Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 septembre 2022 6 24 /09 /septembre /2022 12:07
"Le Supplément" du 1er Septembre

"Les années.

  

 Nous n'avons qu'une histoire et elle n'est pas à nous. De cette histoire, toutes les images disparaîtront.

  

 La femme accroupie qu urinait en plein jour derrière un baraquement servant de café, en bordure des ruines, à Yvetot, après la guerre, se reculottait debout, jupe relevée, et s'en retournait au café.

  

 La figure pleine de larmes d'Alida Valli dansant avec Georges Wilson dans le film Une aussi longue absence.

  

 L'homme croisé sur un trottoir de Padoue, l'été 90, avec des mains attachées aux épaules, évoquant aussitôt le souvenir de la thalidomide prescrite aux femmes enceintes contre les nausées trente ans plus tôt et du même coup l'histoire drôle qui se racontait ensuite : une future mère tricote de la layette en avalant régulièrement de la thalidomide, un rang, un cachet.

 Une amie horrifiée lui dit, tu ne sais donc pas que ton bébé risque de naître sans bras, et elle répond, oui je sais bien mais je ne sais pas tricoter les manches.

  

 Claude Piéplu en tête d'un régiment de légionnaires, le drapeau dans une main, de l'autre tirant une chèvre, dans un film des Charlots.

  

 Le visage de Simone Signoret sur l'affiche de Térèse Raquin.

  

 La chaussure tournant sur un socle dans un magasin André rue du Gros-Horloge à Rouen, et autour la même phrase défilant continuellement : "avec Babybotte bébé trotte et pousse bien"

  

 Le type dans une publicité au cinéma, qui cassait allègrement les assiettes salles au lieu de les laver. Une voix off disait sévèrement "ce n'est pas la solution !" et le type regardait avec désespoir les spectateurs, "mais quelle est la solution ?"

  

 La silhouette sémillante de l'acteur Philippe Lemaire, marié à Juliette Gréco.

  

 Dans une publicité à la télé, le père essayant vainement, en douce derrière son journal, de lancer en l'air une Picorette et de la rattraper avec la bouche, comme sa petite fille.

  

 Toutes les images crépusculaires des premières années, avec les flaques lumineuses d'un dimanche d'été, celles des rêves où les parents morts ressuscitent, où l'on marche sur des routes indéfinissables.

  

 Celle de Scarlett O'hara traînant dans l'escalier le soldat yankee qu'elle vient de tuer - courant dans les rues d'Atlanta à la recherche d'un médecin pour Mélanie qui va accoucher.

  

 De Molly Bloom couchée à côté de son mari et se souvenant de la première fois où un garçon l'a embrassée et elle dit oui oui oui.

  

 D'Elisabeth Drummond tuée avec ses parents sur une route à Lurs, en 1952.

  

 Les images réelles ou imaginaires, celles qui suivent jusque dans le sommeil. Les images d'un moment baignées d'une lumière qui n'appartient qu'à elles.

  

 Elles s'évanouiront toutes d'un seul coup comme l'ont fait des millions d'images qui étaient derrière les fronts des grands-parents morts il y a un demi-siècle, des parents morts eux aussi. Des images où l'on figurait une gamine au milieu d'autres êtres déjà disparus avant qu'on soit né, de même que dans notre mémoire sont présents nos enfants petits aux côtés de nos parents et de nos camarades d'école. Et l'on sera un jour dans le souvenir de nos enfants au milieu des petits-enfants et de gens qui ne sont pas encore nés.

  

 Les slogans, les grafitis sur les murs des rues et des vécés, les poèmes et les histoires sales, les titres.

  

 Les phrases des hommes dans le lit la nuit,

Fais de moi ce que tu veux, je suis ton objet

Exister c'est se boire sans soif

Que faisiez-vous le 11 septembre 2001 ?

in illo tempore le dimanche à la messe

  

 Comme le désir sexuel, la mémoire ne s'arrête jamais. Elle apparie les morts aux vivants, les êtres réels aux imaginaires, le rêve à l'histoire.

  

 Les paroles attachées pour toujours à des individus comme une devise - à un endroit précis de la nationale 14, parce qu'un passager les a dites juste quand on y passait en voiture et on ne peut pas y repasser sans que ces mêmes paroles sautent de nouveau à la figure, comme les jets d'eau enterrés du palais d'Eté de pierre le Grand qui jaillissent quand on pose le pied dessus.

  

 Les exemples de grammaire, les citations, les insultes, les chansons, les phrases recopiées sur des carnet à l'adolescence.

  

 Je suis le meilleur, qu'est-ce qui dit que je ne suis pas le meilleur, si tu es gai ris donc, ça se corse, chef-lieu Ajaccio, bref, comme disait, sauvé ! disait Jonas en sortant du ventre de la baleine, c'est assez je cache à l'eau mon dauphin, ces jeux de mots entendus mille fois, ni étonnants ni drôles depuis longtemps, irritants de platitude, qui ne servaient plus qu'à assurer la complicité familiale et qui avaient disparu dans l'éclatement du couple mais revenaient parfois aux lèvres, déplacés, incongrus hors de la tribu ancienne, après des années de séparation c'était au fond tout ce qu'il restait de lui.

  

 L'abbé trublet compilait, compilait, compilait.

  

 Les marques de produits anciens, de durée brève, dont le souvenir ravissait plus que celui d'une amrque connue, les shampoing Dulsol, le chocolat Cardon, le café Nadi, comme un souvenir intime, impossible à partager.

  

 Quand passent les cigognes

 Marianne de ma jeunesse

 Madame Soleil est encore parmi nous

  

 La gloire pour une femme est le deuil éclatant du bonheur.

  

 Est-ce que l'on peut mettre le schmilblick dans le biberon des enfants ?

  

 Pédaler à côté du vélo devenu pédaler dans la choucroute puis dans la semoule puis rien, les expressions datées.

  

 Les mots d'homme qu'on n'aimait pas, jouir, branler. 

  

 Ceux appris durant les études. L'examen passé, ils aprtaient de soi plus vite qu'ils n'y étaient entrés.

  

 Les phrases répétées, énervantes, des grands-parents, des aprents, après leur mort elles étaient plus vivantes que leur visage, t'occupe pas du chapeau de la gamine.

  

 S'annuleront subitement les milliers de mots qui ont servi à nommer les choses, les visages des gens, les actes et les sentiments, ordonné le monde, fait battre le coeur et mouiller le sexe. 

  

 Tout s'effacera en une seconde. le dictionnaire accumulé du berceau au dernier lit s'éliminera. Ce sera le silence et aucun mot pour le dire. De la bouche ouverte il ne sortira rien. Ni je ni moi. Dans les conversations autour d'une table de fête on ne sera qu'un prénom, de plus en plus sans visage, jusqu'à disparaître dans la masse anonyme d'une lointaine génération.

  

 Le petit bal de Bazoches-sur-Hoêne avec les auto tamponneuses.

  

 La chambre d'hôtel rue Beauvoisine, à Rouen, non loin de la librairie Van Moé où Cayatte avait tourné une scène de Mourir d'aimer. 

  

 La tireuse de vin au Carrefour de la rue du Parmelan, Annecy.

  

 Je me suis appuyée à la beauté du monde. Et j'ai tenu l'odeur des saisons dans mes mains

  

 Le manège du parc thermal de Saint-Honoré-les-Bains.

  

 Le film Des gens sans importance

  

 L'affiche à demi déchirée 3615 Ulla au bas de la côte de Fleury-sur-Andelle

  

 Un bar et un juke-box qui jouait Apache, à Telly O Corner, Finchley

  

 Une maison au fond du jardin, 35 avenue Edmond Rostand à Villiers-le-Bel.

  

 Le regard de la chatte noire et blanche au moment de s'endormir sous la piqûre.

  

 La femme de la photo du massacre de Hocine, Algérie, qui ressemblait à une pietà.

  

 L'éblouissant soleil sur les murs de San Michele de puis l'ombre des Fondamenta Nuove.

  

 Sauver quelque chose du temps où l'on ne sera plus jamais.

  

 Mon histoire c'est l'histoire d'un amour.

Partager cet article
Repost0
Published by Régis IGLESIAS - dans L'Almanach

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin