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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 17:12

Le-Petit-Journal-illustre.jpg"Une soupe aux herbes sauvages.

 

 Lorsque je descends pour faire une promenade, j’en profite pour cueillir les herbes qui me serviront à faire ma soupe aux herbes sauvages. Je n’ai pas besoin d’aller très loin. Je contourne le Vivier et je marche dans les près qui bordent la Clarée. Il suffit de se baisser.

 Ca, c’est du plantain et voilà de l’oseille sauvage, de la drouille, de l’ortie ou barbe à bouc, du pissenlit, de la doucette, un petit chardon des champs, une plante laiteuse, le laichuron, du mille-feuilles, du chalabréi, de la tétragone ou épinard sauvage, de la langue bogne, une feuille de sauge et un brin de ciboulette.

 A cela j’ajoute une pointe d’ail, quelques pommes de terre ou une poignée de riz et j’obtiens une soupe onctueuse et délicieuse.

 Pour la réussir, ce qui m’importe, c’est de respecter les proportions. Il faut très peu d’herbes de chaque sorte afin qu’aucune ne l’emporte sur les autres, sinon, la soupe risque d’être immangeable, ou trop amère, , ou trop acide, ou trop fade.

 Voici donc notre soupe aux herbes sauvages dans son sens propre. Au figuré, j’ai tant de choses variées à raconter, drôles ou dramatiques, truculentes ou sauvages, de tous ces pays de la montagne briançonnaise où je suis née et où j’ai vécu, nous aurons du début à la fin, une soupe aux herbes sauvages.

 

 A six ans la mort n’a pas voulu de moi. C’était en 1906, à l’automne, au moment où les moissons terminées les paysans commencent à battre le blé, l’orge ou l’avoine. A cette époque, je ne quittais jamais mon père. Du soir au matin, je le suivais comme son ombre. Je voulais faire comme lui - prendre les gerbes et les jeter deux étages plus bas et je suis tombée du grenier.

 Ce jour-là mon père s’apprêtait à partir en Maurienne pour y chercher le taureau de commune. Ma chute ne l’émut guère, pour lui c’était un accident de la vie, un accident qui n’empêcherait pas la terre de tourner. Il a seulement dit : "Soignez-là, faites-lui des compresses, moi il faut que je parte."

Rose, ma soeur aînée, ne sachant à quel saint se vouer, avait demander :

"Mais père, si la petite soeur meurt, qu’allons-nous devenir ?"

- Si elle meurt, avait répondu mon père, vous irez chez l’ébéniste et vous commanderez un cercueil, on l’enterrera à mon retour."

 

 Mon père n’était pas un homme sans coeur, au contraire, mais à cette époque la vie que menaient les paysans de nos montagnes était si âpre, si misérable, que la mort ne pouvait guère les émouvoir et puis, le taureau de commune était autrement important que la mort d’un enfant. Toute la vie du village en dépendait.

 Le sort a voulu que je ne meure pas et quand mon père est revenu avec le taureau, j’étais tirée d’affaire. En arrivant, il dit le plus naturellement du monde :

"Et bien, vous voyez, on a eu raison de ne pas déranger le médecin, là voilà remise !"

 Par la suite, j’ai souvent entendu les paysans parler ainsi. Ce n’était pas de l’indifférence, cette dureté de langage n’était qu’une manière de se protéger de la douleur. Il faut dire aussi que la mort frappait souvent.

 Dans toutes les familles, il en mourrait un pour un de vivant, j’en ai vu qui en enterrait deux dans la même semaine et, quand un enfant jeune mourait, on ne s’émouvait guère. L’homme disait à la femme : "Mais pourquoi pleures-tu ? cet enfant ne fait faute à personne, au contraire, voilà une bouche en moins à nourrir. Que diable, ce n’était pas un gagne-pain, cesse donc de pleurer !"

 Je me souviens d’une anecdote, elle avait fait le tour du pays et on en riait, parce que les gendarmes en avaient fait les frais.

Dans leur tournée les deux pandores avaient rencontré un paysan assis sur une borne au bord du chemin. Le bonhomme pleurait tout ce qu’il pouvait, "quoi de plus normal, se dirent les gendarmes, c’est le père Grégoire, il vient de perdre son nouveau né".

"Hé ! lui dirent-ils, père Grégoire, il ne faut pas vous désoler, il vous en reste encore."

 Le père Grégoire s’était redressé, piqué au vif il leur avait répondu :

"Ah vous croyez ça vous ! Je n’ai qu’une vache et elle ne me donne qu’un veau par an. Cette année je n’aurai à vendre puisque son veau vient de mourir." 

 C’était ainsi, la misère tout court l’emportait sur la misère du coeur.

 Ma mère était morte deux ans auparavant, frappée en plein travail par la foudre alors qu’elle ramassait les blés avec mon père.  Elle avait trente-six ans, moi quatre. Les paysans l’avaient redescendue de la montagne sur un brancard... l’image de ma mère allongée sur ce lit de fortune restera à jamais gravée dans ma mémoire, c’est là mon premier souvenir de petite fille.

 Le lendemain je suis allée chercher mon père dans sa chambre, je lui ai pris la main et je lui ai dit : «Papa, viens réveiller maman, il est midi et elle dort encore.» Je n’oublierai jamais son émotion ni la grosse larme qui s’est mise à couler le long de sa joue. Il était désemparé. Il me prit dans ses bras et me dit : "paouro coco, paouro coco" ce qui voulait dire "pauvre chérie". Mon père ne parlait que patois.

 C’était une perte incalculable. Chez nous la mère était pour ainsi dire la clef de voûte qui supporte tout l’édifice. Du jour au lendemain mon père se retrouvait diminué de moitié... il m’en a parlé bien plus tard, il m’a dit son désespoir et son désarroi.

 Pour bien se faire comprendre il se comparait à un arbre auquel on aurait coupé toutes les branches... "J’étais debout, me disait-il, parce que l’arbre reste toujours debout par ses racines, il reste attaché au sol, moi aussi je suis resté debout, car j’avais des enfants à nourrir, mais je ne vivais plus. J’étais un arbre mort qui n’a plus de sève."

 

 J'ai su plus tard qu'à la maison, c'était la guerre entre ma mère et son beau-père à cause de sa générosité. Les gosses venaient et elle leur donnait ce qu'ils voulaient. Forcément, mon grand-père voyait les allées et venues, il rouspétait et il la soupçonnait de brader la maison. C'est ce qui a fait leur bisbille.

 Les filles de mon âge me disaient souvent : "Mon Dieu Emilie, tu as de la chance d'avoir un père comme ça ! Il est gentil, il t'écoute, il te comprend et il te donne ce que tu veux... Nous, on ne peut jamais rien leur dire, à la maison on ne mange que de la tome sèche... Et puis ce n'est pas un ivrogne !"

  C'est vrai, mon père n'allait jamais au café, dans une commune où il y avait sept bistrots, un homme qui ne buvait pas c'était rare. Il n'y avait que ça, le bistrot. C'est tout ce que les paysans avaient comme distraction et ils ne s'en privaient pas. C'était le seul remède contre l'ennui et la fatigue. On y jouait aux cartes, à la Mora et on y buvait. On y buvait même beaucoup. Le pire est que ceux qui buvaient ne s'en rendaient pas compte. Sous prétexte d'être des travailleurs de force, ils se croyaient autorisés à boire du vin en veux-tu, en voilà.

"Un litre le matin, un litre à midi et un autre le soir, se disaient-ils, je ne suis pas un ivrogne pour autant, je peux encore aller boire un verre ou deux au café." Cet alcoolisme ordinaire a pourtant fait bien des ivrognes, et ces ivrognes bien des malheureux. Dans ces cas-là ce sont les femmes et les enfants qui paient les pots cassés. 

 En plus, il y avait ce mépris des buveurs pour les autres... Ces hommes ne pouvaient pas s'empêcher de traiter ceux qui ne buvaient pas de "femmelettes". Il n'y avait pas de terme plus méprisant que ce "femmelette", ça voulait dire incapable, moins que rien et faux-jeton. Tout un programme.

 Du pain et du travail, du travail et du pain, il n'y avait rien de plus important.

 A la fin de l'été, quand les récoltes étaient engrangées, les bêtes rentrées, le bois débité, les paysans cuisaient le pain. Ils le faisaient pour six mois. La coutume voulant que le pain soit cuit collectivement dans un four communal. 

 Le jour de la Toussaint les paysans apportaient leur bois, chaque famille venait avec sa charrette et sa cargaison et ce bois était mis en commun et réparti en tas. Ce pain qui devait durer tout l'hiver, nous le portions au grenier, nous l'étalions sur d'immenses tréteaux suspendus et c'est là que nous allions le chercher au fur et à mesure de nos besoins.

 Evidemment il était aussi dur que du bois, pour le ramollir on en sus pendait à l'avance quelques miches dans la bergerie, juste au dessus des moutons. La chaleur et l'humidité l'attendrissait un peu, mais ce n'était pas du pain frais. Il était rassis. Mais c'était bon... Ce pain avait une odeur extraordinaire et un goût !

 Mes soeurs et moi, nous nous disputions les croutons, nous les sucions avec délice comme si  ça avait été du gâteau. ce pain trempé dans le café était un vrai régal.

 Après le pain, c'était l'hiver et un changement complet dans la vie des paysans. Dans les maisons, les pièces froides étaient abandonnées. On se cantonnait dans les pièces communes, dans la cuisine où il y avait la cheminée et dans l'étable où la chaleur des bêtes entretenait une température supportable.

 On vivait alors avec le jour et on mangeait tôt... Le soir après la soupe, les familles se réunissaient pour la veillée.

 Ces réunions se faisaient par affinités, chacun apportait sa chaise, son ouvrage, sa langue pour parler et ses oreilles pour écouter. Les veillées se tenaient dans l'étable... L'étable, c'était tout un monde. Dans un coin, il y avait les vaches, dans un autre les moutons, plus loin le mulet. Outre l'odeur, la chaleur, on était éclairé par un unique quinquet suspendu au plafond. Il y régnait une atmosphère très particulière, les gens se regroupaient par catégories, les femmes dans un coin, qui n'arrêtaient jamais de faire aller leurs mains, tricotant ou filant la laine, les hommes dans un autre qui fumaient la pipe et écoutaient, et les jeunes entre eux.

 On bavardait, on chantait de vielles chansons que tous reprenaient en coeur et on racontait des histoires. quand on est une petite fille, c'est quelque chose qui marque. J'écoutais émerveillée et terrifiée à la fois, ces récits venus d'un autre temps, du temps où les loups attaquaient les troupeaux  et dévoraient les imprudents.

 Un temps où les loups n'avaient peur de rien...


 

La suite prochainement.

 

Collection "Les souvenirs de ..."

Les souvenirs de Madame Andrée ;  Les souvenirs de Balthazar Balsan ;  Les souvenirs de Danièle Delorme ;  Les souvenirs de Bruno Crémer ;  Les souvenirs de Marcel Jullian ;  Les souvenirs de Niels Arestrup ;  Les souvenirs de Darry Cowl ;  Les souvenirs de Pierre Perret ;  Les souvenirs de Fred Mella ;  Les souvenirs d'une enfance Piémontaise ;  Les souvenirs de Jean-Jacques Debout ;  Les souvenirs d'enfance de Mamie ;  Les souvenirs de Marcel Amont ;  Les souvenirs radiophoniques de Mamie ;  Les tendres années de Marcel Amont ;  Les souvenirs d'Yvette et Victor ;  Les souvenirs de Fanny ;  Les souvenirs d'avant-guerre de Pierre Dac ;  Les souvenirs de Georges Perec ;  Les souvenirs de guerre de Pierre Dac ;  Les souvenirs de Michel Galabru ;  Les souvenirs de Mylène Demongeot ;  Les souvenirs de Thierry Ardisson 

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Published by Régis IGLESIAS - dans Les souvenirs de ...

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin