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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 16:53

84173966 o"L'écolier au temps de l'encre violette.

 

"En chacun de nous sommeillent, à fleur de mémoire, les racines des souvenirs.

Il suffit d'un rien, une image, pour que les souvenirs se réveillent, ravivant en un instant, les lieux, les récits et les gens de notre passé."

 

 Les plus chauds jours de l'été s'épuisent. Le temps des vacances touche à sa fin. L'école ne va pas tarder à ouvrir ses portes.

 Le parquet des classes fleure une fraîcheur timidement javellisée. Les murs respirent les chaux nouvelles. L'encre violette à l'âpreté crue, la craie aux douceurs fades de poudre, les poussières multiples des chemins, les relents de crottin, les effluves des respirations, des peaux, des crasses et des sueurs, a reculé pour un temps devant les balais de paille et de riz.

 L'école a fait peau neuve.

Mais dès le rerour des écoliers, l'odeur caractéristique reprendra ses droits et son haleine propre qui se joue de toutes les ruses humaines.

 Devant l'école, on se colle étroitement aux jupons maternels avec le secret espoir d'échapper à la "terrible" séparation. L'angoisse monte jusqu'à l'ultime instant.

 La grille s'ouvre sur la cour, le lieu des récréations qui est l'anti-chambre du bonheur de l'école.

 On se bouscule au milieu des criailleries quand, soudain, le maître, après avoir consulté la montre extraite de son gousset, frappe vigoureusement dans ses mains. La cour se fait silence. la vie semble s'arrêter. Puis des élèves vont se ranger en deux colonnes.

 Les plus jeunes sont priés de suivre la maîtresse pour la visite guidée. D'abord, le préau. Les toilettes où on varrea plus tard  se former des couples d'habitués qui se "tiennent la porte" mutuellement pour sauver un brin de leur intime honneur.

 Notre visite guidée s'achève par un arrêt rapide sur une étroite plate-forme portant une batterie d'urinoirs verticaux adossés aux cabinets. Nous recevons des recommandations précises. "Si vous avez envie, n'oubliez pas de lever la main à temps. Il faut demander. Vous m'entendez bien, demander !"

 L'installation s'opère rapidement, mais chacun ne choisit pas sa place. Le maître qui connaît son monde désigne à chaque écolier la place qui lui revient.

 En classe, la maîtresse annonce "Croisez vos bras, tous !" La classe vient de commencer. Elle débute par la leçon de morale. Et ce premier matin, la leçon portera sur la propreté.

 On sort ensuite tous les ptits objets de l'écolier : l'ardoise, le buvard, le porte-mine, le porte-plume, le crayon à papier, la gomme. Pour l'écolier, le plumier est un peu son fourre-tout intime.

 La petite boîte de bois compartimentée renferme, à côté de l'utile de l'écriture et du gommage, l'agréable. Des boutons de chemise ou de culotte, du fil enroulé sur une allumette ou sur un tuyau de papier fait main, deux ou trois billes, une épingle, un clou, une agathe quelquefois.

"Rangez vos affaires !" Le temps de la récréation arrive. Déjà ! La récréation, c'est la libération !  Une course vers l'air libre et les jeux. Les cris éclatent. Nous courrons vers les cabinets mais il nous faut attendre. Ceux de la grande classe, impatients d'entamer leurs parties de bille ou de saute-mouton ont envahi le terrain.

 Dans la classe, les hauts murs blanchis à la chaux sembleraient tristes si le maître n'avait pas eu l'idée de les décorer de nombreuses gravures. La tour Eiffel, le pont du Gard, le massif du Mont-Blanc voisinent avec la séance du jeu de Paume, le Bonaparte au pont d'Arcole et le défilé de la victoire à Paris en novembre 1918.

 Aux murs, des tableaux d'écriture et de multiples cartes de Vidal-Lablache (en réalité Paul Vidal de La Blache, natif de Pézenas, membre de l'Académie des sciences morales, titre qui honore tous les écoliers de France et de Navarre à travers ses cartes pendues aux murs des classes.

 Géographe que je remercie pour les rêves de voyages dont il peupla mon enfance rêveuse, Asie, Amérique, France des canaux et chemins de fer, aux oeillets de cuivre jaune, accrochées les unes sur les autres en une fabuleuse épaisseur sur deux longues pointes de fer fichées en deux endroits dans le mur latéral.

 Ensuite avec le Globe-terrestre en couleurs, percé d'un axe penché, esseulé, majestueux sur sa tablette particulière.

 Tout à côté, les zigzags rigides du squelette métallique de la chaîne d'arpenteur rassemblés en un faisceau au pied de l'inévitable balance Roberval et de sa série de poids en laiton méticuleusement rangés dans les trous circulaires de leur boîte en bois verni.

 Sur une longue étagère voisine, les mesures de capacité en étein s'alignent dans un ordre croissant parfait, leur poignée soudé au flanc

 On y voit aussi des animaux exotiques comme des zèbres, des Girafes, des hippopotames, des éléphants.

 A côté du grand tableau central, le compas de bois à pattes géantes, sur l'une des branches duquel il a fixé un demi-bâton de craie blanhe.

 Tout à côté, une équerre de plus de cinquante centimètres et un curieux instrument en bois jaune, plat, figurant un demi-cercle, muni d'une poignée en forme de boule, porte des indications chiffrées de 0 à 180. "C'est un rapporteur, chaque trait marque les degrés et ça sert à mesurer les angles", m'apprend mon frère.

 

 Au début quand j'entendis pour la première fois "Ca, c'est l'école !", je n'ai pas bronché.

Puis, les jours poussant les jours, elle m'intrigua.

Petit à petit, elle entra dans ma vie d'enfant quand mon frère commença à écrire de plus en plus habilement mille signes étranges sur un cahier préservé des souillures par une curieuse jaquette verte qu'il appelait "protège-cahier". Il lui arrivait de déchiffrer quelques lignes du journal L'Ouest-Eclair, sous le regard de notre père qui hochait la tête de fierté.

 Mieux encore lorsque Le Miroir des Sports entrait dans notre maison, prêté par un voisin grans amateur de cyclisme, il me désignait les coureurs du doigts. "Celui-ci c'est Charles Pélissier. C'est marqué là. Juste en dessous."

 L'école créait donc du bonheur chez ceux qui avaient la chance de la fréquenter. Avant l'heure elle pénétra au coeur de mes envies.

 Cette grande grille double flanquée de son portillon qui s'ouvrait sur une cour où il m'arrivait de voir des écoliers à leurs jeux.

 

 A mes premiers temps, la récréation m'apparaît comme l'occasion de courses, de rondes que notre maîtresse anime de chants que nous entonnons avec joie, de comptines à n'en plus finir.

 

 Am, stram, gram,

pic et pic et colégram,

bour bour et ratatam,

am, stram, gram !....

 

 Une poule sur un mur,

qui picotait du pain dur,

picoti, picota,

lève la queue et puis s'en va !

 

 Puis vient le moment où les plus grands de la classe nous initient au jeu du toton, l'avorton de toupie qu'ils font tourner sur le banc du préau, à moins qu'ils ne tentent de nous intéresser à leurs parties de cache-cahe.

 Mais ce qui me tente prématurément, ce sont les jeux de billes dont me parle mon frère. Il possède un long sac spécial pour contenir son trésor de guerre cuite vernissée.

 Il me conte ses gains, ses pertes, ses prudences.

 

 Je revois aujourd'hui encore en quelque recoin de ma mémoire ces "enfants gaulois qui se battent comme des petits sauvages".

 Ils me marquaient tous ces personnages. Du druide, juché dans un chêne à la cueillette du gui, à Pasteur faisant vacciner un enfant mordu par un chien enragé, en passant par Vercingétorix jetant fièrement ses armes devant césar, par ces valeureux paysans qui se réunissaient pour faire la guerre au seigneur, par Jeanne d'Arc toute de blanc vêtue, conduite au bûcher sur une charette, autant que par Kellermann levant son chapeau au bout de son épée à Valmy, où par les soldats de l'empire mangeant toute crue la chair d'un cheval durant la retraite de Russie.

 Ce qui m'intéresse également, c'est de localiser notre département sur la superbe carte de France par Vidal-Lablache. "Et nous, Madame, nous sommes où ?" - Ici, mon ami !" La baguette de bambou pose sa pointe à un endroit qu'il nous faudra retrouver. 

 Et le soir, comme mon frère, j'ai des leçons à apprendre. Deux ou trois lignes du résumé numéroté que propose le livre de Monsieur Lavisse.

 

 Les jambes des écoliers sont recouvertes de gros bas de laine noire montant au-dessus du genou où un élastique empêche une désastreuse descente en accordéon vers le mollet. Des bas pour tous, garçons come filles. et pour tous les campagnards, des sabots de bois.  

 Le sabot, c'est la chaussure des humbles, et nous sommes fiers de nos sabots. Notre mère leur applique du cirage au Lion noir et nous les frottons à la brosse pour qu'ils brillent, noirs comme le lion de la boîte.

 

 L'école commence avec le chemin qui conduit à sa porte.

A peine ai-je rappelé mon premier souvenir d'écolier qu'aussitôt sourdent mille images et que se reconstituent un à un chacun des pas de ce merveilleux chemin.

 Je triche avec moi-même car je gomme sans vergogne les matins de rude gelée, les amrches éprouvantes sous les pluies, le crachin obstiné, les giboulées et les averses hargneuses. 

 J'élimine la boue collante. J'enjolive le malheur. Je l'habille d'un costume de fête permanente.

La gelée et la glace n'éveillent en moi que des rêves de glissades joyeuses.

 

 Chez mes parents, nous mangeons parfois des châtaignes bouillies. mais nous les épluchons d'abord, pour en éviter le goût désagréablement âcre de l'écorce.

 A plusieurs reprises durant l'automne, nous les dégustons rôties dans la poêle à marrons, la "harassoir".

 Dans mon enfance, elles me sont un régal. Nous les mangeons , assis en demi-cercle devant la cheminée où le feu attend la la seconde poêlée.

 Au régal s'ajoute le verre de cidre doux bien frais qui, dit notre mère, "se marie bien avec les châtaignes". 

Après quoi se déroule la veillée aux souvenirs.

 

 Pour la classe, après l'effort, la séance de gymnastique apparaît comme une récompense.

Comme elle a lieu dans la cour de récréation, au grand air, elle n'est envisageable que par temps sec. Là, c'est le maître qui dirige la manoeuvre : "Pigeon vole !" Tout le monde exécute immédiatement un petit saut sur place.

"Canard vole !" Tout le monde doit sauter. Qui l'oublie devient la risée des autres.

"Lapin vole !" Gare à ceux qui décollent les pieds du sol.

"Elephant vole !"...

 Une autre fois nous jouons "à la chandelle".

 Nous sommes dispersé en un large cercle, face tournée vers le centre. L'un de nous, choisi au hasard, fait en courant le tour de notre cercle, un mouchoir à la main.

 Selon sa fantaisie, il laisse tomber le mouchoir sur les talons de l'un d'entre nous. Que chacun soit vigilant car il s'agit de voir l'objet à temps. Qui s'est montré inattentif est contraint d'aller se planter au centre du cercle jusqu'à ce qu'un autre innatentif le délivre.

 On peut aussi compliquer le jeu. Le joueur surpris reçoit, au second apssage, une tape sur l'épaule de la part du coureur. S'engage alors une poursuite. Qui est rattrappé se trouve condamné à se transformer en chandelle.

 Autre jeu de la leçon de gymnastique, la balle au chasseur qui suppose des couples cheval-cavalier. Jeu classique à l'époque, au même titre que celui des "barres", d'un deux trois Soleil, d'action ou vérité ou de bisous-claques.

 

 "J'ai deux fois l'âge qu'avait mon frère lorsque j'avais l'âge qu'il a. Quand il aura l'âge que j'ai, la somme de nos deux âges sera 63 ans. Trouvez l'âge des deux frères. Vous avez deux heures."

 

 Je ne me souviens plus de la réponse, en revanche, je me rappelle que "Pi égale 3,14". De "Toi, mon ami, au piquet !" La honte jusqu'au... "Allez ! va à ta place maintenant."

 Le jeudi, les plaisirs du chemin s'avèrent les plus vifs. Quel plaisir de faire une tournée de printemps à la recherche des nids ?

 Autre plaisir des sorties champêtres du jeudi, la récolte des hannetons. Et le hasard des rencontres. Il faut dire qu'à cette époque les rencontres ne manquent pas de pittoresque. 

 Un jour c'est un chemineau. Une autre fois c'est un chiffonnier qui va de maison en maison hurlant : "Peaux, peaux de lapin, peaux !"

  La plupart des ménagères élèvent des lapins. les peaux ne sont jamais jetées aux ordures. Elles sont retournées, tendues sur des fourches de bois avant de se retrouver suspendues à l'air où elles se dessèchent, se parcheminent.

 Les peaux les plus prisées sont incontestablement celles des taupes. Elles sont expédiées vers des fabriques qui en tirent des manteaux de fourrure pour les dames du monde.

On comprend pourquoi la chasse à la taupe revêt une certaine importance et engendre la prospérité d'un métier saisonnier, celui de taupier. Ce personnage hors du commun des hommes connaît la saison où le poil est solidement planté dans la peau de l'animal.

 N'est pas taupier qui veut. 

 Il existe un véritable art de tendre le piège au bon endroit.

 Certains lui prêtent même des rapports suspects avec les sciences occultes. Et puis il rit si fort quand on lui parle de ça que les femmes y discernent des sonorités sataniques, qu'elles se signent et fuient en silence.

 Un beau midi, voici qu'un autre cri monte dans le bourg. les écoliers accourent. "Couteaux ! ciseaux !" Le remouleur fait sa tournée avec un meule à aiguiser.

 Les ménagères se présentent avec leurs couteaux et leurs ciseaux.

 L'homme, assis sur une selle,  le nez penché sur la lame qu'il affûte, prend l'allure d'un cycliste gravissant une côte. Un crissement accompagne son geste.

 Le cirque était arrivé au coeur de l'après-midi avec sa parade, sa ménagerie, ses équilibristes, ses trapézistes, ses jongleurs, ses écuyers, ses acrobates et ses clowns.

 Une grande affiche manuscrite collée sur un panneau de carton ssupendu à une voiture annonce : "Ce soir, représentation unique à 20 h 30 précises."

 Au début, je ne remarque pas le moins du monde l'état loqueteux si mon frère ne pointait le doigt vers lui.

La joie chante trop fort encore dans ma tête. Le grand moment arrive.

 

 Le cinéma au village. Il fallait une audace folle pour se lancer dans une pareille aventure. Nos parents nous entouraient, aussi avides que nous de se régaler d'images.

 D'abord on nous présenta "un Charlot". Inutile de souligner si la salle entière se délecta. Les rires fusaient de toutes parts et nous n'étions pas les derniers à participer à la réjouissance générale.

 Puis après quelques minutes d'entracte, nous allions entrer dans l'univers d'un drame annoncé. Le titre attendu apparu sur l'écran, démesuré : Le vautour du désert.

J'eus beaucoup de mérite à ne pas sombrer dans le sommeil.

 Il n'enpêche que, le lendemain, à la récréationles jeux habituels cédèrent la place aux commentaires sur le cinéma de la veille.

 Nous eûmes une lecture sur le cinéma. Puis une dictée et enfin une rédaction où il était demandé de raconter la séance et de donner ses impressions.

 

A quelques jours de nos émotions cinématographiques villageoises, se produisit un autre évènement qui apporta une lueur de modernisme dans notre école. La visite annuelle du photographe.

"Ne perdons pas de temps !", avait dit le maître.

 L'homme enfouissait sa tête sous un voile noir qu flottait à l'arrière de son appareil. Il en sortait pour rectifier une position. "ne bougeons plus !" Il vérifiat en passant à nouveau sous le voile puis, regardant le sujet droit dans les yeux, il levait un doigt de la main gauche pour diriger le regard.

 Sa main droite saisissait une poire en caoutchouc rouge qui pendait à l'extrémité d'un fin tuyau. Une pression, et, "au suivant !".

 Comme nous passions l'un après l'autre, la séance durait quand même un certain temps.

 

 A Noël, au bord de la cheminée encombrée on trouvait l'unique sabot de bois traditionnel dévotieusement "ciré", non pas de cirage trop coûteux de "chez l'épicier", mais du noir de fuéme gras attaché par le temps au cul de la marmite ou du chaudron.

 Sabot de tous les jours appesanti par les clous luisants d'avoir frotté les pierres des chemins. Sabot devenu pour un soir corbeille d'espérance.

 Le matin de Noël s'ouvrira sur le furtif émerveillement coutumier devant le rituel Jésus en sucre déposé au creux d'un d'un sabot de chocolat.

 A côté, l'habituelle "pomme d'orange" rebondie comme une grosse balle. Parfois un sucre d'orge s'enveloppe dans le fourreau d'un papier rigide aux couleurs lisses comme une lumière.

 

Ah cette orange ! Elle éclate de couleur malgré le papier. Ma mère a inscrit mon initiale dessus pour que je ne me la dispute pas avec mon frère. Il faut attendre le repas du midi pour obtenir l'autorisation de dérouler soi-même l papier, sans le déchirer parce qu'on le repasse du plat de la main afin de le conserver, carré magique qui a contenu l'orange, magique tout autant.

 Ensuite seulement, avec cette joie colorée des gamins qui ne savent pas la maîtriser, au comble du bonheur, j'entends le mot libérateur.

 Je porte le couteau sur la peau charnue, finement grenue, luisante de provocation.

Bientôt les tranches apparaissent, juteuses à travers leur membrane transparente.

Je goûte avec précaution, à petits pincements de lèvres, d'abord, sans porter la dent. Un coup de canine malencontreux ferait gicler un jus dont ma bouche s'emplirait trop vite.

 Par précipitation, je gâcherais un quartier de bonheur. Or l'orange doit durer au moins une semaine. Son parfum, toute une année sur l'indéfectible mémoire de la langue.

 

 Les jouets.

La hotte du père Noël que l'on annonce pleine de joujoux dans les lectures complaisantes de nos Mironneau ou autres nous laissent indifférents.

 devant les trotinettes, les voitures à pédales, les soldats de plomb reluisants de couleurs, nous demeurons impassibles. Même les filles dédaignent les poupées de porcelaine, les poupées articulées dites "bébés jumeaux" et les baigneurs de celluloid. Les jouets, nous les voulons à l'image de notre condition.

 Rustiques donc. Nous ne les acceptons que fabriqués de nos propres mains.

 

 Il y a l'inexorable et fécond déroulement des mois. Chacun apporte son lot de promesses.

Ainsi connaît-on la saison des sifflets, la saison des clifoires et autres sarbacanes. La saison des "cannes-pétoires", la saison des frondes. celle des "fileuses", celle des "caniques", celle du cerceau ou de la têque" (balle), celle de..., celle de... Bref, chaque semaine, chaque éclosion de la nature, chaque frémissement du climat, chaque retour d'une tradition ludique dans le souvenir collectif rappelle à l'obligation du respect des rites ancestraux.

  

"Que je vous y reprenne !"

"Tu vas voir tes fesses !"

"Tu es aussi doué pour le calcul qu'un canard sauvage pour la broderie sur soie."

"Sortez tous le compa !"

"Voilà une écriture de notaire !"

 En mon temps, on est fier d'une écriture qui se veut proche parente de la calligraphie. Elle tarduit une réussite.

 N'importe quel gamin digne de ce nom à qui l'on demande de retourner ses poches déballe, en dehors du couteau, de la toupie et d'un bric-à-brac de collectionneur farfelu, une jolie panoplie de boutons.

 Le bouton est précieux, on le met dans une cachette, très souvent un trou du vieux mur. Ramassé sur le chemin ou dans la cour, il est porteur d'une valeur marchande au monde des écoliers.

  Il fait souvent l'objet d'échanges contre des billes, voire contre une agate...

 Les garçons sont plus attirés par le "bouton vrondeur" que les filles. Elles, leur domaine de prédilection se limitent souvent au fil, aux aiguilles et au chiffon.

 

 Je me souviens d'une roue que je poussais avec un baton. On a escaldé le col du Tourmalet. C'est en cette année 1930 où le Belge Félicien Werwaecke s'illustre dans l'ascension du prestigieux col. Ensemble, soudés par l'effort, nous sommes à al fois Antonin Magne et Benoît faure. "As à l'image du premier, et "touriste-routier" comme le second.

 La chance n'est pas avec nous. Une crevaison sur un cercle de fer, c'est un comble et il nous faut une fameuse dose d'imagination pour croire la chose possible. Devant nous les coureurs peinent.

 Nous les dépassons les uns après les autres. Nous reconnaissons les maillots. Tiens, voici André leduc avec le maillot jaune. Un effort et nous serons sur lui. C'est chose faite à présent. Il n'y a plus guère à nous réister que ce grand diable de Félicien qui ahane, langue tirée, léchant presque la terre et les pierres de la route.

 Bigre, qu'ils sont durs, les derniers des 2 122 mètres indiqués sur le dico de M. Larousse. mais la foule qui nous remplit de ses cris nous pousse.

 C'est fait, nous passons en tête et nous attaquons aussitôt une descente folle sans même prendre l'élémentaire précaution de nous tapisser la poitrine du journal L'Auto que nous tend un spectateur.

 La foule énorme hurle. Le cercle et moi, nous sommes aux anges. Pourvu que nous tenions jusqu'à l'arrivée !

 

 Autre source  de jeu et de joie, la neige. Nous courons dans la neige, nous nous étalonsavec bonheur dans sa couche duveteuse et froide. la cour de l'école devient également un lieud e prouesses. Il va de soit que les batailles de boule de neige tiennent une place de choix.

 Le maître nous invite à façonner le traditionnel bonhomme. Un gros caillou pour le nez, deux tisons bine noir en guise d'yeux, un balai flanqué contre la poitrine.

 

 La récitation.

 J'adore les fables de la Fontaine, les poèmes de Victor Hugo ou de Théophile Gauthier me soulève de bonheur.

Nous avons encore notre côté "histoire-géographie". Nous refaçonnons le monde. Le premeir cavalier rencontré, nous l'identifions immédiatement. C'est le chevalier Bayard, "sans peur et sans reproche", victorieux des Espagnols au pont de Garigliano, qui se rend chez la bonne de Brescia.

 C'est autre, c'est Henry IV à la bataille d'ivry. Nous lui découvrons même le fameux panache blanc du livre d'histoire.

 Les personnages nous apparaissent tels que nosu les avons ressentis lors des leçons de notre maître ou découverts dans notre manuel.

 Les lieux s'offrent à notre rêve. le ruisseau se fait fleuve et la colline montagne.

Chacun et chacune dotés d'un nom du livre de géographie de messieurs Gallouédec et Maurette.

Ainsi parcourons-nous la France.

 

 A l'école, il y a la TSF - la téléphonie sans fil -, cette petie boîte informe qui nous parlait avec les voix de Paris.

"Ici Radio Paris."

Cette TSF transforma la vie des sportifs de notre village. elle rendit en effet de grands services aux passionnés du Tour de France dont nous faisons partie "dans la roue" de notre père. Le soir, l'étape terminée, nous courions demander les résultats. 

 Ainsi l'air que nous respirions, l'air qui nous bousculait par ses vents, l'air transportait les nouvelles de par le monde.

L'air portait aussi les avions. Je me rappelle cette première fois où un vrombissement nous alerta. "Un avion !" dit le maître. Il nous fit sortir en ordre et nous l'aperçumes... Puis il nous parla du début de l'aviation, de Clément Ader et son Eole, les célèbres frères Wright. Notre préféré surgissait de ces débuts tumultueux. Il avait osé la traversée de la Manche sur son monoplan aux ailes haubanées. Blériot.

 Notre maître sortit un superbe croquis de son avion. "Le Blériot Type XI, équipé d'un moteur Anzani de 25 chevaux et d'une hélice Chauvière". Nous eûmes le droit de nous approcher pour mieux l'admirer. Moi, je volais déjà à côté du célèbre pionnier. Rien ne pouvait nous faire rêver plus que les prouesses des aviateurs.

 

 Nous participons à la cérémonie hebdomadaire du "grillage" du café. les épiciers d'alors grilent leur café. Nous lisons les appellations sur les étiquettes des énormes sacs. cent kilos. Il y a le Costa Rica, le saint-Mard, le Porto-Rico, le... Nous nous enrichissons de cette géorgraphie du café. Notre mère possède un don certain de la combinaison des bouquets. une mesure de celui-ci, deux de celui-là, le reste... Chut ! C'est uns ecret d'épicier. Chaque boutique présente le fruit de son mélange.

 Si les clientes préfèrent votre café, il y a une raison. Un épicier sa fait une réputation grâce à son café, même si les paysannes le préparent si additionné de chicorée Leroux qu'il n'a plus la moindre trace de goût de celui de l'épicier-torréfacteur.

 

 Je me souviens aussi d'un ballon mou. Un pauvre ballon de cuir flasque. Peu nous chaut. Ce qui compte, c'est d'avoir un ballon. Nous voilà cinq, décidés à entamer une partie de football. On constitue deux équipes sans gardien. Trois joueurs d'un côté, deux de l'autre - du jamais vu -, pieds nus, nous entamons une de ces parties qui comptent dans la vie d'un sportif.

Cette joie, ces cris ! Cex exclamations quand le pied rate la balle ou que l'intéressé, emporté par son élan, se retrouve les quatre fers en l'air, laissant le champ libre à son heureux adversaire qui court droit au but.

 En avons-nous connu de ces parties mémorables ! 

 

 J'ai des camarades à qui le long chemin de l'école serait à l'image d'un chemin de misère s'ils leur cercle pour accourcir la distance et pour alimenter le besoin de rêve.

 

 Le jeudi, une odeur monte continûment. Le parfum chaud du pain frais. Quelquechose fortement tiède, doré, et, dans mon esprit, saupoudrée de farine onctueuse. La boutique d'un boulanger ouvre sa porte en permanence à deux pas du magasin où le sabotier vend aussi des chaussons etd es chaussures.

 Aux jours les plus ombres, une grosse lampe Tito-Landi éclabousse les murs. En passant, je découvre alors les clients installés sur leurs bancs. Ce sont des consommateurs occupés à bavarder, les narines remplies de l'odeur du café ou de la "goutte".

 La femme du boulanger tient aussi bistrot. Bientôt une odeur de corne brûlée envahit les environs. Le maréchal prépare le ferrage d'un cheval.

 Nous nous dirigeons vers l'école des garçons. Sur la droite s'alignent d'autres trésors. Mes préférés. D'abord, la boutique aux trois commerces, boulangerie, café, épicerie. Je l'aime parce que j'y achète quand le hasard me fait trouver une modeste pièce de monnaie sur mon chemin, "pour un sou de bonbons".

 Cahque semaine, la voiture à cheval de l'épicier en gros s'arrête. Nous apprécions le bonhomme quand il débite la longue liste des marchandises figurant à son catlogue. Deux termes, intervenant toujours au même endroit de l'énumération, nous jettent dans le plus hilare des bonehurs.

 Nous les guettons, les pressentons, et ils tombent l'un sur l'autre, à point nommé : "les petits nic-nac pour les enfants", "le petit savon Clairon". Les seuls noms de ces articles nous mettent stupidement en joie délirante. Nous nous poussons du coude, nous nous appliquons la main sur la bouche.

 Deux fois apr jour passe le ramasseur de lait à bord de sa curieuse charette. Un homme grognon. Tôt le matin, il prend les bidons de lait frais qu'il transporte jusqu'à la laiterie coopérative de Ducey. Dans l'après-midi, il rapporte le lait écrémé.

 Les billes. Et bien ! parlons-en. Elles représentent pour l'écolier ce que les sous représentent pour l'usurier. On se battrait pour une bille.

 Et la récréation finie, on les compte comme on compterait les pièces d'un trésor. Chaque écolier qui se respecte possède un sac à billes qu'il range dans une des poches de sa culotte. Or, il y a bille et bille.

 La véritable, c'est celle que l'on fabrique de ses doigts à aprtir de l'argile.

 En général, les billes - nous disons toujours les caniques" - sont achetées chez l'épicier. 

La marelle, très prisée par les filles, n'est nullement délaissée par les garçons. La marelle - marelle à six cases ou marelle à huit cases - est un exercice d'adresse pour l'envoi du caillou plat, de vitesse pour l'exécution des sauts et des voltiges. Un jeu d'élégance.

 Parfois, nous jouons aux métiers. Un garçon mime un métier que les autres doivent découvrir. il se fait menuisier, sciant dans le vide. médecin, auscultant un cadavre. Il va jusqu'au : "dites 33,33".

 On jouait aussi aux rebus ou aux devinettes.

 "Qui a quatre pieds, deux oreilles, une goule, qui marche pas, qui entend pas, qui cause pas ?" (la marmite)

Nous jouions aussi "à la queue du cochon". Jeu stupide par excellence mais qui déclenchait des tempêtes de rire.

Jeux de courses, de cache-cache, de chat perché.

 Le repas en ce temps-là gravite autour de la traditionnelle tartine de beurre que nous baptisons "beurrée de beurre" par opposition à la "beurrée de confiture".

 J'adorais appliquer au-dessus de l'épaisse couche de beurre une nappe de confiture. Est-il mets plus simple et de plus riche saveur ? Le aprfum a traversé les ans pour se reconstituer spontanément sur ma langue dès que j'en agite le souvenir gourmand.

 Je me souviens aussi de la lutte farouche mrnée par ma mère contre les poux. Le passage biquotidien sous les dents serrées et agressives d'un extra-fin peigne double qui ratissait avec une vigueur absolue et une patience relative une chevelure autoritairement réduite à une assez simple expression.

 Dès eextirpation, les poux se trouvaient inexorablement décollés de leur support en corne véritable, exposés à un ongle maternel vengeur qui, en se retournant, les écrasait un à un contre la monture centrale. "Han !" faisait mon Auguste mère après chaque exécutuion explosive.

 En ces temps apparut sur le marché un produit miracle au nom affriolant : "la Marie-Rose". Les mères ne jurèrent plus que par "la Marie-Rose" qui possédait au moins sur le pétrole de dégager une odeur supportable et de ne pas irriter le cuir chevelu. Une friction, un temps sous la serviette, l'affaire est réglée. Exécutés les poux, mortes les lentes.

 D'une affaire d'hygiène, on en arrive à une affaire d'honneur. "Les miens n'en ont pas !" lance fièrement notre mère qui n'en continue pas moins chaque jour son inépuisable combat au corps à corps.

 Et l'autre mère qui diasit : "Cette gamine, c'est une tête à poux."

 La semaine de Suzette, Le Petit Illustré avec sa mémorable et interminable histoire en image et texte d'Iko Térouka, le célèbre détective japonais et sa publicité en noir et blanc pour le chocolat Menier, pour les pilules amaigrissantes... L'Ouest-éclair avec les mirifiques aventures d'Albert, Toto, Black et Jacquot.

 Pour l'épicerie de ma mère, les marchandises changent avec l'arrivée d'une famille Italienne. Il faut modifier le train-train de l'approvisionnement. Finie la routine. Les macoranis entrent dans la boutique. Ces gens en consomment des kilogrammes et des kilomètres. Pas un seul repas sans l'abondance des sacro-saints macaronis. Assurément, ils n'ont pas volé leur révélateur surnom.

 Quand il y avait un bobo, certaines mères faisaient prendre à leurs enfants une pleine cuillerée d'huile de foie de morue. Il paraît que cette potion s'avérait miraculeuse. Il m'a été donné de goûter cette "spécialité". C'est une horreur. Que de réticence à l'approche de la cuillerée fatidique, que de grimaces après l'absorption salutaire...

 

 Le temps d'école s'achève sur le célèbre et redouté certificat.

"Le certificat se prépare durant toute la vie de l'écolier", répète inlassablement le maître pour inciter chacun à ne jamais relâcher l'effort.

 La radiophonie, la télévision, pour ne citer que ces inventions dévoreuses d'heures, ne sont que des mots. Nos distractions, end ehors des jeux, des veillées instructives reposent sur le livre. Livre de lecture. livre d'histoire. livre de géographie. Certaines écoles pratiquent encore Le Tour de France par deux enfants qui avait investi tout le domaine scolaire.

 Nous pensons sottement : "Deux mots, deux fautes."

Nous gardons tous un déplorable souvenir des "quatre-vingts" et des "quatre-vint-un", des "trois cent mille" et des "trois cents millions". Et celle-ci : "Sa quasi-cécité la rendait quasi nulle."

 3tous les mots commençant par... prennent deux..., sauf..."

  C'est fini. L'écolier a vécu. On quitte ce monde merveilleux. A ceux qui ne reviendront pas le maître serre la main.

De nombreuses écoles organisent des distributions de prix. On a dressé une estrade pour les autorités, l'inspecteur, le maire... Devant la foule des parents, des discours ronflants se succèdent. Prix d'excellence, prix d'honneur, prix d'orthographe, prix de calcul, prix de grammaire, d'histoire...

 Le 14 juillet, on célèbre la fête nationale. Le 15 juillet sonne l'heure des vacances, les grandes. L'école ferme ses portes pour deux mois.

 "Vivent les vacances ! Les cahiers au feu, le maître d'école au mileiu !"" chante-t-on en maints endroits de France.

Les grandes vacances reviennent chaque année au coeur de l'été, mais elles ne brillent aps de la même couleur pour tous les écoliers de mon époque. Les citadins riches vont au bord de la mer.

 La mer nous fait rêver. Notre livre de vocabulaire nous la présente avec des cabines, des gens bizarrement déshabillés, d'autres fouillant l'eau de leur filet. Il nous apprend la plage, les vagues, les algues, les villas. le sable dont on construit des périssables châteaux forts. Tout cela superposé, accroché à des images grises qui ne nous inspirent rien. Et pourtant, on nous assure que la mer est bleue.

 Nous, nous étions habitués au ruisseau, à la rivière où les petits laissent flotter au fil de l'eau des bateaux de papier que nous leur confectionnons. La mer ? Un luxe interdit.

 Pourtant, mon frère et moi avons la chance de la voir une fois. Ce jour reste marqué dans nos mémoires avec une heureuse précision.

 "Nous louerons des libettes (filet spécial pour la pêche à la crevette), annonce notre père." - Et nous mangerons sur l'herbe", enchérit notre mère. Pêcher la crevette, manger sur l'herbe... Et puis, nous tremper dans cette eau immense. "Je sais encore nager", dit soudain notre père.

 Le clou de la fête. Le concours des grimaces pour lequel nous nous sommes entraînés en nous regardant dans un miroir. 

 Tout à l'heure viendront les épreuves du "baiser à la tuile", du mât de cocagne et du baptème du tropique.

La fête bat son plein. La foule s'est rangée de chaque côté de la route. Les courses vont se succéder, compétitions originales où la fantaisie et l'humour triomphent. On commence par la course en sac. Une dizaine de jeunes garçons se sont fourrés dans des sacs de blé. les deux pieds calés dans les angles...

 Quant à l'école, si, avec les grandes vacances, elle a fermé ses portes, elle les ouvrira de nouveau vers la mi-septembre. La rentrée reviendra parce qu'il en va ainsi à cette époque où école et écoliers représentent un monde qui nous paraît établi pour l'éternité des hommes.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Souvenirs d'école

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin