Mousquetaires. terrée au fond de mon fauteuil, je voyais un personnage immense remplir tout l'écran. j'étais persuadée qu'il allait en sortir pour avancer sur moi. je poussais des cris perçants.

 On m'évacua.

 

 Peu à peu, l'atmosphère de la maison changeait. j'entendais "ticket, restrictions, manger". Dans la rue, il y avait des queues interminables devant l'épicerie, le boulanger, le boucher.

 On ne trouvait plus rien, ni viandeni oeuf, ou bien à des prix inabordables qui faisaient s'exclamer les ménagères.

Rue de Ménilmontant, chaque jour, une longue file de gens affamés venaient chercher la soupe distribuée par les Allemands qui avaient organisé dans une ancienne salle de réunions une cantine militaire.

 parfois, maman rapportait une pomme. Assise sur une chaise, elle nous réunnissait tous les quatre autour d'elle, râpait la pomme avec un couteau qu'elle nous donnait à lécher à tour de rôle. C'était frais et juteux. Il lui arrivait d'apporter une orange sanguine qu'elle partageait équitablement. "Si je n'aimais pas le goût acidulé, elle m'obligeait à l'avaler. "C'est bon pour la santé !" grondait-elle

A ce moment-là, Michel eut les oreillons. Ma mère lui offrait des prunes au sirop. Le léchais la cuiller de Michel espérant que j'attraperais sa maladie et qu'on me servirait, à moi aussi les prunes délicieuses.

Je me souviens aussi de voisins pauvres chez qui j'aimais aller. Ils mangeaient toujours des betteraves. Je trouvais magnifique cette couleur rouge-grenat brillante. Chez moi, on n'en servait jamais. Dans le logement étriqué régnait une grande dignité.

 Je me souviens surtout qu'à ce moment-là, nous sentions peser une menace.

On parlait des premiers camps, des rafles de juifs dans le XIème arrondissement, organisés apr les Allemands. Nous les enfants, nous ne comprenions pas la signification du mot camp.

 Je me souviens enfin d'Elie. c'était un beau et joyeux garçon. le coq du village. Avant de partir, il a sifflé une fille qui passait, lui donnant rendez-vous pour le soir. Ce fameux soir, il était fusillé.

 Quand mon père était à la maison, ma mère reprenait sa bonne humeur. elle chantait en faisant le ménage "Ah quel émoi, lorsque je vois mon parradis perrdi !", chanson extraite du film Paradis Perdu, dont elle nous avait raconté longuement les détails émouvants.

 Dans la rue, les enfants inscrivaient sur les murs à la craie M.B.B.S.T.B.A., mille bons baisers sur ta bouche adorée. On fredonnait sur l'air de Lily Marlene "devant la caserne, un soldat allemand pleurait à chaudes alrmes, comme un petit enfant, je lui demande, eh bien qu'as-tu, il me répond nous sommes foutus, on a les Russes au cul !".

 On chantait aussi : "On n'a jamais vu ça, Hitler en pyjama, Mussolini en chemise de nuit et Daladier dans le saladier."

Il y eut alors les premiers bombardements et les alertes.

 

 Pendant l'été 1941, mes parents nous ont envoyés en vacances, à Bonnières, dans un hôtel-restaurant au bord de la rivière. Nous aidions la patronne à servir à boire aux mariniers qui venaient nombreux au comptoir. Elle nous fit goûter des escargots à l'odeur aillée. Avec l'aiguille, nous enfoncions profondément le mollusque dans la coquille, nous contentant d'éponger le jus brûlant avec la mie de pain.

 Nous jouions à l'intérieur, imaginant des aventures fantastiques de corsaires et de pirates. Mon père vint nous voir et nous emmena faire une promenade en barque sur la rivière large et paisible.

 C'était des moments heureux.

 

 Quand nous revînmes à Paris, l'étau s'était resserré autour des juifs. la bibliothèque du quartier nous était interdite. Puis au début de juin 1942, l'ordre a été donné aux juifs de porter des étoiles jaunes à six branches, cousues à leurs vêtements à l'endroit du coeur. Des étoiles qui avait été distribuées aux familles juives en échange de tickets textile. Des étoiles d'un jaune cru, avec le mot juif en lettres noires et tordues commed es flammes.

 J'étais inquiète, je craignais les réactions de mes copines de classe, j'avais vu à la récréation des filles en quarantaine parce qu'elles avaient des poux. les autres, formés en ronde, dansaient autour d'elles en se moquant cruellement : "Hou ! hou ! la pouilleuse !"

 J'avais constaté la cruauté des enfants pour celui qui était différent et qui devenait aussitôt le souffle douleur.

A l'école, plus personne ne m'adressait la parole et denis, ma meilleure maie, avec qui j'allais au patronage, ne vint plus chez moi et je ne retournai plus chez elle.

 

 Un jour que je marchais dans la rue, j'ai entendu une femme dire : "Vous vous rendez compte, un homme qui avait l'air si bien, si correct. Il a fait un mouvement, et sous sa veste, devinez ? J'ai aperçu l'étoile. Un juif ! qui l'aurait cru, il avait l'air si correct !" Et l'autre femme hochait la tête, marquant son approbation.

 En écoutant les deux femmes, j'ai eu conscience de ce qu'être juif comportait de sale, de dégradant, de honteux. Cette honte, je la ressentais dans la rue, quand les gens détournaient leur regard devant l'étoile qui nous marquait d'une tâche ignoble et puante. C'était donc ça, être juif ?

Bientôt, ce furent les vacances. le dernier jour de l'école, ma mère vint me chercher. J'étais contente, j'avais un prix que je lui montrais de loin. "A la rentrée, je saute une classe", annonçai-je en me précipitant dans ses bras. L'avenir m'apparaissait plein d'espoir. C'était les vacances, le soleil.

 Tout allait être merveilleux, et, dans quelques mois, j'aurais enfin dix ans. Tant de projets qui allaient se réaliser.

 

 Ils étaient 4 000 enfants juifs, en juillet 42, qui, comme moi, faisaient des rêves. 4 000 enfants juifs, mes compagnons de route, qui se réjouissaient de l'été, la tête emplie de projets et de promesses.

 Mes 4 000 compagnons du Vel d'Hiv', de Beaune, de Pithiviers, de Drancy. Partis en train pour un très long voyage. mes amis qui comme moi faisaient des rêves.

 Ils sont tous morts, tous morts, tous morts.


Pour les amateurs : Les souvenirs de la petite fille du Vel d'Hiv'  ;  La rafle du 16 juillet 1942

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Published by Régis IGLESIAS - dans Les souvenirs de ...

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

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Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

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Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin